Après qu'Amour par trop mortelle atteinte
M'eut fait au cœur une plaie piteuse,
Et qu'il connut que sa flamme amoureuse
Etait en moi bien ardemment empreinte :

Il retira sa flèche en mon sang teinte,
Laissant en moi son humeur venimeuse :
Mais ma maîstresse (hélas) trop rigoureuse,
Il ne toucha seulement que par feinte.

Or pour fuir la rigueur, qui me tue,
J'ai fait dessein d'abandonner ce lieu,
Où vit ma douce, et fâcheuse contraire.

Mais pour empêche, Amour, ce petit Dieu,
Couvrant mes yeux de son obscure nue,
Ne me permet de mon mal me distraire.


Pontus de Tyard

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