Si Dieu venant vers moi sur l’éclair des tempêtes
M’emportait, palpitant, sur un mont soucieux,
Et donnant à mon œil le regard des prophètes,
Me montrait l’univers que reflètent les cieux ;

Et qu’il me dît : Vois-tu ces splendeurs que j’ai faites
Combleront à ma voix ton cœur ambitieux,
Ton front dominera les plus sublimes têtes,
Sur ta lyre écloront des chants délicieux.

Les hommes enivrés par ta vaste harmonie
Étendront sur ton dos la pourpre du génie,
Et tes jours seront beaux comme mon paradis.

J’aimerais mieux, madame, être dans mon délire
Celui qui fit pleurer les chants de votre lyre,
Et que dans votre cœur vous aimâtes jadis.


Étienne Eggis

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