Qu'on me donne une bouteille - François Maynard

Ça, qu'on me donne une bouteillePleine de ce vin qui réveilleLes esprits les plus languissants !Le nectar lui quitte sa gloireEt les dieux pour en venir boireSe travestissent en passants Je demande sur toutes chosesGarçon, que les portes soient closesÀ qui voudra...

Ode à Alcippe - François Maynard

Alcippe, reviens dans nos bois. Tu n'as que trop suivi les rois, Et l'infidèle espoir dont tu fais ton idole. Quelque bonheur qui seconde tes vœux, Ils n'arrêteront pas le temps qui toujours vole Et qui d'un triste blanc va peindre tes cheveux. La Cour méprise ton...

Les Plus Beaux Poèmes de François Maynard

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de François Maynard, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences...

Je donne à mon desert les restes de ma vie - François Maynard

Je donne à mon desert les restes de ma vie, Pour ne dépendre plus que du Ciel et de moy. Le temps et la raison m'ont fait perdre l'envie D'encenser la faveur, et de suivre le Roy. Faret, je suis ravy des bois où je demeure. J'y trouve la santé de l'esprit et du corps....

Je suis dans le penchant de mon âge de glace - François Maynard

Je suis dans le penchant de mon âge de glace. Mon âme se destache et va laisser mon corps ; En cette extremité que faut-il que je face, Pour entrer sans frayeur dans la terre des morts ? J'ay flatté les puissans, j'ay plastré leurs malices, J'ay fait de mes pechez mes...

Je touche de mon pied le bord de l'autre monde - François Maynard

Je touche de mon pied le bord de l'autre monde, L'âge m'oste le goust, la force et le sommeil ; Et l'on verra bien-tost naistre du sein de l'Onde La premiere clarté de mon dernier Soleil. Muses, je m'en vay dire au fantosme d'Auguste Que sa rare bonté n'a plus...

La Belle Vieille - François Maynard

Cloris, que dans mon cœur j'ai si longtemps servie Et que ma passion montre à tout l'univers, Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie, Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ? N'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire. Ton visage est-il fait pour...

La plus-part de mes Partisans - François Maynard

La plus-part de mes Partisans Disent que ma paresse est grande, Et que je laisse en mes vieux ans Seicher les fleurs de ma guirlande. Je me tais et voudrois changer Le nom que Parnasse me donne Avecque celui d'un Berger Qui ne fut connu de personne. Ceux qui jugent...

Mon âme, il faut partir - François Maynard

Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée, Mon dernier jour est dessus l'horizon. Tu crains ta liberté. Quoi ! n'es-tu pas lassée D'avoir souffert soixante ans de prison ? Tes désordres sont grands ; tes vertus sont petites ; Parmi tes maux on trouve peu de bien...

Plainte sur la mort d'une chate - François Maynard

C'est grand dommage que ma Chate Aille au païs des Trépassez : Pour se garentir de sa pate, Jamais Rat ne courut assez. Elle fut Matrone Romaine, Et fille de nobles Ayeux. Mon Laquay la prit sans mitaine Près du Temple de tous les Dieux. J'auray toujours dans la...

Quand doi-je quitter les rochers - François Maynard

Quand doi-je quitter les rochers Du petit Desert qui me cache, Pour aller revoir les clochers De Saint Pol, et de Saint Eustache ? Paris est sans comparaison ; Il n'est plaisir dont il n'abonde ; Chacun y trouve sa maison. C'est le païs de tout le monde. Apollon,...

Que j'aime ces forêts ! - François Maynard

Que j'aime ces forêts ! que j'y vis doucement ! Qu'en un siècle troublé j'y dors en assurance ! Qu'au déclin de mes ans j'y rêve heureusement ! Et que j'y fais des vers qui plairont à la France ! Depuis que le village est toutes mes amours, Je remplis mon papier de...

Ton Mary paroist plus vieux - François Maynard

Ton Mary paroist plus vieux Que les murailles de Rome ; Et tu dis qu'il te sert mieux Que ne feroit un jeune homme. Lisette, je n'en croy rien. Seme ailleurs tes artifices : Tu mens pour m'oster le bien Que tu dois à mes services. L'Avant-couriere du jour Dit que...

Adieu Paris, adieu pour la derniere fois - François Maynard

Adieu Paris, adieu pour la derniere fois ! Je suis las d'encenser l'autel de la fortune Et brusle de revoir mes rochers et mes bois OÙ tout me satisfait, où rien ne m'importune. Je ny suis point touché de l'amour des thresors ; Je n'y demande pas d'augmenter mon...

Un nouveau riche - François Maynard

Pierre qui, durant sa jeunesse, Fut un renommé savetier, Est superbe de sa richesse Et honteux de son vieux métier. Ce fortuné marchand de bottes Possède un parc, près de chez moi, Dont les fontaines et les grottes Sont dignes des maisons du roi. Je suis confus...

Cache ton corps soubs un habit funeste - François Maynard

Cache ton corps soubs un habit funeste ; Ton lict, Margot, a perdu ses chalans, Et tu n'es plus qu'un miserable reste Du premier siecle, et des premiers Galans. Il est certain que tu vins sur la terre Avant que Rome eût détroné ses Rois Et que tes yeux virent naistre...

Déserts où j'ai vécu dans un calme si doux - François Maynard

Déserts où j'ai vécu dans un calme si doux, Pins qui d'un si beau vert couvrez mon ermitage, La cour depuis un an me sépare de vous, Mais elle ne saurait m'arrêter davantage. La vertu la plus nette y fait des ennemis ; Les palais y sont pleins d'orgueil et d'ignorance...

Epigramme - François Maynard

Ce que ta plume produit Est couvert de trop de voiles. Ton discours est une nuit Veufve de lune et d'estoilles. Mon ami, chasse bien loin Cette noire rhetorique : Tes ouvrages ont besoin D'un devin qui les explique. Si ton esprit veut cacher Les belles choses qu'il...

Il est vray. Je le sçay. Mes Vers sont mesprisez - François Maynard

Il est vray. Je le sçay. Mes Vers sont mesprisez. Leur cadence a choqué les Galans et les Belles, Graces à la bonté des Orateurs frisez, Dont le faux sentiment regne dans les Ruelles. Ils s'efforcent en vain de ravaler mon prix ; Et malgré leur malice, aussi foible...

Il n'est homme en l'Univers - François Maynard

Il n'est homme en l'Univers Qui ne me couvre de blâme, S'il estime que mes Vers Soyent l'image de mon Ame. Ils appellent le blanc, blanc. Leur langage net et franc Fait la figue à la contrainte. Je l'advoüe. Il est certain, Ma plume est une putain, Mais ma vie est une...