Les Plus Beaux Poèmes d'Amour d'Alfred de Vigny

Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour d'Alfred de Vigny. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies...

Héléna – Chant I – L'Autel - Alfred de Vigny

Ils ont, Seigneur, affligé votre peuple, ils ont opprimé votre héritage. Ils ont mis à mort la veuve et l'étranger, ils ont tué les orphelins. (Psaumes.) Le téorbe et le luth, fils de l'antique lyre, Ne font plus palpiter l'Archipel en délire ; Son flot, triste et...

Héléna – Chant II – Le Navire - Alfred de Vigny

O terre de Cécrops ! terre où règnent un souffle divin et des génies amis des hommes ! (Les Martyrs, Chateaubriand.) Au cœur privé d'amour, c'est bien peu que la gloire. Si de quelque bonheur rayonne la victoire, Soit pour les grands guerriers, soit à ceux dont la...

Héléna – Chant III – L'Urne - Alfred de Vigny

Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre ? O vous ! à ma douleur, objet terrible et tendre, Éternel entretien de haine et de pitié ! (Corneille.) « Aux armes, fils d'Ottman, car de sa voix roulante Le tambour vous rappelle à la tâche sanglante. Le canon gronde...

Lord Littleton - Alfred de Vigny

Poème inachevé – 1847 Si vous me demandiez ce qu'il fut, je dirais Qu'il était pâle et grand, triste et blond, que ses traits N'étaient pas de ceux-là qui font que l'on s'écrie : Je ne croirai jamais qu'il danse ni qu'il rie. Au contraire, il avait un front calme et...

Éloa, ou la sœur des Anges – Chant III – Chute - Alfred de Vigny

D'où venez-vous, Pudeur, noble crainte, ô Mystère, Qu'au temps de son enfance a vu naître la terre, Fleurs de ses premiers jours qui germez parmi nous, Rose du Paradis ! Pudeur, d'où venez-vous ? Vous pouvez seule encor remplacer l'innocence, Mais l'arbre défendu vous...

La Dryade - Alfred de Vigny

Idylle dans le goût de Théocrite Honorons d'abord la Terre, qui, la première entre les dieux, rendit ici les oracles… J'adore aussi les nymphes. Eschyle. Vois-tu ce vieux tronc d'arbre aux immenses racines ? Jadis il s'anima de paroles divines ; Mais par les noirs...

Madame de Soubise - Alfred de Vigny

À M. Antony Deschamps. « Le 24 du mesme mois s'exploita l'execution tant souhaitée, qui deliura la chrestienté d'un nombre de pestes, au moyen desquelles le diable se faisoit fort de la destruire, attendu que deux ou trois qui en reschappe- rent font encore autant de...

La Bouteille à la mer - Alfred de Vigny

Conseil à un jeune homme inconnu I Courage, ô faible enfant, de qui ma solitude Reçoit ces chants plaintifs, sans nom, que vous jetez Sous mes yeux ombragés du camail de l'étude. Oubliez les enfants par la mort arrêtés ; Oubliez Chatterton, Gilbert et Malfilâtre ; De...

La Maison du berger - Alfred de Vigny

À Éva I Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie, Se traîne et se débat comme un aigle blessé, Portant comme le mien, sur son aile asservie, Tout un monde fatal, écrasant et glacé ; S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle, S'il ne voit plus l'amour, son...

La Sauvage - Alfred de Vigny

I Solitudes que Dieu fit pour le Nouveau Monde, Forêts, vierges encor, dont la voûte profonde A d'éternelles nuits que les brûlants soleils N'éclairent qu'en tremblant par deux rayons vermeils (Car le couchant peut seul et seule peut l'aurore Glisser obliquement aux...

Les Oracles - Alfred de Vigny

DESTINÉE D'UN ROI I Ainsi je t'appelais au port et sur la terre, Fille de l'Océan, je te montrais mes bois. J'y roulais la maison errante et solitaire. — Des dogues révoltés j'entendais les abois. — Je voyais, au sommet des longues galeries — L'anonyme drapeau des...

La Frégate La Sérieuse ou La Plainte du capitaine - Alfred de Vigny

I Qu’elle était belle, ma Frégate, Lorsqu’elle voguait dans le vent ! Elle avait, au soleil levant, Toutes les couleurs de l’agate ; Ses voiles luisaient le matin Comme des ballons de satin ; Sa quille mince, longue et plate, Portait deux bandes d’écarlate Sur...

La Prison - Alfred de Vigny

" Oh ! ne vous jouez plus d’un vieillard et d’un prêtre ! Étranger dans ces lieux, comment les reconnaître ? Depuis une heure au moins, cet importun bandeau Presse mes yeux souffrants de son épais fardeau. Soin stérile et cruel ! car de ces édifices Ils n’ont jamais...

Wanda - Alfred de Vigny

I UN FRANÇAIS. Qui donc vous a donné ces bagues enchantées Que vous ne touchez pas sans un air de douleur ? Vos mains, par ces rubis, semblent ensanglantées. Ces cachets grecs, ces croix, souvenirs d’un malheur, Sont-ils chers et cruels ? sont-ils expiatoires ? Le...

