Passé dans quelque bourg tout paré, tout vermeil,
Quand le ciel et la terre ont un bel air de fête,
Un dimanche éclairé par un joyeux soleil ;
Quand le clocher s'agite et qu'il chante à tue-tête,
Et tient dès le matin le village en éveil,
Quand tous pour entonner l'office qui s'apprête,
S'en vont, jeunes et vieux, en pimpant appareil ;
Lors, s'élevant au fond de votre âme mondaine,
Des tons d'orgue mourant et de cloche lointaine
Vous ont-ils pas tiré malgré vous un soupir ?
Cette dévotion des champs, joyeuse et franche,
Ne vous a-t-elle pas, triste et doux souvenir,
Rappelé qu'autrefois vous aimiez le dimanche ?
Écrit en 1840.
Charles Baudelaire
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