De postposer ta gloire aux lois de son service,
De n'avoir dans le cœur rien que son nom escrit,
Et pour charmer un mal qui tous les jours s'aigrit,
Luy faire incessamment de mon cœur sacrifice ;

Seigneur, c'est un peché bien digne du supplice
Que jamais ny l'espoir ny le temps n'amoindrit ;
Mais procedant d'un cœur que l'Amour attendrit,
Ma foiblesse en ce crime est ma seule complice.

Tu sçais bien, ô Seigneur, que si je l'eusse peu,
Depuis maintes saisons ce laqs j'eusse rompu,
Tirant ma liberté d'une main si cruelle.

Comme donc en l'aymant et servant malgré moy,
La contrainte amoindrit mon merite envers elle ;
Elle amoindrit aussi mon offense envers toy.


Jean Bertaut

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