Délire - Évariste de Parny

Il est passé ce moment des plaisirs Dont la vitesse a trompé mes désirs ; Il est passé ; ma jeune et tendre amie, Ta jouissance a doublé mon bonheur. Ouvre tes yeux noyés dans la langueur, Et qu'un baiser te rappelle à la vie. Celui-là seul connoît la volupté,...

La Frayeur - Évariste de Parny

Te souvient-il, ma charmante maîtresse, De cette nuit où mon heureuse adresse Trompa l'Argus qui garde tes appas ? Furtivement j'arrivai dans tes bras. Tu résistait ; mais ta bouche vermeille A mes baisers se dérobait en vain ; Chaque refus amenait un larcin. Un bruit...

Par cet air - Évariste de Parny

Par cet air de sérénité, Par cet enjouement affecté D'autres seront trompés peut-être, Mais mon cœur vous devine mieux ; Et vous n'abusez point des yeux Accoutumés à vous connaître. L'esprit vole à votre secours, Et malgré vos soins, son adresse Ne peut égayer vos...

Livre I - Jacques Delille

Je chante les moissons : je dirai sous quel signe Il faut ouvrir la terre et marier la vigne ; Les soins industrieux que l'on doit aux troupeaux ; Et l'abeille économe, et ses sages travaux. Astres qui, poursuivant votre course ordonnée, Conduisez dans les cieux la...

Livre II - Jacques Delille

J'ai chanté les guérets et le cours des saisons  ; Soyez à votre tour l'objet de mes leçons, Beaux vergers, sombres bois, et vous, riches vendanges. Viens  ! Tout répète ici ton nom et tes louanges  ; Viens, Bacchus  ! De tes dons ces coteaux sont couverts  ;...

Livre III - Jacques Delille

Jeune Palès, et toi, divin berger d'Admète, Qui sur les bords d'Amphryse as porté la houlette ; Déesses des forêts, divinités des eaux, Ma muse va pour vous reprendre ses pinceaux. Assez et trop longtemps de vulgaires merveilles Ont des peuples oisifs fatigué les...

Livre IV - Jacques Delille

Enfin je vais chanter le peuple industrieux Qui recueille le miel, ce doux présent des cieux. Mécène, daigne encor sourire à mes abeilles. Dans ces petits objets que de grandes merveilles ! Viens ; je vais célébrer leur police, leurs lois, Et les travaux du peuple, et...

Le bourbier - Voltaire

Pour tous rimeurs, habitants du Parnasse, De par Phébus il est plus d’une place : Les rangs n’y sont confondus comme ici, Et c’est raison. Ferait beau voir aussi Le fade auteur d’un roman ridicule Sur même lit couché près de Catulle ; Ou bien Lamotte ayant l’honneur...

Le répit - Adélaïde Dufrénoy

C’est trop en des vœux superflus Perdre les jours de mon bel âge ; C’est trop par des soins assidus D’un ingrat mendier l’hommage : Dès ce moment ne l’aimons plus ; C’est le seul parti qui soit sage. Mais ce soir en secret il demande à me voir… Son cœur peut-être a su...

Le Mendiant - André Chénier

C’était quand le printemps a reverdi les prés. La fille de Lycus, vierge aux cheveux dorés, Sous les monts Achéens, non loin de Crénée, Errait à l’ombre, aux bords du faible et pur Crathis ; Car les eaux du Crathis, sous des berceaux de frêne, Entouraient de Lycus le...

Le Poète - André Chénier

… Pour lui L’ombre du cabinet en délices abonde. S’il fuit les graves riens, noble ennui du beau monde, Ou si, chez la beauté qui l’admit en secret, Las de parler, enfin il demeure muet, Il regagne à grands pas son asile et l’étude : Il y trouve la paix, la douce...

Les colombes - André Chénier

Deux belles s’étaient baisées… Le poète-berger, témoin jaloux de leurs caresses, chante ainsi : " Que les deux beaux oiseaux, les colombes fidèles, Se baisent. Pour s’aimer les dieux les firent belles. Sous leur tête mobile, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la...

L’Aveugle - André Chénier

" Dieu, dont l’arc est d’argent, dieu de Claros, écoute, Ô Sminthée-Apollon, je périrai sans doute, Si tu ne sers de guide à cet aveugle errant. " C’est ainsi qu’achevait l’aveugle en soupirant, Et près des bois marchait, faible, et sur une pierre S’asseyait. Trois...

L’Oaristys - André Chénier

Imitée de la XXVIIe idylle de Théocrite DAPHNIS. Hélène daigna suivre un berger ravisseur Berger comme Pâris, j’embrasse mon Hélène. NAÏS. C’est trop t’énorgueillir d’une faveur si vaine. DAPHNIS. Ah ! ces baisers si vains ne sont pas sans douceur. NAÏS. Tiens ; ma...

Marseille - André Chénier

Ô beautés de Marseille… vous avez une tournure vive et attrayante… vos cheveux… vos yeux noirs et… ont des regards bien doux. Heureux qui peut vivre près de vous… Marseille est une ville… dans son port tout hérissé d’une forêt de mâts, on trouve le Musulman, l’Indien,...