Les destinées - Alfred de Vigny

Depuis le premier jour de la création, Les pieds lourds et puissants de chaque Destinée Pesaient sur chaque tête et sur toute action. Chaque front se courbait et traçait sa journée, Comme le front d'un bœuf creuse un sillon profond Sans dépasser la pierre où sa ligne...

La colère de Samson - Alfred de Vigny

Le désert est muet, la tente est solitaire. Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre Du sable et des lions ? - La nuit n'a pas calmé La fournaise du jour dont l'air est enflammé. Un vent léger s'élève à l'horizon et ride Les flots de la poussière ainsi qu'un lac...

La fille de Jephté - Alfred de Vigny

Voilà ce qu'ont chanté les filles d'Israël, Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel : - Jephté de Galaad a ravagé trois villes ; Abel ! la flamme a lui sur tes vignes fertiles ! Aroër sous la cendre éteignit ses chansons, Et Mennith s'est assise en pleurant...

La femme adultère - Alfred de Vigny

" Mon lit est parfumé d'aloès et de myrrhe ; L'odorant cinnamome et le nard de Palmyre Ont chez moi de l'Égypte embaumé les tapis. J'ai placé sur mon front et l'or et le lapis ; Venez, mon bien-aimé, m'enivrer de délices Jusqu'à l'heure où le jour appelle aux...

Dolorida - Alfred de Vigny

Est-ce la Volupté qui, pour ses doux mystères, Furtive, a rallumé ces lampes solitaires ? La gaze et le cristal sont leur pâle prison. Aux souffles purs d'un soir de l'ardente saison S'ouvre sur le balcon la moresque fenêtre ; Une aurore imprévue à minuit semble...

Le Déluge - Alfred de Vigny

(extrait) La Terre était riante et dans sa fleur première ; Le jour avait encor cette même lumière Qui du Ciel embelli couronna les hauteurs Quand Dieu la fit tomber de ses doigts créateurs. Rien n'avait dans sa forme altéré la nature, Et des monts réguliers l'immense...

La flûte - Alfred de Vigny

I Un jour je vis s'asseoir au pied de ce grand arbre Un Pauvre qui posa sur ce vieux banc de marbre Son sac et son chapeau, s'empressa d'achever Un morceau de pain noir, puis se mit à rêver. Il paraissait chercher dans les longues allées Quelqu'un pour écouter ses...

L'esprit pur - Alfred de Vigny

A Éva I Si l'Orgueil prend ton cœur quand le Peuple me nomme, Que de mes livres seuls te vienne ta fierté. J'ai mis sur le cimier doré du Gentilhomme Une plume de fer qui n'est pas sans beauté. J'ai fait illustre un nom qu'on m'a transmis sans gloire. Qu'il soit...

La maison du berger (II) - Alfred de Vigny

Poésie ! ô trésor ! perle de la pensée ! Les tumultes du cœur, comme ceux de la mer, Ne sauraient empêcher ta robe nuancée D'amasser les couleurs qui doivent te former. Mais sitôt qu'il te voit briller sur un front mâle, Troublé de ta lueur mystérieuse et pâle, Le...

La maison du berger (III) - Alfred de Vigny

Eva, qui donc es-tu ? Sais-tu bien ta nature ? Sais-tu quel est ici ton but et ton devoir ? Sais-tu que, pour punit l'homme, sa créature, D'avoir porté la main sur l'arbre du savoir, Dieu permit qu'avant tout, de l'amour de soi-même En tout temps, à tout âge, il fît...

La neige - Alfred de Vigny

I Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires, Des histoires du temps passé, Quand les branches d'arbres sont noires, Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé ! Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance, Quand sous le manteau blanc qui...

Le bal - Alfred de Vigny

La harpe tremble encore et la flûte soupire, Car la Walse bondit dans son sphérique empire ; Des couples passagers éblouissent les yeux, Volent entrelacés en cercle gracieux, Suspendent des repos balancés en mesure, Aux reflets d'une glace admirent leur parure,...

Le Mont des Oliviers - Alfred de Vigny

I Alors il était nuit et Jésus marchait seul, Vêtu de blanc ainsi qu'un mort de son linceul ; Les disciples dormaient au pied de la colline. Parmi les oliviers qu'un vent sinistre incline Jésus marche à grands pas en frissonnant comme eux ; Triste jusqu'à la mort ;...

La maison du berger (I) - Alfred de Vigny

A Eva Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie, Se traîne et se débat comme un aigle blessé, Portant comme le mien, sur son aile asservie, Tout un monde fatal, écrasant et glacé ; S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle, S'il ne voit plus l'amour, son...

Le trappiste - Alfred de Vigny

C'était une des nuits qui des feux de l'Espagne Par des froids bienfaisants consolent la campagne : L'ombre était transparente, et le lac argenté Brillait à l'horizon sous un voile enchanté ; Une lune immobile éclairait les vallées, Où des citronniers verte serpentent...

