Je ne me suis pas fait poète satirique ;
Mon silence n'est pas, quoiqu'on puisse en douter,
Une prétention de me faire écouter.
Je puis bien, je le crois, sans crainte et sans envie,
Lorsque je vois tomber la muse évanouie
Au milieu du fatras de nos romans mort-nés,
Lui brûler, en passant, ma plume sous le nez ;
Mais censurer les sots, que le ciel m'en préserve !
Quand je m'en sentirais la chaleur et la verve,
Dans ce triste combat dussé-je être vainqueur,
Le dégoût que j'en ai m'en ôterait le cœur.
Novembre 1842.
Alfred de Musset
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