À Gianetta - Félix Arvers

Près des ruisseaux, près des cascades, Dans les champs d'oliviers fleuris, Sur les rochers, sous les arcades Dont le temps sape les débris, Sous les murs du vieux monastère. Dans le bois qu'aime le mystère, Sous l'ombre du pin solitaire, Sous le platane aux frais...

À Madame ... - Félix Arvers

Madame, croyez-moi ; bien qu'une autre patrie Vous ait ravie à ceux qui vous ont tant chérie, Allez, consolez-vous, ne pleurez point ainsi ; Votre corps est là-bas, mais votre âme est ici : C'est la moindre moitié que l'exil nous a prise ; La tige s'est rompue au...

À Victor Hugo - Félix Arvers

D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux...

Bury - Félix Arvers

I Lorsque le jeune Edgard, après bien des années, Au seuil de son château s'en vint heurter un soir, Traversa lentement les cours abandonnées, Et près du vieux foyer voulut enfin s'asseoir, Il vit avec douleur au manoir de ses pères Les créneaux sans soldats et les...

Ce qui peut arriver à tout le monde - Félix Arvers

I J'ai toujours voulu voir du pays, et la vie Que mène un voyageur m'a toujours fait envie. Je me suis dit cent fois qu'un demi-siècle entier Dans le même logis, dans le même quartier ; Que dix ans de travail, dix ans de patience A lire les docteurs et creuser leur...

À Alfred de Musset - Félix Arvers

Oh ! redis-les encor ces paroles dorées ; Rends-nous ces flots si purs qui s’épanchaient sur nous, Rends-nous l’écho lointain de ces hymnes sacrées Que le chrétien ne doit entendre qu’à genoux. Hélas ! qui t’a si jeune enseigné ces mystères Et toutes ces douleurs du...

Sonnet à mon ami R... - Félix Arvers

J'avais toujours rêvé le bonheur en ménage, Comme un port où le cœur, trop longtemps agité, Vient trouver, à la fin d'un long pèlerinage, Un dernier jour de calme et de sérénité. Une femme modeste, à peu près de mon âge Et deux petits enfants jouant à son côté ; Un...

L’amour caché (Sonnet d’Arvers) - Félix Arvers

Le Sonnet d'Arvers (ou L'Amour caché) est un poème en alexandrins très célèbre de Félix Arvers paru dans le recueil Mes heures perdues (1833). Le poème parle de l'amour caché et déçu d'un homme pour une femme inconnue et de sa souffrance. Ce sonnet à lui seul à fait...

Ospitalita - Félix Arvers

Dans des vers immortels que vous savez sans doute, Dante acceptant d'un prince et le toit et l'appui, Des chagrins de l'exil abreuvé goutte à goutte, Nous a montré son cœur tout plein d'un sombre ennui ; Et combien est amer, pour celui qui le goûte, Le pain de...

La villégiature - Félix Arvers

J'ai souvent comparé la villégiature Aux phases d'un voyage entrepris en commun Avec des étrangers de diverse nature Dont on n'a de ses jours vu ni connu pas un. Au début de la route, en montant en voiture, On s'observe : - l'un l'autre on se trouve importun ;...

La ressemblance - Félix Arvers

Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse Au milieu des parfums respirer la mollesse, En ce voluptueux séjour, Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre, Les voiles enlacés semblent, pour un mystère, Eteindre les rayons du jour, Ne t'enorgueillis pas,...

L'anniversaire - Félix Arvers

Oh ! qui me donnera d'aller dans vos prairies, Promener chaque jour mes tristes rêveries, Rivages fortunés où parmi les roseaux L'Yonne tortueuse égare au loin ses eaux ! Oui, je veux vous revoir, poétiques ombrages, Bords heureux, à jamais ignorés des orages,...

A mon ami … - Félix Arvers

Tu sais l’amour et son ivresse Tu sais l’amour et ses combats ; Tu sais une voix qui t’adresse Ces mots d’ineffable tendresse Qui ne se disent que tout bas. Sur un beau sein, ta bouche errante Enfin a pu se reposer, Et sur une lèvre mourante Sentir la douceur...

A Alfred Tattet - Félix Arvers

Alfred, j’ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n’avait formé qu’une âme pour deux corps ; Beaux jours d’épanchement, d’amour et d’harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel...