La splendeur du soleil violente les yeux.
Les arbres ont une ombre oblique à côté d’eux.
On entend la rumeur sonore et continue
Que font les charriots lourds sur la pierre nue.
La lumière aveuglante emplit le firmament,
Et les persiennes sont closes soigneusement.
Les oiseaux sont perchés dans la fraîcheur des branches
Et regardent passer, lentes, des robes blanches.
Par instants, l’on dirait que tout fond au soleil,
Ou que la rue entière est livrée au sommeil,
Tant la tranquillité s’épand, morne et profonde,
Et semble propager sa torpeur sur le monde.
Mais ce silence est encore de sons formé :
Le calme d’une ville est fait de bruit calmé,
Et même quand la nuit sur elle étend ses voiles,
Il semble qu’un frisson descende des étoiles !
L’après-midi doré s’écoule avec lenteur,
Épuisé d’éblouissement et de chaleur,
Et, petit à petit, agonise et recule
Devant l’avènement rose du crépuscule…


Albert Lozeau

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