Les Plus Beaux Poèmes d'Amour de Voltaire

Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour de Voltaire. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies de la...

Poème sur le Désastre de Lisbonne - Voltaire

Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable !Ô de tous les mortels assemblage effroyable !D’inutiles douleurs, éternel entretien !Philosophes trompés qui criez : « Tout est bien » ;Accourez, contemplez ces ruines affreuses,Ces débris, ces lambeaux, ces cendres...

Le loup moraliste - Voltaire

Un loup, à ce que dit l’histoire, Voulut donner un jour des leçons à son fils, Et lui graver dans la mémoire, Pour être honnête loup, de beaux et bons avis. " Mon fils, lui disait-il, dans ce désert sauvage, A l’ombre des forêts vous passez vos jours ; Vous pourrez...

Le portrait manqué - Voltaire

On ne peut faire ton portrait : Folâtre et sérieuse, agaçante et sévère, Prudente avec l’air indiscret, Vertueuse, coquette, à toi-même contraire, La ressemblance échappe en rendant chaque trait. Si l’on te peint constante, on t’aperçoit légère : Ce n’est jamais toi...

Polissonnerie - Voltaire

Je cherche un petit bois touffu, Que vous portez, Aminthe, Qui couvre, s’il n’est pas tondu Un gentil labyrinthe. Tous les mois, on voit quelques fleurs Colorer le rivage ; Laissez-moi verser quelques pleurs Dans ce joli bocage. – Allez, monsieur, porter vos pleurs...

Précis de l’ecclésiate - Voltaire

Dans ma bouillante jeunesse, J’ai cherché la volupté, J’ai savouré son ivresse : De mon bonheur dégoûté, Dans sa coupe enchanteresse J’ai trouvé la vanité. La grandeur et la richesse Dans l’âge mûr m’ont flatté : Les embarras, la tristesse, L’ennui, la satiété, Ont...

Sur le Louvre - Voltaire

Monument imparfait de ce siècle vanté Qui sur tous les beaux-arts a fondé sa mémoire, Vous verrai-je toujours, en attestant sa gloire, Faire un juste reproche à sa postérité ? Faut-il que l’on s’indigne alors qu’on vous admire, Et que les nations qui veulent nous...

Aux habitants de Lyon - Voltaire

Il est vrai que Plutus est au rang de vos dieux, Et c’est un riche appui pour votre aimable ville : Il n’est point de plus bel asile ; Ailleurs il est aveugle, il a chez vous des yeux. Il n’était autrefois que Dieu de la richesse ; Vous en faites le dieu des arts :...

La Bastille - Voltaire

Or ce fut donc par un matin, sans lune, En beau printemps, un jour de Pentecôte, Qu’un bruit étrange en sursaut m’éveilla. Un mien valet, qui du soir était ivre : " Maître, dit-il, le Saint-Esprit est là ; C’est lui sans doute, et j’ai lu dans mon livre Qu’avec...

La crépinade - Voltaire

Le diable un jour, se trouvant de loisir, Dit : " Je voudrais former à mon plaisir Quelque animal dont l’âme et la figure Fût à tel point au rebours de nature, Qu’en le voyant l’esprit le plus bouché Y reconnût mon portrait tout craché. " Il dit, et prend une argile...

Le bourbier - Voltaire

Pour tous rimeurs, habitants du Parnasse, De par Phébus il est plus d’une place : Les rangs n’y sont confondus comme ici, Et c’est raison. Ferait beau voir aussi Le fade auteur d’un roman ridicule Sur même lit couché près de Catulle ; Ou bien Lamotte ayant l’honneur...

Les Plus Beaux Textes et Poèmes de Voltaire 

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de Voltaire, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences personnelles et...

À M. Le duc de La Feuillade - Voltaire

Conservez précieusement L'imagination fleurie Et la bonne plaisanterie, Dont vous possédez l'agrément, Au défaut du tempérament, Dont vous vous vantez hardiment Et que tout le monde vous nie. La dame qui depuis longtemps Connaît à fond votre personne, A dit : hélas !...

