Ô mer, ô mer immense et triste, qui déroules,
Sous les regards mouillés de ces millions d'étoiles,
Les longs gémissements de tes millions de houles,
Lorsque dans ton élan vers le ciel tu t'écroules ;

Ô ciel, ô ciel immense et triste, qui dévoiles,
Sur les gémissements de ces millions de houles,
Les regards pleins de pleurs de tes millions d'étoiles,
Quand l'air ne cache point la mer sous de longs voiles ;

Vous qui, par des millions et des millions d'années,
À travers les éthers toujours remplis d'alarmes.
L'un vers l'autre tendez vos âmes condamnées

À l'éternel amour qu'aucun temps ne consomme,
Il me semble, ce soir, que mon étroit cœur d'homme
Contient tous vos sanglots, contient toutes vos larmes.


Auguste Angellier

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