Voici des cheveux gris et de la barbe grise. 
Tu me les demandas en un jour d’enjouement 
Pour, disais-tu, les encadrer bien gentiment 
Autour de ce portrait ou ma « grâce » agonise. 

Pauvre photo ! Mais j’y pense, il sera de mise,
Quand mes yeux fatigués se seront clos dûment 
Et que la terre bercera son fils dormant,
Il sera de saison alors, chérie — exquise 

Attention ! — de faire avec ces cheveux, teints 
À cette barbe, teinte en boucles blondes, brunes 
Ou telle autre nuance entre tant d’opportunes,

Faire, par un coiffeur de choix, sur des fonds peints 
D’avance, le tombeau, lors pleuré sans astuce 
Du jeune homme qu’il aurait fallu que je fusse.

Paul Verlaine

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