Ô vous dont les accents tendres, mélodieux,
Ont charmé mon oreille, en s’élevant aux cieux ;
Vous qui, d’un beau talent doués par la nature,
Décorez aujourd’hui notre littérature,
Et dont le nom, déjà par l’estime abrité,
Dirige son essor vers la célébrité,
De ce faible Recueil, que vous lirez peut-être,
Épargnez les défauts : le malheur le fit naître.

Oui, je viens, confiant en vos talents divers,
Et plein d’un doux espoir, vous soumettre mes vers.
Dans cette âpre carrière où le talent chancelle,
Ah ! soutenez mes pas, vous que la gloire appelle ;
Par vos sages conseils éclairez le sentier
Que vous avez déjà parcouru tout entier.
Je fléchis ; trop souvent, dans cette route ardue,
Ma marche est entravée et reste suspendue.

Vous avez aplani la rude aspérité
Du chemin qui conduit à la postérité,
Mais je ne prétends pas, plein d’une folle audace,
Arriver avec vous au sommet du Parnasse.

Bien souvent, attentif, écoutant vos chansons,
De vos concerts brillants j’ai suivi les leçons ;
J’ai soupiré tout bas comme l’oiseau timide
Qui s’essaie en son nid, et faible, l’œil humide,
Voit s’envoler au loin, dans un rapide essor,
Ses heureux compagnons qu’il ne peut suivre encor.

Cependant, plus hardi, je déployai mes ailes,
Et voulus comme vous, aux voûtes éternelles,
Atteindre du talent le zénith glorieux.
Égaré dans ma course, errant sous d’autres cieux,
Épuisé de fatigue en ma pénible absence,
J’ai reconnu bientôt ma funeste imprudence ;
Excusez mon erreur, excusez mon orgueil.

Oui, faites à mes vers un favorable accueil ;
Ces fleurs, ces frêles fleurs, au matin de mon âge,
Sont le produit d’un arbre abattu par l’orage,
Je vous les offre, amis, d’une timide main ;
Leur existence est courte, elles mourront demain !


Alexandre Latil

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