Pour la fête de Madame de. . . - François-René de Chateaubriand

De tes amis vois la troupe fidèle Pour te fêter s'unir à tes enfants : Tu nous parais toujours fraîche et nouvelle Comme la fleur qu'ils t'offrent tous les ans. Par la vertu quand la grâce est produite, Son charme au temps ne peut être soumis ; Des jours pour toi nous...

Pour le mariage de mon neveu - François-René de Chateaubriand

L'autel est prêt ; la foule l'environne : Belle Zélie, il réclame ta foi. Viens, de ton front est la blanche couronne Moins virginale et moins pure que toi. J'ai quelquefois peint la grâce ingénue Et la pudeur sous ses voiles nouveau : Ah ! si mes yeux plus tôt...

Ballade de l’Abencerage - François-René de Chateaubriand

Le roi don Juan Un jour chevauchant Vit sur la montagne Grenade d’Espagne ; Il lui dit soudain : Cité mignonne, Mon cœur te donne Avec ma main. Je t’épouserai, Puis apporterai En dons à ta ville Cordoue et Séville. Superbes atours Et perles fines Je te destine Pour...

Charlottembourg - François-René de Chateaubriand

ou le tombeau de la reine de Prusse Le gardien. Un jour il deviendra le terme de tes courses : O voyageur ! c’est un tombeau. Le voyageur. Qui repose en ces lieux ? Le gardien. Un objet plein de charmes. Le voyageur. Qu’on aima ? Le gardien. Qui fut adoré. Le...

L’esclave - François-René de Chateaubriand

Le vigilant derviche à la prière appelle Du haut des minarets teints des feux du couchant. Voici l’heure au lion qui poursuit la gazelle ; Une rose au jardin moi je m’en vais cherchant. Musulmane aux longs yeux, d’un maître que je brave Fille délicieuse, amante des...

Le Cid - François-René de Chateaubriand

Romance. Air des Folies d’Espagne. Prêt à partir pour la rive africaine, Le Cid armé, tout brillant de valeur, Sur la guitare, aux pieds de sa Chimène, Chantait ces vers que lui dictait l’honneur : Chimène a dit : Va combattre le Maure ; De ce combat surtout reviens...

Les Alpes ou l’Italie - François-René de Chateaubriand

Donc reconnaissez-vous au fond de vos abîmes Ce voyageur pensif, Au cœur triste, aux cheveux blanchis comme vos cimes, Au pas lent et tardif ? Jadis de ce vieux bois, où fait une eau limpide, Je sondais l’épaisseur Hardi comme un aiglon, comme un chevreuil rapide, Et...

Les malheurs de la révolution - François-René de Chateaubriand

Sors des demeures souterraines, Néron, des humains le fléau ! Que le triste bruit de nos chaînes Te réveille au fond du tombeau. Tout est plein de trouble et d’alarmes : Notre sang coule avec nos larmes ; Ramper est la première loi : Nous traînons d’ignobles entraves...

Les Tombeaux champêtres - François-René de Chateaubriand

Dans les airs frémissants j’entends le long murmure De la cloche du soir qui tinte avec lenteur ; Les troupeaux en bêlant errent sur la verdure ; Le berger se retire et livre la nature A la nuit solitaire, à mon penser rêveur Dans l’orient d’azur l’astre des nuits...

L’Amour de la campagne - François-René de Chateaubriand

Que de ces prés l’émail plaît à mon cœur ! Que de ces bois l’ombrage m’intéresse ! Quand je quittai cette onde enchanteresse, L’hiver régnoit dans toute sa fureur. Et cependant mes yeux demandoient ce rivage ; Et cependant d’ennuis, de chagrins dévoré. Au milieu des...

Milton et Davenant - François-René de Chateaubriand

Londres, 1797. Charles avait péri : des bourreaux-commissaires, Des lois qu’on appelait révolutionnaires, L’exil et l’échafaud, la confiscation. C’était la France enfin sous la Convention. Dans les nombreux suivants de l’étendard du crime L’Angleterre voyait un homme...

Nuit d’automne - François-René de Chateaubriand

Mais des nuits d’automne Goûtons les douceurs ; Qu’aux aimables fleurs Succède Pomone. Le pâle couchant Brille encore à peine ; De Vénus, qu’il mène. L’astre va penchant ; La lune, emportée Vers d’autres climats, Ne montrera pas Sa face argentée. De ces peupliers, Au...

Peinture de Dieu - François-René de Chateaubriand

Savez-vous, ô pécheur ! quel est ce Dieu jaloux Quand l’œuvre de l’impie allume son courroux ? Sur un char foudroyant il roule dans l’espace ; La Mort et le Démon volent devant sa face ; Les trois cieux, dont il fait trembler l’immensité, S’abaissent sous les pas de...

Vers écrits sur un souvenir - François-René de Chateaubriand

donné par la marquise de Grollier à M. le baron de Humbolt Vous qui vivrez toujours, comment pourrez-vous croire Qu’on vous offre des fleurs si promptes à mourir ? " Présentez, direz-vous, ces filles du Zéphyr A la beauté, mais non pas à la gloire. " Des dons de...

À Lydie - François-René de Chateaubriand

Lydie, es-tu sincère ? Excuse mes alarmes : Tu t'embellis en accroissant mes feux ; Et le même moment qui t'apporte des charmes Ride mon front et blanchit mes cheveux. Au matin de tes ans, de la foule chérie, Tout est pour toi joie, espérance, amour ; Et moi, vieux...

Clarisse - François-René de Chateaubriand

Imitation d'un poète écossais. Oui, je me plais, Clarisse, à la saison tardive, Image de cet âge où le temps m'a conduit ; Du vent à tes foyers j'aime la voix plaintive Durant la longue nuit. Philomèle a cherché des climats plus propices ; Progné fuit à son tour :...

Invocation - François-René de Chateaubriand

Je voudrais célébrer dans des vers ingénus Les plantes, leurs amours, leurs penchants inconnus, L'humble mousse attachée aux voûtes des fontaines, L'herbe qui d'un tapis couvre les vertes plaines, Sur ces monts exaltés le cèdre précieux Qui parfume les airs, et...

La forêt - François-René de Chateaubriand

Forêt silencieuse, aimable solitude, Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré ! Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude ! Prestiges de mon cœur ! je crois voir s'exhaler Des arbres, des gazons une douce tristesse : Cette...

La mer - François-René de Chateaubriand

Des vastes mers tableau philosophique, Tu plais au cœur de chagrins agité : Quand de ton sein par les vents tourmenté, Quand des écueils et des grèves antiques Sortent des bruits, des voix mélancoliques, L'âme attendrie en ses rêves se perd, Et, s'égarant de penser en...