Cimarosa - Auguste Barbier

Chantre mélodieux né sous le plus beau ciel, Au nom doux et fleuri comme une lyre antique, Léger napolitain, dont la folle musique A frotté, tout enfant, les deux lèvres de miel, Ô bon Cimarosa ! Nul poëte immortel, Nul peintre, comme toi, dans sa verve comique,...

Allegri - Auguste Barbier

Si dans mon cœur chrétien l’antique foi s’altère, L’art reste encor debout, comme un marbre pieux Que le soleil, tombé de la voûte des cieux, Colore dans la nuit d’un reflet solitaire. Ainsi, vieil Allegri, musicien austère, Compositeur sacré des temps religieux, Ton...

Conscience - Auguste Barbier

Dieu du ciel, ô mon Dieu, par quels sombres chemins Passent journellement des myriades d’humains ? Combien de malheureux sous ses monceaux de pierre Toute large cité dérobe à la lumière, Que d’êtres gémissants cheminent vers la mort, Le visage hâlé par l’âpre vent du...

Dante - Auguste Barbier

Dante, vieux gibelin ! Quand je vois en passant Le plâtre blanc et mat de ce masque puissant Que l’art nous a laissé de ta divine tête, Je ne puis m’empêcher de frémir, ô poëte ! Tant la main du génie et celle du malheur Ont imprimé sur toi le sceau de la douleur....

Dominiquin - Auguste Barbier

Noble fille des cieux, divine solitude, Bel ange inspirateur de tout génie humain, Toi, qui vis saintement, et le front dans la main, Loin des pas du vulgaire et de la multitude ! Ô nourrice de l’art ! ô mère de l’étude ! Tu reçus dans tes bras le grand Dominiquin,...

Épilogue - Ô misère - Auguste Barbier

Ô misère ! Misère ! Toi qui pris sur la terre Encore toute en feu L’homme des mains de Dieu ; Fantôme maigre et sombre, Qui, du creux du berceau Jusqu’au seuil du tombeau, Comme un chien suis son ombre, Ô toi qui bois les pleurs Écoulés de sa face, Et que jamais ne...

Épilogue - Mère d’Aristophane - Auguste Barbier

Mère d’Aristophane et du puissant Molière, Muse, pardonne si, ma main S’élevant un moment jusqu’à ton front divin, J’ai pris ton masque pourpre et m’en suis fait visière ! Pour gloser, badiner et railler par derrière De façon à charmer notre pays malin, Il faut...

Il Pianto – Poèmes - Corregio - Auguste Barbier

Ô mère d’Allegri ! Parme, cité chrétienne, Sois fière du héros que tes flancs ont porté ; J’ai vu d’un œil d’amour la belle antiquité, Rome en toute sa pompe et sa grandeur païenne ; J’ai vu Pompéi morte, et comme une Athénienne, La pourpre encor flottant sur son lit...

Il Pianto – Poèmes - Giorgione - Auguste Barbier

Qu’est-ce donc, ô mon Dieu ! que de la gloire humaine, S’il faut payer si cher ce fol enivrement, Et s’il faut expier les douceurs d’un moment Par des peines sans fin et des siècles de haine ? Oh ! n’est-ce point assez de la poussière vaine Que l’envie au-dehors élève...

Il Pianto – Poèmes - Raphael - Auguste Barbier

Salut, ô Raphaël ! salut, ô frais génie ! Jeune homme plein de grâce et de sérénité, En tous lieux où l’on aime et l’on sent la beauté Que ton nom soit loué, que ta main soit bénie ! Salut, douce candeur à la pâleur unie, Ovale aux cheveux bruns sur un beau col monté,...

L'idole - Auguste Barbier

Ô Corse à cheveux plats ! que ta France était belle Au grand soleil de messidor ! C'était une cavale indomptable et rebelle, Sans frein d'acier ni rênes d'or ; Une jument sauvage à la croupe rustique, Fumante encor du sang des rois, Mais fière, et d'un pied fort...

Le Corrége - Auguste Barbier

Nourrice d’Allegri, Parme, cité chrétienne, Sois fière de l’enfant que tes bras ont porté ! J’ai vu d’un œil d’amour la belle antiquité, Rome en toute sa pompe et sa grandeur païenne ; J’ai vu Pompéï morte, et comme une athénienne, La pourpre encor flottant sur son...

Le Départ - Auguste Barbier

Les Alpes ont beau faire et m’opposer leur dos, Leurs glaciers verts et bleus aux terribles passages, Et leurs pics décharnés où les sombres nuages Viennent traîner le ventre et se mettre en lambeaux ; Tombent, tombent sur moi, leurs effrayantes eaux, Leurs torrents...