Au goust de l’eau la fievre se rappaise,
Puis s’evertue au cours, qui sembloit lent :
Amour aussi m’est humble, et violent,
Quand le coral de voz levres je baise.

L’eau goute à goute anime la fournaize
D’un feu couvert le plus etincelant :
L’ardent desir, que mon cœur va celant,
Par voz baisers se faict plus chault que braize.

D’un grand traict d’eau, qui freschement distile,
Souvent la fievre est etainte, Madame.
L’onde à grand flot rent la flamme inutile.

Mais, ô baisers, delices de mon ame !
Vous ne pouriez, et fussiez vous cent mile,
Guerir ma fievre, ou eteindre ma flamme.

Joachim Du Bellay

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