En ma jeune saison j’aimai d’amour extrême ;
J’ai reposé ma bouche aux lèvres de Lénor.
Hélas ! j’aurai sans doute offensé ce que j’aime ;
Lénor de ses baisers m’a repris le trésor.

Oui Lénor, j’ai failli, car je fus trop fidèle.
Un nom cher et sacré m’animait aux combats ;
Et je le trace encor quand je m’éloigne d’elle :
Je meurs, et malgré moi je le redis tout bas.

Jeune enfant, mon armure a gardé ton écharpe ;
Quelle autre sur mon casque attacha le cimier ?
Ta main seule et la mienne ont fait pleurer ma harpe ;
Et mon front sur le tien s’est posé le premier.

Je sens depuis long-temps ton âme qui me quitte :
Mon âme à cet exil ne peut plus consentir ;
Du crime de ma mort mon désespoir t’acquitte :
Puisses-tu même, hélas, ne pas t’en repentir !

O ma mère ! pardon si je suis sans courage ;
Pardon, je suis coupable envers tes cheveux blancs :
Te voilà veuve encor ; tu guidas mon jeune âge,
Et moi je me refuse à tes vieux pas tremblans.

En apprêtant ma mort j’ai pleuré sur mes armes :
Si jamais, jeune enfant, tu te souviens de moi,
Sois propice à ma mère et pleure de ses larmes ;
Rends à ses jours l’appui qu’ils ont perdu par toi.

Je ne pourrais mourir si je tardais encore,
Et je ne veux plus vivre. Adieu, tous mes amis !
Lénor, c’est maintenant mon tombeau qui t’implore ;
Donne-lui quelques pleurs, je me le suis promis.


Jules Lefèvre-Deumier

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