Nous sommes tous les deux des moitiés d’Ardennais, 
Moi plus foncé que vous, — dirai-je plus sauvage ? 
Procédant des Forêts quand vous de ce Vallage 
Doux et frisque qu’aussi bien que je vous connais. 

Il y a peu de temps qu’encor j’y promenais, 
Vous le savez, mon goût de son clair paysage,
Poussant les choses jusqu’à nous mettre en ménage, 
Mon rêve et moi, là-bas, paysans désormais. 

Faut croire que là-bas j’offensai quelque fée, 
Car m’en voilà parti plus tôt que de saison 
Après avoir vendu mon clos et ma maison. 

Aussi combien en vous j’adore, retrouvée 
Parmi ces gens que nos airs francs font ébahis, 
La bonne humanité de ce brave pays.

Paul Verlaine

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