Ange terrible et fier, j’aime ta hauteur sombre !
Tu fus plus grand que Dieu, car tu le combattis ;
Ton pas fit vaciller comme un vaisseau qui sombre
Sur leurs axes nouveaux les cieux dont tu sortis.

Le soleil s’éteignit en passant dans ton ombre,
l’éternité trembla. Les mondes trop petits
Pour tes membres géants, ennemis du pénombre,
Craquèrent sur ton dos lorsque tu les vêtis.

Tu préféras, debout dans ta fierté sublime,
Au servage des deux le sceptre de l’abîme
Où tu moules à tous un funèbre cercueil ;

Agrandissant l’enfer pour y mettre tes haines,
Tu règnes maintenant dans les feux des géhennes,
Plus puissant que la mort et plus grand que l’orgueil.


Étienne Eggis

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