Adieu, mes fidèles amours,
Adieu le charme de ma vie !
Notre félicité d’amertume est suivie,
Et nous avons bien cher payé quelques beaux jours !
Mais le remords ne trouble point notre âme,
Et, comme toi, fidèle en mes douleurs,
Contre tous les plaisirs d’une nouvelle flamme
Je n’échangerais pas mes pleurs !

Pendant le jour, écartant ton image,
Mes souvenirs et mes vœux superflus,
Je supporte mon sort ; et, presque avec courage,
Je me dis : Il ne viendra plus !

Le soir, en ma douleur, et plus faible et plus tendre,
Oubliant que pour nous il n’est plus d’avenir,
Je me laisse entraîner au bonheur de t’attendre,
Et je me dis : Il va venir !

Mais quand l’heure a détruit cet espoir plein de charmes,
Je plains, sans l’accuser, un amant si parfait ;
Je regarde le ciel, en essuyant mes larmes,
Et je me dis : Il a bien fait !

Oui, de trop de regrets l’espérance est suivie :
Je renonce au bonheur. J’ai perdu mes beaux jours.
Adieu, le charme de ma vie,
Adieu, mes fidèles amours !


Marceline Desbordes-Valmore

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