À M. Le duc de Sulli - Voltaire

J'irai chez vous, duc adorable, Vous dont le goût, la vérité, L'esprit, la candeur, la bonté, Et la douceur inaltérable, Font respecter la volupté, Et rendent la sagesse aimable. Que dans ce champêtre séjour Je me fais un plaisir extrême De parler sur la fin du jour...

À Samuel Bernard - Voltaire

(Au nom de Madame de Fontaine-Martel.) C'est mercredi que je soupais chez vous Et que, sortant des plaisirs de la table, Bientôt couchée, un sommeil prompt et doux Me fit présent d'un songe délectable. Je rêvais donc qu'au manoir ténébreux J'étais tombée, et que...

À la marquise du Châtelet - Voltaire

(Sur la liaison de la marquise avec Maupertuis) Ainsi donc cent beautés nouvelles Vont fixer vos brillants esprits Vous renoncez aux étincelles, Aux feux follets de mes écrits Pour des lumières immortelles ; Et le sublime Maupertuis Vient éclipser mes bagatelles. Je...

À une dame ou soit-disant telle - Voltaire

Tu commences par me louer, Tu veux finir par me connaître. Tu me louras bien moins ; mais il faut t'avouer Ce que je suis, ce que je voudrais être. J'aurai vu dans trois ans passer quarante hivers ; Apollon présidait un jour qui m'a vu naître ; Au sortir du berceau...

À la marquise du Châtelet (I) - Voltaire

(Sur la calomnie.) Écoutez-moi, respectable Emilie : Vous êtes belle ; ainsi donc la moitié Du genre humain sera votre ennemie : Vous possédez un sublime génie ; On vous craindra : votre tendre amitié Est confiante ; et vous serez trahie : Votre vertu, dans sa...

À une jeune veuve - Voltaire

Jeune et charmant objet à qui pour son partage Le ciel a prodigué les trésors les plus doux, Les grâces, la beauté, l'esprit, et le veuvage, Jouissez du rare avantage D'être sans préjugés, ainsi que sans époux ! Libre de ce double esclavage, Joignez à tous ces dons...

À madame de Fontaine-Martel - Voltaire

Ô très singulière Martel, J'ai pour vous estime profonde ; C'est dans votre petit hôtel, C'est sur vos soupers que je fonde Mon plaisir, le seul bien réel Qu'un honnête homme ait en ce monde. Il est vrai qu'un peu je vous gronde ; Mais, malgré cette liberté, Mon cœur...

À Uranie - Voltaire

1734. Je vous adore, ô ma chère Uranie ! Pourquoi si tard m'avez-vous enflammé ? Qu'ai-je donc fait des beaux jours de ma vie ? Ils sont perdus ; je n'avais point aimé. J'avais cherché dans l'erreur du bel âge Ce dieu d'amour, ce dieu de mes désirs ; Je n'en trouvai...

À Madame de G... - Voltaire

Philis, qu'est devenu ce temps Où dans un fiacre promenée, Sans laquais, sans ajustements, De tes grâces seules ornée, Contente d'un mauvais soupé Que tu changeais en ambrosie, Tu te livrais dans ta folie À l'amant heureux et trompé Qui t'avait consacré sa vie ? Le...

À Uranie (I) - Voltaire

1734. Qu'un autre vous enseigne, ô ma chère Uranie À mesurer la terre, à lire dans les cieux, Et soumettre à votre génie Ce que l'amour soumet au pouvoir de vos yeux. Pour moi, sans disputer ni du plein ni du vide, Ce que j'aime est mon univers ; Mon système est celui...

À Madame du Deffant - Voltaire

Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-vingts hivers, Ma Muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle console la nature, Mais elle sèche en peu de temps. Un oiseau peut se...

Aux manes de M. de Genonville - Voltaire

Toi que le ciel jaloux ravit dans son printemps, Toi de qui je conserve un souvenir fidèle Vainqueur de la mort et du temps, Toi dont la perte, après dix ans, M'est encore affreuse et nouvelle ; Si tout n'est pas détruit, si sur les sombres bords Ce souffle si caché,...

