Arrête un peu, mon Cœur, où vas-tu si courant ?
- Je vais trouver les yeux qui sain me peuvent rendre.
- Je te prie, attends-moi. - Je ne te puis attendre,
Je suis pressé du feu qui me va dévorant.

- Il faut bien, ô mon cœur ! que tu sois ignorant,
De ne pouvoir encor ta misère comprendre :
Ces yeux d'un seul regard te réduiront en cendre :
Ce sont tes ennemis, t'iront-ils secourant ?

- Envers ses ennemis, si doucement on n'use ;
Ces yeux ne sont point tels. - Ah ! c'est ce qui t'abuse :
Le fin berger surprend l'oiseau par des appâts.

- Tu t'abuses toi-même, ou tu brûles d'envie,
Car l'oiseau malheureux s'envole à son trépas,
Moi, je vole à des yeux qui me donnent la vie.


Philippe Desportes

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