Le poète n’est parbleu pas ce que l’on croit.
Il n’a que quand il veut toutes les ignorances
Sans trop d’âpre verdeur ou de préjugés rances
Et parfois même il sent profond et pense droit.

Son regard va, cruel et précis comme un doigt
Et sa tête, qui sait mûrir les apparences,
Taisant soudain ses bruits de peurs et d’espérances,
Voit terriblement clair à ce qu’autrui lui doit.

Non son cœur, proie intarissable à l’infortune,
Mais sa tête, après tout auguste, et cœtera,
Et dès lors pour beaucoup s’amasse une rancune

Qui saura s’assouvir, advienne que pourra.
Mais, ô fraîcheur ! pour quelques-uns elle recense
Et réserve, à tout prix ! quelle reconnaissance !

Paul Verlaine

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