Assez qu’on — sinon plus qu’assez —
Déplore avec désinvolture, 
Les uns mes « désordres » passés, 
Les autres ma Noce ! future ; 
Mais tous joignent cette torture 
À leurs racontars déplaisants 
De me vieillir plus que nature : 
Je n’ai que quarante-trois ans.

J’ai mille vices, je le sais, 
Et connais leur nomenclature, 
Mais pas tous ceux qu’on a tracés. 
La pénible mésaventure !»
Va-t-il falloir que je l’endure ?
Oui, non sans maints ennuis cuisants. 
Or voici le cas de rupture : 
Je n’ai que quarante-trois ans.

J’aurai quelque jour un accès 
Contre cette littérature. 
Je jure alors, foi de Français ! 
De courre et nâvrer l’imposture, 
Fût-ce au fond de l’Estramadure 
Ou vers le pôle aux froids jusants. 
Dilemme : « Surcharge ou râture ! » 
Je n’ai que quarante-trois ans.

ENVOI

Princes du pouf et de l’ordure, 
Sachez-l’, échotiers maldisants 
Que tente une poigne encor dure, 
Je n'ai que quarante-trois ans.

Paul Verlaine

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