Mes rêves - Antoine Fontaney

Ne vous offensez pas que votre indifférence Dans mes songes pour moi se transforme en amour ; Si la nuit à mes yeux fait briller l'espérance, Ils sont mouillés de pleurs quand je les rouvre au jour. Répandant sur mes sens votre douce influence, Vous offrez-vous à moi...

Adieu - Antoine Fontaney

Ne crois pas rallumer ma flamme, Adieu, séduisante beauté ! De l'amour la candeur est l'âme, Il meurt dès qu'il en est quitté. Ta voix, quel que soit son empire, Mon cœur pouvait s'en défier ; Mais ces yeux où l'amour respire, Il fallait bien m'y confier. Ne crois pas...

Souvenir - Antoine Fontaney

Te le rappelles-tu ce jardin solitaire, Où tu reçus l'aveu de mon timide amour ? Tout nous favorisait, et l'heure et le mystère, Et de l'astre des nuits le tremblant demi-jour. Un incarnat léger colorait ton visage ; Je lus mon avenir, mon bonheur, dans tes yeux ; Et...

A Marie - Antoine Fontaney

Alors que je fuyais nos arides campagnes Pour égarer mes pas au milieu des montagnes, Chercher l'obscurité de leurs bois ténébreux, Et franchir les hauteurs de leurs faîtes ombreux ; Quand j'osais, ô Morven, m'élancer sur tes cimes ; D'un œil inétonné mesurant tes...

A mon père - Antoine Fontaney

J'avais au pied des saints autels Courbé ma tête appesantie, La terre à mes regards s'était anéantie, Et, loin du séjour des mortels, Égaré dans ma rêverie, J'entendais une voix chérie M'appeler au céleste port.... Mais de l'airain sacré le son bruyant m'éveille,...

Un ange - Antoine Fontaney

Dans toutes les douleurs humaines Toujours avec nous de moitié, Quel instinct secret vers nos peines Guide ainsi ta tendre pitié ? Dès ce jeune âge où l'existence Comprend à peine le malheur, D'où te vient cette expérience De toutes les vertus du cœur ? N'es-tu qu'une...

A toi - Antoine Fontaney

Mon cœur est méconnu, si l'on soupçonne même Qu'une terrestre ardeur se mêle à son amour, Et que brûlant pour toi d'une flamme d'un jour, Je pourrais outrager et flétrir ce que j'aime, De même qu'en dorant la rosée et ses pleurs Le soleil les tarit sans pitié sur les...

Toujours - Antoine Fontaney

L'hiver peut flétrir le feuillage, La fleur peut renaître au printemps Le soleil de ton ermitage Sera mon soleil en tout temps. L'heureux lien qui nous enchaîne A ranimé mon cœur vieilli : Oui, le monde a changé de scène, C'est par toi qu'il s'est embelli. J'égarais...

Hymne - Antoine Fontaney

Le monde et sa vaine sagesse De l'homme éblouissent les yeux ; Sourire et pleurs, bonheur, tristesse, Tout passe et fuit avec vitesse : Il n'est rien de vrai que les cieux ! La gloire est un vain météore, L'espoir un rêve gracieux ; L'amour, la beauté, sont encore Des...

L'aveu - Antoine Fontaney

Dis-moi qu'elle est aussi ton premier souvenir, Celle où tous tes pensers viennent se réunir, Cette heure où commence ma vie, Et qui, de mes printemps renouvelant le cours, Ne me laisse compter au nombre de mes jours Que les jours seuls qui l'ont suivie ; Ramenant...

Le cinq mai - Antoine Fontaney

Il n'est plus ; enfin sa grande âme ! Du corps qu'elle embrasait vient d'exiler sa flamme ; Il n'est plus, a-t-on raconté, Et la terre immobile écoute à son passage Ce récit que bientôt de rivage en rivage Tous ses échos ont répété. Par ce géant qui l'a foulée,...

Le ménestrel - Antoine Fontaney

Il te doit son heureux délire, Le Barde qui t'a su chanter, Ô toi qui donnes à la lyre Ce que l'or ne peut acheter ! Le ciel fit le cœur de la femme Pour le poète seulement, C'est un luth qui serait sans âme Sous les doigts de tout autre amant. Il te doit son heureux...

Le portrait - Antoine Fontaney

Cet émail où de son visage Le pinceau n'a tracé qu'une imparfaite image, Sans me la rappeler charme encore mon regard ; Devais-je espérer davantage De l'œuvre d'un mortel et des efforts de l'art ? Ce monde connaît-il une autre ressemblance ? Oh ! Combien cependant ce...

Le retour - Antoine Fontaney

Il est une saison où le temps n'a point d'ailes, Où, tandis que la terre est veuve de ses fleurs, De nos bois dépouillés habitants infidèles, Loin d'eux les rossignols vont chanter leurs douleurs. Vous avez fui comme eux, ô vous dont la présence Pouvait seule embellir...

À Victor Hugo - Antoine Fontaney

Sur un trône plus haut encor, viens te placer ; Tu l’avais dit : Ton sceptre, ô Victor, c’est ta lyre. Ces insensés pourtant, quel était leur délire ! Avaient cru que son poids te dût sitôt lasser ! Quoi ! sur ton char de gloire en te voyant passer, Par cet appas...