Les Plus Beaux Poèmes d'Amour d'Alphonse de Lamartine

Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour d'Alphonse de Lamartine. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs...

Adieux à la poésie - Alphonse de Lamartine

Il est une heure de silence Où la solitude est sans voix, Où tout dort, même l’espérance ; Où nul zéphyr ne se balance Sous l’ombre immobile des bois. Il est un âge où de la lyre L’âme aussi semble s’endormir, Où du poétique délire Le souffle harmonieux expire Dans le...

Cantique sur un rayon de soleil - Alphonse de Lamartine

Je suis seul dans la prairie Assis au bord du ruisseau ; Déjà la feuille flétrie, Qu’un flot paresseux charrie, Jaunit l’écume de l’eau. La respiration douce Des bois au milieu du jour Donne une lente secousse A la vague, au brin de mousse, Au feuillage d’alentour....

La Cloche du village - Alphonse de Lamartine

Oh ! quand cette humble cloche à la lente volée Épand comme un soupir sa voix sur la vallée, Voix qu’arrête si près le bois ou le ravin ; Quand la main d’un enfant qui balance cette urne En verse à sons pieux dans la brise nocturne Ce que la terre a de divin ; Quand...

Le Maître que j’adore - Alphonse de Lamartine

Et j’ai dit mon cœur : que faire de la vie ? Irais-je encore, suivant ceux qui m’ont devancé Comme l’agneau qui passe où sa mère a passé Imiter des mortels : l’immortelle folie ? Le paresseux s’endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue...

À une jeune fille poète - Alphonse de Lamartine

Quand, assise le soir au bord de ta fenêtre, Devant un coin du ciel qui brille entre les toits, L’aiguille matinale a fatigué tes doigts, Et que ton front comprime une âme qui veut naître. Ta main laisse échapper le lin brodé de fleurs Qui doit parer le front...

La liberté, ou une nuit à Rome - Alphonse de Lamartine

Comme l'astre adouci de l'antique Élysée, Sur les murs dentelés du sacré Colysée, L'astre des nuits, perçant des nuages épars, Laisse dormir en paix ses longs et doux regards, Le rayon qui blanchit ses vastes flancs de pierre, En glissant à travers les pans flottants...

Aux chrétiens dans les temps d'épreuves - Alphonse de Lamartine

Pourquoi vous troublez-vous, enfants de l'Évangile ? À quoi sert dans les cieux ton tonnerre inutile, Disent-ils au Seigneur, quand ton Christ insulté, Comme au jour où sa mort fit trembler les collines, Un roseau dans les mains et le front ceint d'épines, Au siècle...

Éternité de la nature, brièveté de l'homme - Alphonse de Lamartine

Roulez dans vos sentiers de flamme, Astres, rois de l'1immensité ! Insultez, écrasez mon âme Par votre presque éternité ! Et vous, comètes vagabondes, Du divin océan des mondes Débordement prodigieux, Sortez des limites tracées, Et révélez d'autres pensées De celui...

Pensée des morts - Alphonse de Lamartine

Voilà les feuilles sans sève Qui tombent sur le gazon, Voilà le vent qui s'élève Et gémit dans le vallon, Voilà l'errante hirondelle. Qui rase du bout de l'aile : L'eau dormante des marais, Voilà l'enfant des chaumières Qui glane sur les bruyères Le bois tombé des...

L'infini dans les cieux - Alphonse de Lamartine

C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes Font jaillir dans l'azur des milliers d'étincelles ; Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni, Permet à l'œil charmé d'en sonder l'infini ; Nuit où le firmament, dépouillé de nuages, De ce livre de feu rouvre toutes...

Le chêne - suite de Jehova - Alphonse de Lamartine

Voilà ce chêne solitaire Dont le rocher s'est couronné, Parlez à ce tronc séculaire, Demandez comment il est né. Un gland tombe de l'arbre et roule sur la terre, L'aigle à la serre vide, en quittant les vallons, S'en saisit en jouant et l'emporte à son aire Pour...

