Fous le camp, quitte vite et plutôt que cela
Nos honnêtes Ardennes
Pour ton Auvergne honnête d’où déambula
Ta flemme aux lentes veines.

Paresseux ! quitte ce Parquet pour en cirer
De sorte littérale
D’autres au pied de la lettre au lieu de t'ancrer,
Cariatide sale,

Dans ce prétoire où tu réclames l’innocent
Pour le bagne et la geôle,
Où tu pérores avec ton affreux accent
Pire encore que drôle,

Mauvais robin qui n’as, du moins on me l’a dit,
Pour toi que ta fortune,
Qui sans elle n’eusses, triste gagne-petit,
Gagné la moindre thune,

Tu m’as insulté, toi ! du haut de ton tréteau,
Grossier, trivial, rustre !
Tu m’as insulté, moi ! l’homme épris du seul beau,
Moi, qu’on veut croire illustre.

Tu parles de mes mœurs, espèce de bavard,
D’ailleurs sans éloquence,
Mais l’injure quand d’un tel faquin elle part
S’appelle... conséquence.

La conséquence est que, d’abord tu n’es qu’un sot
Qui pouvait vivre bête,
Sans plus, — tandis que, grâce à ce honteux assaut
Vers un pauvre poète,

Un poète naïf qui n’avait d’autre tort
Que d’être ce poète,
As mérité de lui, paresseux qui t’endors
Poncif, laid, dans ta boëte,

(Comme tu prononces, double et triple auverpin)
Que les siècles à suivre
Compissent, et pis ! ton nom, Grivel (prends un bain)
Grâce à ce petit livre.


Paul Verlaine

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Johann