Brise marine (1865) est un des plus beaux poèmes de Stéphane Mallarmé. Ce poème est composé d'un dizain et un sizain en alexandrins avec des rimes plates. Le poète y exprime son désir de s'évader et de voyager (métaphore de l'inspiration) ainsi que la peur du naufrage qui le retient (échec).

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé

Ce poème fait partie de notre sélection des plus beaux poèmes du 19e siècle et de celle des 100 plus beaux poèmes de l’histoire.

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