L'idée de Dieu - suite de Jehova - Alphonse de Lamartine

Heureux l'œil éclairé de ce jour sans nuage Qui partout ici-bas le contemple et le lit ! Heureux le cœur épris de cette grande image, Toujours vide et trompé si Dieu ne le remplit ! Ah ! pour celui-là seul la nature est son ombre ! En vain le temps se voile et...

L'humanité - suite de Jehova - Alphonse de Lamartine

A de plus hauts degrés de l'échelle de l'être En traits plus éclatants Jehova va paraître, La nuit qui le voilait ici s'évanouit ! Voyez aux purs rayons de l'amour qui va naître La vierge qui s'épanouit ! Elle n'éblouit pas encore L'œil fasciné qu'elle suspend, On...

Pourquoi mon âme est-elle triste ? - Alphonse de Lamartine

Pourquoi gémis-tu sans cesse, O mon âme ? réponds-moi ! D'où vient ce poids de tristesse Qui pèse aujourd'hui sur toi ? Au tombeau qui nous dévore, Pleurant, tu n'as pas encore Conduit tes derniers amis ! L'astre serein de ta vie S'élève encore ; et l'envie Cherche...

Le premier regret - Alphonse de Lamartine

Sur la plage sonore où la mer de Sorrente Déroule ses flots bleus aux pieds de l'oranger Il est, près du sentier, sous la haie odorante, Une pierre petite, étroite, indifférente Aux pas distraits de l'étranger ! La giroflée y cache un seul nom sous ses gerbes. Un nom...

La providence à l'homme - Alphonse de Lamartine

Quoi ! le fils du néant a maudit l'existence ! Quoi ! tu peux m'accuser de mes propres bienfaits ! Tu peux fermer tes yeux à la magnificence Des dons que je t'ai faits ! Tu n'étais pas encor, créature insensée, Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein ; Déjà, comme...

Contre la peine de mort - Alphonse de Lamartine

(Au peuple du 19 octobre 1830) Vains efforts ! périlleuse audace ! Me disent des amis au geste menaçant, Le lion même fait-il grâce Quand sa langue a léché du sang ? Taisez-vous ! ou chantez comme rugit la foule ? Attendez pour passer que le torrent s'écoule De sang...

Souvenir - Alphonse de Lamartine

En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi...

Le Crucifix - Alphonse de Lamartine

Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante Avec son dernier souffle et son dernier adieu, Symbole deux fois saint, don d'une main mourante, Image de mon Dieu ! Que de pleurs ont coulé sur tes pieds, que j'adore, Depuis l'heure sacrée où, du sein d'un martyr, Dans...

Ode - Alphonse de Lamartine

Peuple ! des crimes de tes pères Le Ciel punissant tes enfants, De châtiments héréditaires Accablera leurs descendants ! Jusqu'à ce qu'une main propice Relève l'auguste édifice Par qui la terre touche aux cieux, Et que le zèle et la prière Dissipent l'indigne...

Les laboureurs - Alphonse de Lamartine

(extraits, 9ème époque) ... Déjà, tout près de moi, j'entendais par moments Monter des pas, des voix et des mugissements : C'était le paysan de la haute chaumine Qui venait labourer son morceau de colline, Avec son soc plaintif traîné par ses bœufs blancs, Et son...

Ode sur la naissance du Duc de Bordeaux - Alphonse de Lamartine

Versez du sang ! frappez encore ! Plus vous retranchez ses rameaux, Plus le tronc sacré voit éclore Ses rejetons toujours nouveaux ! Est-ce un dieu qui trompe le crime ? Toujours d'une auguste victime Le sang est fertile en vengeur ! Toujours échappé d'Athalie Quelque...

Mon âme est triste jusqu'à la mort ! - Alphonse de Lamartine

... J'ai vécu ; c'est-à-dire à moi-même inconnu Ma mère en gémissant m'a jeté faible et nu ; J'ai compté dans le ciel le coucher et l'aurore D'un astre qui descend pour remonter encore, Et dont l'homme, qui s'use à les compter en vain, Attend, toujours trompé,...

