Le droit jour d’une Pentecôte,
En ce gracieux mois de Mai,
Celle où j’ai m’espérance toute
En un joli verger trouvai
Cueillant roses, puis lui priai :
Baisez-moi. Si dit : Volontiers.
Aise fus ; adonc la baisai
Par amours, entre les rosiers.

Adonc n’eut ni paour ni doute,
Mais de s’amour me confortai ;
Espoir fut dès lors de ma route,
Ains meilleur jardin ne trouvai.
De là me vient le bien que j’ai,
L’octroi et le doux désirier
Que j’ois, comme je l’accolai,
Par amours, entre les rosiers.

Ce doux baiser ôte et rebute
Plus de griefs que dire ne sais
De moi ; adoucie est très toute
Ma douleur ; en joie vivrais.
Le jour et l’heure bénirais
Dont me vint le très-doux baiser,
Quand ma dame lors encontrais
Par amours, entre les rosiers.

Prince, ma dame à point trouvai
Ce jour, et bien m’étais métier :
De bonne heure la saluai,
Par amours, entre les rosiers.

Eustache Deschamps

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