Arbres qui lamentez la cruelle infortune
De ce pauvre garçon, qui trop audacieux,
Dans le tour recourbé du grand plancher des cieux
Osa pousser le char du frère de la Lune,

Plus ne pleurez sa mort, plus grande est ma fortune,
Mais sourcez avec moi un fleuve de vos yeux.
J'ai comme lui, chétif, visité les hauts lieux,
Et en bas comme lui je ressens la mort brune.

Les flots du Pô fameux m'ont causé mon destin,
D'une mer de malheurs j'ai été le butin,
Sans pouvoir, ô Thisbée, éviter ta cordelle.

Phaëton, ô dessein, brûla tout se brûlant,
Mais moi, mis dans ton feu par ton œil violent,
Sans avoir offensé tout malheur me bourrelle.


Joachim Bernier de La Brousse

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