La Foi - Alphonse de Lamartine

O néant ! ô seul Dieu que je puisse comprendre ! Silencieux abîme où je vais redescendre, Pourquoi laissas-tu l'homme échapper de ta main ? De quel sommeil profond je dormais dans ton sein ! Dans l'éternel oubli j'y dormirais encore ; Mes yeux n'auraient pas vu ce...

La vigne et la maison (II) - Alphonse de Lamartine

Pourtant le soir qui tombe a des langueurs sereines Que la fin donne à tout, aux bonheurs comme aux peines ; Le linceul même est tiède au cœur enseveli : On a vidé ses yeux de ses dernières larmes, L'âme à son désespoir trouve de tristes charmes, Et des bonheurs...

Jehova ou l'idée de dieu - Alphonse de Lamartine

Sinaï ! Sinaï ! quelle nuit sur ta cime ! Quels éclairs, sur tes flancs, éblouissent les yeux ! Les noires vapeurs de l'abîme Roulent en plis sanglants leurs vagues dans tes cieux ! La nue enflammée Où ton front se perd Vomit la fumée Comme un chaume verd ; Le ciel...

Les Plus Beaux Poèmes d'Alphonse de Lamartine 

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux d'Alphonse de Lamartine, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences...

Salut à l'île d'Ischia - Alphonse de Lamartine

Il est doux d'aspirer, en abordant la grève, Le parfum que la brise apporte à l'étranger, Et de sentir les fleurs que son haleine enlève Pleuvoir sur votre front du haut de l'oranger. Il est doux de poser sur le sable immobile Un pied lourd, et lassé du mouvement des...

Sapho - Alphonse de Lamartine

L'aurore se levait, la mer battait la plage ; Ainsi parla Sapho debout sur le rivage, Et près d'elle, à genoux, les filles de Lesbos Se penchaient sur l'abîme et contemplaient les flots : Fatal rocher, profond abîme ! Je vous aborde sans effroi ! Vous allez à Vénus...

Sur une plage - Alphonse de Lamartine

(Sur une plage peinte d'insectes et de plantes.) Insectes bourdonnants, papillons, fleurs ailées, Aux touffes des rosiers lianes enroulées, Convolvulus tressés aux fils des liserons, Pervenches, beaux yeux bleus qui regardez dans l'ombre, Nénuphars endormis sur les...

Une larme - Alphonse de Lamartine

Tombez, larmes silencieuses, Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses, Ni sur le sein de l'amitié ! Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n'essuie, Que nul souffle ne vient sécher. Qu'importe à ces hommes...

Jocelyn, le 20 juillet 1800 - Alphonse de Lamartine

O vraie et lamentable image de la vie ! La joie entre par où la douleur est sortie ! Le bonheur prend le lit d'où fuit le désespoir ! À ce qui naît le jour Dieu fait place le soir ; La coupe de la vie a toujours même dose, Mais une main la prend quand l'autre la...

L'hymne de la nuit - Alphonse de Lamartine

Le jour s'éteint sur tes collines, Ô terre où languissent mes pas ! Quand pourrez-vous, mes yeux, quand pourrez-vous, hélas ! Saluer les splendeurs divines Du jour qui ne s'éteindra pas ? Sont-ils ouverts pour les ténèbres, Ces regards altérés du jour ? De son éclat,...

Adieux à la mer - Alphonse de Lamartine

Murmure autour de ma nacelle, Douce mer dont les flots chéris, Ainsi qu'une amante fidèle, Jettent une plainte éternelle Sur ces poétiques débris. Que j'aime à flotter sur ton onde. A l'heure où du haut du rocher L'oranger, la vigne féconde, Versent sur ta vague...

La charité - Alphonse de Lamartine

Dieu dit un jour à son soleil : — Toi par qui mon nom luit, toi que ma droite envoie Porter à l'univers ma splendeur et ma joie, Pour que l'immensité me loue à son réveil ; De ces dons merveilleux que répand ta lumière, De ces pas de géant que tu fais dans les cieux,...

L'idée de Dieu - Alphonse de Lamartine

Heureux l'oeil éclairé de ce jour sans nuage Qui partout ici-bas le contemple et le lit ! Heureux le coeur épris de cette grande image, Toujours vide et trompé si Dieu ne le remplit ! Ah ! pour celui-là seul la nature est son ombre ! En vain le temps se voile et...

