Je ne suis pas le Christ, ô pâle Madeleine,
Pour que tes longs cheveux caressent mes pieds nus ;
Je marche, ainsi que toi, dans le doute et la peine,
Voyageur égaré par les chemins perdus.

Je ne te dirai pas les paroles divines
Qu’il jetait, comme un baume, à tous les cœurs souffrants,
Quand, suivi de la foule, il montait les collines,
Ou qu’il se promenait près des lacs transparents.

Je n’ai pas, comme lui, cette auréole pure
Qui d’un reflet d’en haut dorait ses blonds cheveux,
Et je ne porte point, pendue à ma ceinture,
La clef de diamant qui peut t’ouvrir les cieux.

Je suis un des derniers au désert de la vie,
Sous ma tente d’un jour s’est assis le malheur ;
Mais je t’ai, comme Christ, pardonné ta folie,
Et demain, si tu veux, je t’ouvrirai mon cœur !


Louis Bouilhet

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