À Madame la maréchale de Villards - Voltaire

Divinité que le ciel fit pour plaire, Vous qu'il orna des charmes les plus doux, Vous que l'Amour prend toujours pour sa mère, Quoiqu'il sait bien que Mars est votre époux ; Qu'avec regret je me vois loin de vous ! Et quand Sulli quittera ce rivage, Où je devrais,...

À M. ... - Voltaire

(Du camp de Philisbourg, le 3 juillet 1734) C'est ici que l'on dort sans lit, Et qu'on prend ses repas par terre ; Je vois et j'entends l'atmosphère Qui s'embrase et qui retentit De cent décharges de tonnerre ; Et dans ces horreurs de la guerre Le Français chante,...

À Mademoiselle Le Couvreur - Voltaire

L'heureux talent dont vous charmez la France Avait en vous brillé dès votre enfance ; Il fut dès lors dangereux de vous voir, Et vous plaisiez même sans le savoir. Sur le théâtre heureusement conduite, Parmi les vœux de cent cœurs empressés, Vous récitiez, par la...

L'enfant prodigue (II) - Voltaire

À mon avis, l'hymen et ses liensSont les plus grands ou des maux ou des biens.Point de milieu ; l'état du mariageEst des humains le plus cher avantage,Quand le rapport des esprits et des cœurs,Des sentiments, des goûts, et des humeurs,Serre ces nœuds tissus par la...

À M. de Formont - Voltaire

(En lui renvoyant les œuvres de Descartes et de Mallebranche) Rimeur charmant, plein de raison, Philosophe entouré des Grâces, Epicure, avec Apollon, S'empresse à marcher sur vos traces. Je renonce au fatras obscur Du grand rêveur de l'oratoire, Qui croît parler de...

Les Vous et les Tu - Voltaire

Philis, qu'est devenu ce temps Où, dans un fiacre promenée, Sans laquais, sans ajustements, De tes grâces seules ornée, Contente d'un mauvais soupé Que tu changeais en ambroisie, Tu te livrais, dans ta folie, A l'amant heureux et trompé Qui t'avait consacré sa vie ?...

À M. de Saint-Lambert - Voltaire

1736. Mon esprit avec embarras Poursuit des vérités arides ; J'ai quitté les brillants appas Des Muses, mes dieux et mes guides, Pour l'astrolabe et le compas Des Maupertuis et des Euclides. Du vrai le pénible fatras Détend les cordes de ma lyre ; Vénus ne veut plus...

À M. Desmahis - Voltaire

1756. Vous ne comptez pas trente hivers Les Grâces sont votre partage ; Elles ont dicté vos beaux vers. Mais je ne sais par quel travers Vous vous proposez d'être sage. C'est un mal qui prend à mon âge, Quand le ressort des passions, Quand de l'Amour la main divine,...

À M. François de Neufchâteau - Voltaire

1766. Si vous brillez à votre aurore, Quand je m'éteins à mon couchant ; Si dans votre fertile champ Tant de fleurs s'empressent d'éclore, Lorsque mon terrain languissant Est dégarni des dons de Flore ; Si votre voix jeune et sonore Prélude d'un ton si touchant, Quand...

À M. Le comte de Tressan - Voltaire

Hélas ! que je me sens confondre Par tes vers et par tes talents ! Pourrais-je encore à quarante ans Les mériter et leur répondre ? Le temps, la triste adversité Détend les cordes de ma lyre. Les Jeux, les Amours m'ont quitté ; C'est à toi qu'ils viennent sourire,...

À M. Le comte, le chevalier et l'abbé de Sade - Voltaire

Trio charmant que je remarque Entre ceux qui font mon appui, Trio par qui Laure aujourd'hui Revient de la fatale barque ; Vous qui pensez mieux que Pétrarque, Et rimez aussi bien que lui, Je ne puis quitter mon étui Pour le souper où l'on m'embarque ; Car la cousine...

Épigramme – Sur Fréron - Voltaire

L’autre jour, au fond d’un vallon,Un serpent piqua Jean Fréron ;Que pensez-vous qu’il arriva ?Ce fut le serpent qui creva.   Voltaire Découvrez les autres plus beaux poèmes et textes de Voltaire.