À Némésis - Alphonse de Lamartine

Non, sous quelque drapeau que le barde se range, La muse sert sa gloire et non ses passions ! Non, je n'ai pas coupé les ailes de cet ange Pour l'atteler hurlant au char des factions ! Non, je n'ai point couvert du masque populaire Son front resplendissant des feux du...

La femme - Alphonse de Lamartine

À M. Decaisne. O femme, éclair vivant dont l'éclat me renverse ! O vase de splendeur qu'un jour de Dieu transperce ! Pourquoi nos yeux ravis fondent-ils sous les tiens ? Pourquoi mon âme en vain sous ma main comprimée S'élance-t-elle à toi, comme une aigle enflammée...

L'immortalité - Alphonse de Lamartine

Le soleil de nos jours pâlit dès son aurore, Sur nos fronts languissants à peine il jette encore Quelques rayons tremblants qui combattent la nuit ; L'ombre croit, le jour meurt, tout s'efface et tout fuit ! Qu'un autre à cet aspect frissonne et s'attendrisse, Qu'il...

À une fleur séchée dans un album - Alphonse de Lamartine

Il m'en souvient, c'était aux plages Où m'attire un ciel du Midi, Ciel sans souillure et sans orages, Où j'aspirais sous les feuillages Les parfums d'un air attiédi. Une mer qu'aucun bord n'arrête S'étendait bleue à l'horizon ; L'oranger, cet arbre de fête, Neigeait...

La poésie sacrée - Alphonse de Lamartine

DITHYRAMBE. À M. Eugène de Genoude. Son front est couronné de palmes et d'étoiles ; Son regard immortel, que rien ne peut ternir, Traversant tous les temps, soulevant tous les voiles, Réveille le passé, plonge dans l'avenir ! Du monde sous ses yeux ses fastes se...

Milly ou la terre natale (II) - Alphonse de Lamartine

Voilà le banc rustique où s'asseyait mon père, La salle où résonnait sa voix mâle et sévère, Quand les pasteurs assis sur leurs socs renversés Lui comptaient les sillons par chaque heure tracés, Ou qu'encor palpitant des scènes de sa gloire, De l'échafaud des rois il...

À une jeune fille - Alphonse de Lamartine

Un baiser sur mon front ! un baiser, même en rêve ! Mais de mon front pensif le frais baiser s'enfuit ; Mais de mes jours taris l'été n'a plus de sève ; Mais l'Aurore jamais n'embrassera la Nuit. Elle rêvait sans doute aussi que son haleine Me rendait les climats de...

La prière - Alphonse de Lamartine

Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire, Descend avec lenteur de son char de victoire. Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux, Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue. Comme une lampe d'or, dans l'azur...

Philosophie - Alphonse de Lamartine

(Au Marquis de Lamaisonfort) Oh ! qui m'emportera vers les tièdes rivages, Où l'Arno couronné de ses pâles ombrages, Aux murs des Médicis en sa course arrêté, Réfléchit le palais par un sage habité, Et semble, au bruit flatteur de son onde plus lente, Murmurer les...

À un enfant, fille du poète - Alphonse de Lamartine

Céleste fille du poète, La vie est un hymne à deux voix. Son front sur le tien se reflète, Sa lyre chante sous tes doigts. Sur tes yeux quand sa bouche pose Le baiser calme et sans frisson, Sur ta paupière blanche et rose Le doux baiser à plus de son. Dans ses bras...

La retraite - Alphonse de Lamartine

Aux bords de ton lac enchanté, Loin des sots préjugés que l'erreur déifie, Couvert du bouclier de ta philosophie, Le temps n'emporte rien de ta félicité ; Ton matin fut brillant ; et ma jeunesse envie L'azur calme et serein du beau soir de ta vie ! Ce qu'on appelle...

Bonaparte - Alphonse de Lamartine

Sur un écueil battu par la vague plaintive, Le nautonier de loin voit blanchir sur la rive Un tombeau près du bord par les flots déposé ; Le temps n'a pas encor bruni l'étroite pierre, Et sous le vert tissu de la ronce et du lierre On distingue... un sceptre brisé !...