Les amants de Montmorency - Alfred de Vigny

Étaient-ils malheureux, Esprits qui le savez ! Dans les trois derniers jours qu'ils s'étaient réservés ? Vous les vîtes partir tous deux, l'un jeune et grave, L'autre joyeuse et jeune. Insouciante esclave, Suspendue au bras droit de son rêveur amant, Comme à l'autel...

Les Plus Beaux Poèmes d'Alfred de Vigny

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux d'Alfred de Vigny, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences personnelles...

La mort du loup - Alfred de Vigny

La Mort du loup est un poème d'Alfred de Vigny, paru dans Les Destinées (1838). Cet apologue en trois parties est écrit en alexandrins aux rimes suivies. Le poète partage sa conception de la vie et de l'acceptation de notre sort, à travers le combat et la mort d'un...

Le cor - Alfred de Vigny

Le Cor, publié dans le recueil Poèmes antiques et modernes (1826), est l'un des poèmes les plus beaux et célèbres d'Alfred de Vigny. Cette ballade en alexandrins divisée en quatre sections est inspirée de la Chronique des prouesses et faits d'armes de Charlemagne et...

Le somnambule - Alfred de Vigny

"Déjà, mon jeune époux ? Quoi ! l'aube paraît-elle ? Non ; la lumière, au fond de l'albâtre, étincelle Blanche et pure, et suspend son jour mystérieux ; La nuit règne profonde et noire dans les cieux, Vois, la clepsydre encor n'a pas versé trois heures : Dors près de...

Moïse - Alfred de Vigny

... Et, debout devant Dieu, Moïse ayant pris place, Dans le nuage obscur lui parlait face à face. Il disait au Seigneur : " Ne finirai-je pas ? Où voulez-vous encor que je porte mes pas ? Je vivrai donc toujours puissant et solitaire ? Laissez-moi m'endormir du...

Paris - Alfred de Vigny

(Extrait) - Prends ma main, Voyageur, et montons sur la Tour. - Regarde tout en bas, et regarde à l'entour. Regarde jusqu'au bout de l'horizon, regarde Du nord au sud. Partout où ton œil se hasarde, Qu'il s'attache avec feu, comme l'œil du serpent Qui pompe du regard...

Symétha - Alfred de Vigny

"Navire aux larges flancs de guirlandes ornés, Aux Dieux d'ivoire, aux mâts de roses couronnés ! Oh ! qu'Eole, du moins, soit facile à tes voiles ! Montrez vos feux amis, fraternelles étoiles ! Jusqu'au port de Lesbos guidez le nautonier, Et de mes vœux pour elle...

Une Âme devant Dieu - Alfred de Vigny

Dis-moi la main qui t’enlève, Ô mon âme, et dans un rêve Te montre la vérité ! D’où vient qu’un songe m’emporte Jusques au seuil de la porte Qu’entr’ouvre l’Éternité C’est ici que l’homme arrive ; Oui, je reconnais la rive Jusqu’où le rocher dérive Roulé dans le flot...

Chant de Suzanne au bain - Alfred de Vigny

De l'époux bien-aimé n'entends-je pas la voix ? Oui, pareil au chevreuil, le voici, je le vois. Il reparaît joyeux sur le haut des montagnes, Bondit sur la colline et passe les campagnes. O fortifiez-moi ! mêlez des fruits aux fleurs ! Car je languis d'amour et j'ai...

L'âge d'or de l'avenir - Alfred de Vigny

Le rideau s'est levé devant mes yeux débiles, La lumière s'est faite et j'ai vu ses splendeurs ; J'ai compris nos destins par ces ombres mobiles Qui se peignaient en noir sur de vives couleurs. Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures, Ces ombres, du passé les...

L'esprit parisien - Alfred de Vigny

Esprit parisien ! démon du Bas-Empire ! Vieux sophiste épuisé qui bois, toutes les nuits, Comme un vin dont l'ivresse engourdit tes ennuis, Les gloires du matin, la meilleure et la pire ; Froid niveleur, moulant, aussitôt qu'il expire, Le plâtre d'un grand homme ou...

Le Bain - Alfred de Vigny

C'était près d'une source à l'onde pure et sombre, Le large sycomore y répandait son ombre. Là, Suzanne, cachée aux cieux déjà brûlants, Suspend sa rêverie et ses pas indolents, Sur une jeune enfant que son amour protège S'appuie, et sa voix douce appelle le cortège...

Le bain d'une dame romaine - Alfred de Vigny

Une Esclave d'Egypte, au teint luisant et noir, Lui présente, à genoux, l'acier pur du miroir ; Pour nouer ses cheveux, une Vierge de Grèce Dans le compas d'Isis unit leur double tresse ; Sa tunique est livrée aux Femmes de Milet, Et ses pieds sont lavés dans un vase...

Le malheur - Alfred de Vigny

Suivi du Suicide impie, A travers les pâles cités, Le Malheur rôde, il nous épie, Prés de nos seuils épouvantés. Alors il demande sa proie ; La jeunesse, au sein de la joie, L'entend, soupire et se flétrit ; Comme au temps où la feuille tombe, Le vieillard descend...