Épître 78 - Voltaire

je la verrai cette statue que Gêne élève justement au héros qui l’a défendue. Votre grand-oncle, moins brillant, vit sa gloire moins étendue ; il serait jaloux à la vue de cet unique monument. Dans l’âge frivole et charmant où le plaisir seul est d’usage, où vous...

Épître 98 - Voltaire

Si vous brillez à votre aurore, quand je m’éteins à mon couchant ; si dans votre fertile champ tant de fleurs s’empressent d’éclore, lorsque mon terrain languissant est dégarni des dons de Flore ; si votre voix jeune et sonore prélude d’un ton si touchant, quand je...

Épître 79 - Voltaire

Tandis qu’au-dessus de la terre, des aquilons et du tonnerre, la belle amante de Newton dans les routes de la lumière conduit le char de Phaéton, sans verser dans cette carrière, nous attendons paisiblement, près de l’onde castalienne, que notre héroïne revienne de...

Épître 99 - Voltaire

Aimable amant de Polymnie, jouissez de cet âge heureux des voluptés et du génie ; abandonnez-vous à leurs feux : ceux de mon âme appesantie ne sont qu’une cendre amortie, et je renonce à tous vos jeux. La fleur de la saison passée par d’autres fleurs est remplacée....

Épître 8 - Voltaire

Grand prince, qui, dans cette cour où la justice était éteinte, sûtes inspirer de l’amour, même en nous donnant de la crainte ; vous que Rousseau si dignement a, dit-on, chanté sur sa lyre, Eugène, je ne sais comment je m’y prendrai pour vous écrire. Oh ! Que nos...

Épître 80 - Voltaire

Vos jeunes mains cueillent des fleurs dont je n’ai plus que les épines ; vous dormez dessous les courtines et des grâces et des neuf sœurs : je leur fais encor quelques mines, mais vous possédez leurs faveurs. Tout s’éteint, tout s’use, tout passe : je m’affaiblis, et...

Épître 6 - Voltaire

Tu sortais des bras du sommeil, et déjà l’œil du jour voyait briller tes charmes, lorsque le tendre amour parut à ton réveil ; il te baisait les mains, qu’il baignait de ses larmes. « ingrate, te dit-il, ne te souvient-il plus des bienfaits que sur toi l’amour a...

Épître 81 - Voltaire

Quoi ! Vous voulez donc que je chante ce temple orné par vos bienfaits, dont aujourd’hui Berlin se vante ! Je vous admire, et je me tais. Comment sur les bords de la Sprée, dans cette infidèle contrée où de Rome on brave les lois, pourrai-je élever une voix à des...

Épître 61 - Voltaire

les vers et les galants écrits ne sont pas de cette province, et dans les lieux où tout est prince il est très-peu de beaux esprits. Jean Rousseau, banni de Paris, vit émousser dans ce pays le tranchant aigu de sa pince ; et sa muse, qui toujours grince, et qui fuit...

Épître 82 - Voltaire

Dans ce jour du saint vendredi, jour où l’on veut nous faire accroire qu’un dieu pour le monde a pâti, j’ose adresser ma voix à mon vrai roi de gloire. De mon salut vrai créateur, de D’argens et de moi l’unique rédempteur, du salut éternel je ne suis pas en peine ;...

Épître 62 - Voltaire

Vous flattez trop ma vanité : cet art si séduisant vous était inutile ; l’art des vers suffisait ; et votre aimable style m’a lui seul assez enchanté. Votre âge quelquefois hasarde ses prémices. En esprit, ainsi qu’en amour, le temps ouvre les yeux, et l’on condamne...

Épître 83 - Voltaire

Est-il vrai que Voltaire aura à sans-souci l’honneur de boire les eaux d’Hippocrène ou d’égra, au lieu de l’onde sale et noire qu’en enfer il avalera ? En ce cas il apportera son paquet et son écritoire, et près de vous il apprendra que sagesse vaut mieux que gloire....