Le désespoir - Alphonse de Lamartine

Lorsque du Créateur la parole féconde, Dans une heure fatale, eut enfanté le monde Des germes du chaos, De son oeuvre imparfaite il détourna sa face, Et d'un pied dédaigneux le lançant dans l'espace, Rentra dans son repos. Va, dit-il, je te livre à ta propre misère ;...

Consolation - Alphonse de Lamartine

Quand le Dieu qui me frappe, attendri par mes larmes, De mon coeur oppressé soulève un peu sa main, Et, donnant quelque trêve à mes longues alarmes, Laisse tarir mes yeux et respirer mon sein ; Soudain, comme le flot refoulé du rivage Aux bords qui l'ont brisé revient...

Le génie - Alphonse de Lamartine

À M. de Bonald. Ainsi, quand parmi les tempêtes, Au sommet brûlant du Sina, Jadis le plus grand des prophètes Gravait les tables de Juda ; Pendant cet entretien sublime, Un nuage couvrait la cime Du mont inaccessible aux yeux, Et, tremblant aux coups du tonnerre,...

Désir - Alphonse de Lamartine

Ah ! si j'avais des paroles, Des images, des symboles, Pour peindre ce que je sens ! Si ma langue, embarrassée Pour révéler ma pensée, Pouvait créer des accents ! Loi sainte et mystérieuse ! Une âme mélodieuse Anime tout l'univers ; Chaque être a son harmonie, Chaque...

Le golfe de Baya - Alphonse de Lamartine

Vois-tu comme le flot paisible Sur le rivage vient mourir ! Vois-tu le volage zéphyr Rider, d'une haleine insensible, L'onde qu'il aime à parcourir ! Montons sur la barque légère Que ma main guide sans efforts, Et de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords....

Dieu - Alphonse de Lamartine

(À M. de la Mennais) Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes : Déposant le fardeau des misères humaines, Laissant errer mes sens dans ce monde des corps, Au monde des esprits je monte sans efforts. Là, foulant à mes pieds cet univers visible, Je plane en liberté...

L'enthousiasme - Alphonse de Lamartine

Ainsi, quand l'aigle du tonnerre Enlevait Ganymède aux cieux, L'enfant, s'attachant à la terre, Luttait contre l'oiseau des dieux ; Mais entre ses serres rapides L'aigle pressant ses flancs timides, L'arrachait aux champs paternels ; Et, sourd à la voix qui l'implore,...

Ferrare - Alphonse de Lamartine

(Ajoutée dans l'Édition des Souscripteurs de 1849.) Que l'on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre : Du supplice plus tard on baise l'instrument ; L'homme adore la croix où sa victime expire, Et du cachot du Tasse enchâsse le ciment. Prison du Tasse ici, de...

Le passé - Alphonse de Lamartine

Arrêtons-nous sur la colline A l'heure où, partageant les jours, L'astre du matin qui décline Semble précipiter son cours ! En avançant dans sa carrière, Plus faible il rejette en arrière L'ombre terrestre qui le suit, Et de l'horizon qu'il colore Une moitié le voit...

Ischia - Alphonse de Lamartine

Le soleil va porter le jour à d'autres mondes ; Dans l'horizon désert Phébé monte sans bruit, Et jette, en pénétrant les ténèbres profondes, Un voile transparent sur le front de la nuit. Voyez du haut des monts ses clartés ondoyantes Comme un fleuve de flamme inonder...

Le pasteur et le pêcheur - Alphonse de Lamartine

C'était l'heure chantante où, plus doux que l'aurore, Le jour en expirant semble sourire encore, Et laisse le zéphyr dormant sous les rameaux En descendre avec l'ombre et flotter sur les eaux ; La cloche dans la tour, lentement ébranlée, Roulait ses longs soupirs de...

Jocelyn, le 16 septembre 1793 - Alphonse de Lamartine

Mon cœur me l'avait dit : toute âme est sœur d'une âme ; Dieu les créa par couple et les fit homme ou femme ; Le monde peut en vain un temps les séparer, Leur destin tôt ou tard est de se rencontrer ; Et quand ces sœurs du ciel ici-bas se rencontrent, D'invincibles...

Le poète mourant - Alphonse de Lamartine

La coupe de mes jours s'est brisée encor pleine ; Ma vie hors de mon sein s'enfuit à chaque haleine ; Ni baisers ni soupirs ne peuvent l'arrêter ; Et l'aile de la mort, sur l'airain qui me pleure, En sons entrecoupés frappe ma dernière heure ; Faut-il gémir ? faut-il...

Jocelyn, le 17 septembre 1793 - Alphonse de Lamartine

Vous me l'avez donné ce complément de vie, Mon Dieu ! ma soif d'aimer est enfin assouvie. Du jour où cet enfant sous ma grotte est venu, Tout ce que je rêvais jadis, je l'ai connu. Pour la première fois, moi, dont l'âme isolée A d'autres jusqu'ici ne s'était pas...

Les étoiles - Alphonse de Lamartine

Il est pour la pensée une heure... une heure sainte, Alors que, s'enfuyant de la céleste enceinte, De l'absence du jour pour consoler les cieux, Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux. On voit à l'horizon sa lueur incertaine, Comme les bords flottants d'une robe...

Jocelyn, le 20 septembre 1793 - Alphonse de Lamartine

Je ne sens plus le poids du temps ; le vol de l'heure D'une aile égale et douce en s'écoulant m'effleure ; Je voudrais chaque soir que le jour avancé Fût encore au matin à peine commencé ; Ou plutôt que le jour naisse ou meurt dans l'ombre, Que le ciel du vallon soit...

L'esprit de Dieu - Alphonse de Lamartine

Le feu divin qui nous consume Ressemble à ces feux indiscrets Qu'un pasteur imprudent allume Aux bord de profondes forêts ; Tant qu'aucun souffle ne l'éveille, L'humble foyer couve et sommeille ; Mais s'il respire l'aquilon, Tout à coup la flamme engourdie S'enfle,...

Jocelyn, le 16 décembre 1793 - Alphonse de Lamartine

La nuit, quand par hasard je m'éveille, et je pense Que dehors et dedans tout est calme et silence, Et qu'oubliant Laurence, auprès de moi dormant, Mon cœur mal éveillé se croit seul un moment ; Si j'entends tout à coup son souffle qui s'exhale, Régulier, de son sein...

Le vallon - Alphonse de Lamartine

Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses voeux importuner le sort ; Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance, Un asile d'un jour pour attendre la mort. Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée : Du flanc de ces coteaux pendent des bois...

Chant d'amour (II) - Alphonse de Lamartine

Un de ses bras fléchit sous son cou qui le presse, L'autre sur son beau front retombe avec mollesse, Et le couvre à demi : Telle, pour sommeiller, la blanche tourterelle Courbe son cou d'albâtre et ramène son aile Sur son œil endormi ! Le doux gémissement de son sein...

L'isolement - Alphonse de Lamartine

L'isolement est un poème célèbre d'Alphonse de Lamartine paru dans le recueil Méditations poétiques (1820). Dans ces 13 quatrains en alexandrins aux rimes croisées, il évoque son chagrin, son mal de vivre et sa mélancolie suite au décès de son amante, Julie Charles,...

Le désert ou l'immatérialité de Dieu - Alphonse de Lamartine

Il est nuit... Qui respire ? ... Ah ! c'est la longue haleine, La respiration nocturne de la plaine ! Elle semble, ô désert ! craindre de t'éveiller. Accoudé sur ce sable, immuable oreiller, J'écoute, en retenant l'haleine intérieure, La brise du dehors, qui passe,...

Recueillements poétiques - Le Liseron - Alphonse de Lamartine

Dans les blés mûrs, un soir de fête, La jeune fille me cueillit ; Dans ses cheveux noirs, sur sa tête. Ma blanche étoile rejaillit. Fleur domestique et familière, Je m’y collais, comme le lierre Se colle au front du dahlia ; Sa joue en fut tout embellie ; Puis j’en...

La Chute d’un Ange - Épilogue - Lamartine

Et le vieillard finit en disant : « Gloire à Dieu ! Dieu, seul commencement, seule fin, seul milieu, Seule explication du ciel et de la terre, Seule clef de l’esprit pour ouvrir tout mystère ! » Il étendit la main pour l’invoquer sur nous ! Nous pliâmes, contrits, nos...

Chant d'amour (III) - Alphonse de Lamartine

Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile...

La branche d'amandier - Alphonse de Lamartine

De l'amandier tige fleurie, Symbole, hélas ! de la beauté, Comme toi, la fleur de la vie Fleurit et tombe avant l'été. Qu'on la néglige ou qu'on la cueille, De nos fronts, des mains de l'Amour, Elle s'échappe feuille à feuille, Comme nos plaisirs jour à jour !...

Le lac - Alphonse de Lamartine

Le Lac, paru dans Méditations Poétiques (1820), est un des poèmes de Lamartine les plus connus. Il évoque le Lac du Bourget où le poète avait l'habitude de rencontrer sa muse Julie Charles jusqu'à la mort de cette dernière (1817). Ce poème est un incontournable de la...

Méditations poétiques - Les Fleurs - Alphonse de Lamartine

Ô terre, vil monceau de boue Où germent d’épineuses fleurs, Rendons grâce à Dieu, qui secoue Sur ton sein ses fraîches couleurs ! Sans ces urnes où goutte à goutte Le ciel rend la force à nos pas, Tout serait désert, et la route Au ciel ne s’achèverait pas. Nous...

Chant d'amour (IV) - Alphonse de Lamartine

Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ? Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme : Baisse-les, ou je meurs. Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne, Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs. Aux bords...

La Fenêtre de la maison paternelle - Alphonse de Lamartine

Autour du toit qui nous vit naître Un pampre étalait ses rameaux ; Ses grains dorés, vers la fenêtre, Attiraient les petits oiseaux. Ma mère, étendant sa main blanche, Rapprochait les grappes de miel, Et les enfants suçaient la branche, Qu'ils rendaient aux oiseaux du...

Le lézard - Alphonse de Lamartine

Sur les ruines de Rome. Un jour, seul dans le Colisée, Ruine de l'orgueil romain, Sur l'herbe de sang arrosée Je m'assis, Tacite à la main. Je lisais les crimes de Rome, Et l'empire à l'encan vendu, Et, pour élever un seul homme, L'univers si bas descendu. Je voyais...

Méditations poétiques - Les Oiseaux - Alphonse de Lamartine

Orchestre du Très-Haut, bardes de ses louanges, Ils chantent à l'été des notes de bonheur ; Ils parcourent les airs avec des ailes d'anges Échappés tout joyeux des jardins du Seigneur. Tant que durent les fleurs, tant que l'épi qu'on coupe Laisse tomber un grain sur...

Souvenir - En vain le jour succède au jour - Alphonse de Lamartine

En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi...

Chant d'amour (V) - Alphonse de Lamartine

Viens, cherchons cette ombre propice Jusqu'à l'heure où de ce séjour Les fleurs fermeront leur calice Aux regards languissants du jour. Voilà ton ciel, ô mon étoile ! Soulève, oh ! soulève ce voile, Éclaire la nuit de ces lieux ; Parle, chante, rêve, soupire, Pourvu...

La gloire - Alphonse de Lamartine

(A un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ; La muse t'enivra de précoces...

Le Papillon - Alphonse de Lamartine

Le Papillon est un poème célèbre d'Alphonse de Lamartine paru dans son recueil Nouvelles Méditations poétiques (1823). Ces 10 alexandrins (rimes ABABCCDEED), dans le style romantique de Lamartine, évoquent la beauté et la pureté de la vie éphémère du papillon, sorte...

Méditations poétiques - Les Pavots - Alphonse de Lamartine

Lorsque vient le soir de la vie, Le printemps attriste le cœur : De sa corbeille épanouie Il s’exhale un parfum moqueur. De toutes ces fleurs qu’il étale, Dont l’amour ouvre le pétale, Dont les prés éblouissent l’œil, Hélas ! il suffit que l’on cueille De quoi...