Épître 63 - Voltaire

... Lorsque, pour tenir la balance, l’anglais vide son coffre-fort ; lorsque l’espagnol sans puissance croit partout être le plus fort ; quand le français vif et volage fait au plus vite un empereur ; quand Belle-Isle n’est pas sans peur pour l’ouvrier et pour...

Épître 86 - Voltaire

Quand un roi bienfaisant que ses peuples bénissent les a comblés de ses bienfaits, les autres nations à sa gloire applaudissent ; les étrangers charmés deviennent ses sujets ; tous les rois à l’envi vont suivre ses exemples : il est le bienfaiteur du reste des mortels...

Épître 65 - Voltaire

ô déesse de la santé, fille de la sobriété, et mère des plaisirs du sage, qui sur le matin de notre âge fais briller ta vive clarté, et répands la sérénité sur le soir d’un jour plein d’orage, ô déesse, exauce mes vœux ! Que ton étoile favorable conduise ce mortel...

Épître 87 - Voltaire

Depuis plus de quarante années vous avez été mon héros ; j’ai présagé vos destinées. Ainsi quand Achille à Scyros paraissait se livrer en proie aux jeux, aux amours, au repos, il devait un jour sur les flots porter la flamme devant Troie : ainsi quand Phryné dans ses...

Épître 68 - Voltaire

Ah ! Mon prince, c’est grand dommage que vous n’ayez point votre image, un fils par la gloire animé, un fils par vous accoutumé à rogner ce grand héritage que l’Autriche s’était formé. Il est doux de se reconnaître dans sa noble postérité ; un grand homme en doit...

Épître 88 - Voltaire

Tu pousses trop loin l’amitié, abbé, quand tu prends ma défense ; le vil objet de ta vengeance sous ta verge me fait pitié. Il ne faut point tant de courage pour se battre contre un poltron, ni pour écraser un Fréron, dont le nom seul est un outrage. Un passant donne...

Épître 69 - Voltaire

J’ai donc vu ce Potsdam, et je ne vous vois pas ; on dit qu’ainsi que moi vous prenez médecine. Que de conformités m’attachent sur vos pas ! Le dieu de la double colline, l’amour de tous les arts, la haine des dévots ; raisonner quelquefois sur l’essence divine ; peu...

Épître 89 - Voltaire

Jeune et charmant objet à qui pour son partage le ciel a prodigué les trésors les plus doux, les grâces, la beauté, l’esprit et le veuvage, jouissez du rare avantage d’être sans préjugés ainsi que sans époux ! Libre de ce double esclavage, joignez à tous ces dons...

Épître 7 - Voltaire

D’Aremberg, où vas-tu ? Penses-tu m’échapper ? Quoi ! Tandis qu’à Paris on t’attend pour souper, tu pars, et je te vois, loin de ce doux rivage, voler en un clin d’œil aux lieux de ton bailliage ! C’est ainsi que les dieux qu’Homère a tant prônés fendaient les vastes...

Épître 9 - Voltaire

Savez-vous, gentille douairière, ce que dans Sully l’on faisait lorsqu’éole vous conduisait d’une si terrible manière ? Le malin Périgny riait, et pour vous déjà préparait une épitaphe familière, disant qu’on vous repêcherait incessamment dans la rivière, et qu’alors...

Épître 70 - Voltaire

Lorsque deux rois s’entendent bien, que chacun d’eux défend son bien, et du bien d’autrui fait ripaille ; quand un des deux, roi très-chrétien, l’autre, qui l’est vaille que vaille, prennent des murs, gagnent bataille, et font sur le bord stygien voler des pandours la...

Épître 90 - Voltaire

votre amusement lyrique m’a paru du meilleur ton. Si Linus fit la musique, les vers sont d’Anacréon. L’Anacréon de la Grèce vaut-il celui de Paris ? Il chanta la double ivresse de Silène et de Cypris ; mais fit-il avec sagesse l’histoire de son pays ? Après des...