Souvenir - Il creusait dans la mer - Alphonse de Lamartine

Il creusait dans la mer son sillage d'écume, Le navire grondant qui respire le feu ; Nous suivions cette côte où le Vésuve fume : Les cyprès étaient noirs, l'eau verte, le ciel bleu. Une vague enjouée, en poursuivant la poupe, Des perles de la mer aspergeait le...

Chant d'amour (VI) - Alphonse de Lamartine

Un jour, le temps jaloux, d'une haleine glacée, Fanera tes couleurs comme une fleur passée Sur ces lits de gazon ; Et sa main flétrira sur tes charmantes lèvres Ces rapides baisers, hélas ! dont tu me sèvres Dans leur fraîche saison. Mais quand tes yeux, voilés d'un...

La Harpe des Cantiques - Alphonse de Lamartine

Seconde voix du cœur qui pleure, Larme sonore du saint lieu, Poésie, harpe intérieure, Seule langue qui parle à Dieu ! Ce roi de la lyre divine, A qui le Seigneur en fit don, Te pressait contre sa poitrine Pour lui dire : « Grâce ! » ou : « Pardon ! » Ah ! sur tes...

Le Retour - Alphonse de Lamartine

Vallon, rempli de mes accords, Ruisseau, dont mes pleurs troublaient l’onde, Prés, colline, forêt profonde ; Oiseaux, qui chantiez sur ces bords ! Zéphyr, qu’embaumait son haleine, Sentiers, où sa main tant de fois M’entraînait à l’ombre des bois, Où l’habitude me...

Milly ou la terre natale (I) - Alphonse de Lamartine

Pourquoi le prononcer, ce nom de la patrie ? Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ; Il résonne de loin dans mon âme attendrie, Comme les pas connus ou la voix d’un ami. Montagnes que voilait le brouillard de l’automne, Vallons que tapissait le givre du matin,...

Stances - Alphonse de Lamartine

Et j'ai dit dans mon cœur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnon, Et la vague engloutit ses vœux et son...

Chœur des cèdres du Liban - Alphonse de Lamartine

(Extrait) Aigles qui passez sur nos têtes, Allez dire aux vents déchaînés Que nous défions leurs tempêtes Avec nos mâts enracinés. Qu'ils montent, ces tyrans de l'onde, Que leur aile s'ameute et gronde Pour assaillir nos bras nerveux ! Allons ! leurs plus fougueux...

La Pervenche - Alphonse de Lamartine

Pâle fleur, timide pervenche, Je sais la place où tu fleuris, Le gazon où ton front se penche Pour humecter tes yeux flétris ! C'est dans un sentier qui se cache Sous ses deux bords de noisetiers, Où pleut sur l'ombre qu'elle tache La neige des fleurs d'églantiers....

Le soir - Alphonse de Lamartine

Le soir ramène le silence. Assis sur ces rochers déserts, Je suis dans le vague des airs Le char de la nuit qui s'avance. Vénus se lève à l'horizon ; A mes pieds l'étoile amoureuse. De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon. De ce hêtre au feuillage sombre...

Pour une quête - Alphonse de Lamartine

L'or qu'au plaisir le riche apporte Ne fait que glisser dans sa main ; Le pauvre qui veille à la porte Attend les miettes de ce pain. Aux sons de nos harpes de fêtes, Anges, unissez vos accents, Car tous nos luxes sont des quêtes Où l'art sollicite les sens. Jouissez,...

Sur des roses sous la neige - Alphonse de Lamartine

Pourquoi, Seigneur, fais-tu fleurir ces pâles roses, Quand déjà tout frissonne ou meurt dans nos climats ? Hélas ! six mois plus tôt que n'étiez-vous écloses ? Pauvres fleurs, fermez-vous ! voilà les blancs frimas ! Mais non, refleurissez ! Le bonheur et les larmes...

Elégie - Alphonse de Lamartine

Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie ; Des rapides printemps respire au moins les fleurs. Aux chastes voluptés abandonnons nos cœurs, Aimons-nous sans mesure, à mon unique amie ! Quand le nocher battu par les flots irrités Voit son fragile esquif menacé du...