Épître 71 - Voltaire

Généreux courtisan d’un roi brillant de gloire, vous, ministre et témoin de ses vaillants exploits, l’emploi d’écrire son histoire devient le plus beau des emplois. Plus il est glorieux, et plus il est facile ; le sujet seul fait tout, et l’art est inutile. Je n’ai...

Épître 93 - Voltaire

S’il est au monde une beauté qui de Corneille ait hérité, vous possédez cet apanage. L’enfant dont je me suis chargé n’a point l’art des vers en partage ; vous l’avez : c’est un avantage qui m’a quelquefois affligé, et que doit fuir tout homme sage. Ce dangereux et...

Épître 74 - Voltaire

Dans vos projets étudiés joignant la force et l’artifice, vous devenez donc un Ulysse, d’un Achille que vous étiez. Les intérêts de deux couronnes sont soutenus par vos exploits, et des fiers tyrans du génois on vous a vu prendre à la fois et les postes et les...

Épître 94 - Voltaire

Illustre protecteur des perdrix de Mont-Rouge, des faucons, des auteurs, et surtout des catins ; vous dont l’auguste sceptre au cuir blanc, au bout rouge, est l’effroi des cocus et l’amour des putains, vous daignez vous servir de votre aimable plume pour dire à la...

Épître 75 - Voltaire

Je goûtais dans ma nuit profonde les froides douceurs du repos, et m’occupais peu des héros qui troublent le repos du monde ; mais dans nos champs élysiens je vois une troupe en colère de fiers bretons, d’autrichiens, qui vous maudit et vous révère ; je vois des...

Épître 97 - Voltaire

Croyez qu’un vieillard cacochyme, chargé de soixante et douze ans, doit mettre, s’il a quelque sens, son âme et son corps au régime. Dieu fit la douce illusion pour les heureux fous du bel âge ; pour les vieux fous l’ambition, et la retraite pour le sage. Vous me...

Épître 10 - Voltaire

De cet agréable rivage où ces jours passés on vous vit faire, hélas ! Un trop court voyage, je vous envoie un manuscrit qui d’un écrivain bel esprit n’est point assurément l’ouvrage, mais qui vous plaira davantage que le livre le mieux écrit : c’est la recette d’un...

Épître 123 - Voltaire

Adieu, mon cher Tibulle, autrefois si volage, mais toujours chéri d’Apollon, au parnasse fêté comme aux bords du Lignon, et dont l’amour a fait un sage. Des champs élysiens, adieu, pompeux rivage, de palais, de jardins, de prodiges bordé, qu’ont encore embelli, pour...

Épître 34 - Voltaire

Tressan, l’un des grands favoris du dieu qui fait qu’on est aimable, du fond des jardins de Cypris, sans peine, et par la main des ris, vous cueillez ce laurier durable qu’à peine un auteur misérable, a son dur travail attaché, sur le haut du Pinde perché, arrache en...

Épître 53 - Voltaire

Quoi ! Celle qui n’a dû connaître que les grâces, ses tendres sœurs, de qui les mains cueillent des fleurs, et de qui les pas les font naître, en philosophe ose paraître dans les profondeurs des détours où l’on voit les épines croître ; et la maîtresse des amours a...

Épître 100 - Voltaire

Fille de ces dauphins de qui l’extravagance s’ennuya de régner pour obéir en France ; femme aimable, honnête homme, esprit libre et hardi, qui, n’aimant que le vrai, ne suis que la nature ; qui méprisas toujours le vulgaire engourdi sous l’empire de l’imposture ; qui...

Épître 14 - Voltaire

Ornement de la bergerie et de l’église, et de l’amour, aussitôt que Flore à son tour peindra la campagne fleurie, revoyez la ville chérie où Vénus a fixé sa cour. Est-il pour vous d’autre patrie ? Et serait-il dans l’autre vie un plus beau ciel, un plus beau jour, si...

Épître 35 - Voltaire

Le curé qui vous baptisa du beau surnom de muse et grâce , sur vous un peu prophétisa ; il prévit que sur votre trace croîtrait le laurier du Parnasse dont La Suze se couronna, et le myrte qu’elle porta, quand, d’amour suivant la déesse, ses tendres feux elle mêla aux...

Épître 55 - Voltaire

Un peu philosophe et bergère, dans le sein d’un riant séjour, loin des riens brillants de la cour, des intrigues du ministère, des inconstances de l’amour, des absurdités du vulgaire toujours sot et toujours trompé, et de la troupe mercenaire par qui ce vulgaire est...

Épître 101 - Voltaire

Des contraires bel assemblage, vous qui, sous l’air d’un papillon, cachez les sentiments d’un sage, revolez de mon ermitage à votre brillant tourbillon ; allez chercher l’illusion, compagne heureuse du bel âge ; que votre imagination, toujours forte, toujours légère,...

Épître 18 - Voltaire

Toi que la France admire autant que l’Angleterre, qui de l’Europe en feu balances les destins ; toi qui chéris la paix dans le sein de la guerre, et qui n’es armé du tonnerre que pour le bonheur des humains ; grand roi, des rives de la Seine j’ose te présenter ces...

Épître 37 - Voltaire

ô très-singulière Martel, j’ai pour vous estime profonde : c’est dans votre petit hôtel, c’est sur vos soupers que je fonde mon plaisir, le seul bien réel qu’un honnête homme ait en ce monde. Il est vrai qu’un peu je vous gronde ; mais, malgré cette liberté, mon cœur...

Épître 56 - Voltaire

Apprenti fermier général, très-savant maître en l’art de plaire, chez Plutus, ce gros dieu brutal, vous portâtes mine étrangère ; mais chez les amours et leur mère, chez Minerve, chez Apollon, lorsque vous vîntes à paraître, on vous prit d’abord pour le maître ou pour...

Épître 107 - Voltaire

Cher Phidias, votre statue me fait mille fois trop d’honneur ; mais quand votre main s’évertue à sculpter votre serviteur, vous agacez l’esprit railleur de certain peuple rimailleur, qui depuis si longtemps me hue. L’ami Fréron, ce barbouilleur d’écrits qu’on jette...

Épître 19 - Voltaire

Divinité que le ciel fit pour plaire, vous qu’il orna des charmes les plus doux, vous que l’amour prend toujours pour sa mère, quoiqu’il sait bien que Mars est votre époux ; qu’avec regret je me vois loin de vous ! Et quand Sully quittera ce rivage, où je devrais,...

Épître 38 - Voltaire

Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage, reçois mes vers au théâtre applaudis ; protége-les : Zaïre est ton ouvrage ; il est à toi, puisque tu l’embellis. Ce sont tes yeux, ces yeux si pleins de charmes, ta voix touchante, et tes sons enchanteurs, qui du critique ont...

Épître 59 - Voltaire

non, il n’est point ingrat ; c’est moi qui suis injuste ; il fait des vers, il m’aime ; et ce héros auguste, en inspirant l’amour, en répandant l’effroi, caresse encor sa muse, et badine avec moi. Du bouclier de Mars il s’est fait un pupitre ; de sa main triomphante...

Épître 11 - Voltaire

C’est mercredi que je soupai chez vous, et que, sortant des plaisirs de la table, bientôt couchée, un sommeil prompt et doux me fit présent d’un songe délectable. Je rêvai donc qu’au manoir ténébreux j’étais tombée, et que Pluton lui-même me menait voir les héros...

Épître 2 - Voltaire

La Fayette et Segrais, couple sublime et tendre, Le modèle, avant vous, de nos galants écrits, Des champs élysiens, sur les ailes des Ris, Vinrent depuis peu dans Paris : D’où ne viendrait-on pas, Sapho, pour vous entendre ? À vos genoux tous deux humiliés, Tous deux...

Épître 39 - Voltaire

Ainsi donc cent beautés nouvelles vont fixer vos bouillants esprits ; vous renoncez aux étincelles, aux feux follets de mes écrits, pour des lumières immortelles ; et le sublime Maupertuis vient éclipser mes bagatelles. Je n’en suis fâché, ni surpris ; un esprit vrai...

Épître 112 - Voltaire

Gustave, jeune roi, digne de ton grand nom, je n’ai donc pu goûter le plaisir et la gloire de voir dans mes déserts, en mon humble maison, le fils de ce héros que célébra l’histoire ! J’aurais cru ressembler à ce vieux Philémon, qui recevait les dieux dans son pauvre...

Épître 21 - Voltaire

Je me flattais de l’espérance d’aller goûter quelque repos dans votre maison de plaisance ; mais Vinache a ma confiance, et j’ai donné la préférence sur le plus grand de nos héros au plus grand charlatan de France. Ce discours vous déplaira fort ; et je confesse que...

Épître 4 - Voltaire

Montbrun, par l’amour adoptée, digne du cœur d’un demi-dieu, et, pour dire encor plus, digne d’être chantée ou par Ferrand, ou par Chaulieu ; Minerve et l’enfant de Cythère vous ornent à l’envi d’un charme séducteur ; je vois briller en vous l’esprit de votre mère et...

A Mademoiselle de Guise - Voltaire

Vous possédez fort inutilementEsprit, beauté, grâce, vertu, franchise ;Qu'y manque-t-il ? quelqu'un qui vous le diseEt quelque ami dont on en dise autant.   Voltaire Découvrez les autres plus beaux poèmes et textes de Voltaire.

Épître 113 - Voltaire

De Barmécide épouse généreuse, toujours aimable, et toujours vertueuse, quand vous sortez des rêves de Bagdat, quand vous quittez leur faux et triste éclat, et que, tranquille aux champs de la Syrie, vous retrouvez votre belle patrie ; quand tous les cœurs en ces...

Épître 22 - Voltaire

Quand du sommet des Pyrénées, s’élançant au milieu des airs, la renommée à l’univers annonça ces deux hyménées par qui la discorde est aux fers, et qui changent les destinées, l’âme de Richelieu descendit à sa voix du haut de l’empyrée au sein de sa patrie. Ce...

Épître 40 - Voltaire

Que toujours de ses douces lois le dieu des vers vous endoctrine ; qu’à vos chants il joigne sa voix, tandis que de sa main divine il accordera sous vos doigts la lyre agréable et badine dont vous vous servez quelquefois ! Que l’amour, encor plus facile, préside à vos...

A Mme du Châtelet - Voltaire

L'un des plus beaux poèmes de Voltaire, À Mme du Châtelet, est un texte d'amour qu'il a écrit pour Émilie du Châtelet. Ils se rencontrent en 1733 et elle fût pendant quinze ans sa maitresse et sa muse. Ce poème est composé de neuf quatrains en octosyllabes avec des...

Épître 115 - Voltaire

Jeune et digne héritier du grand nom de Gustave, sauveur d’un peuple libre, et roi d’un peuple brave, tu viens d’exécuter tout ce qu’on a prévu : Gustave a triomphé sitôt qu’il a paru. On t’admire aujourd’hui, cher prince, autant qu’on t’aime. Tu viens de ressaisir...

Épître 23 - Voltaire

Conservez précieusement l’imagination fleurie et la bonne plaisanterie dont vous possédez l’agrément, au défaut du tempérament dont vous vous vantez hardiment, et que tout le monde vous nie. La dame qui depuis longtemps connaît à fond votre personne a dit : « hélas !...

Épître 42 - Voltaire

Un prêtre, un oui , trois mots latins, à jamais fixent vos destins ; et le célébrant d’un village, dans la chapelle de Montjeu, très-chrétiennement vous engage à coucher avec Richelieu, avec Richelieu, ce volage, qui va jurer par ce saint nœud d’être toujours fidèle...

A Mme Lullin - Voltaire

Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-vingts hivers, Ma Muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle console la nature, Mais elle sèche en peu de temps. Un oiseau peut se...

Épître 116 - Voltaire

Mon très-aimable successeur, de la France historiographe, votre indigne prédécesseur attend de vous son épitaphe. Au bout de quatre-vingts hivers, dans mon obscurité profonde, enseveli dans mes déserts, je me tiens déjà mort au monde. Mais sur le point d’être jeté au...