Les Plus Beaux Poèmes d'Amour de Gérard de Nerval

Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour de Gérard de Nerval. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs...

Érythréa - Gérard de Nerval

Colonne de Saphir, d'arabesques brodée - Reparais ! - Les Ramiers pleurent cherchant leur nid : Et, de ton pied d'azur à ton front de granit Se déroule à longs plis la pourpre de Judée ! Si tu vois Bénarès sur son fleuve accoudée Prends ton arc et revifts ton corset...

Les écrivains - Gérard de Nerval

Où fuir ? Où me cacher ? Quel déluge d'écrits, En ce siècle falot vient infecter Paris, En vain j'ai reculé devant le Solitaire, Ô Dieu du mauvais goût ! Faut-il donc pour te plaire Entasser des grands mots toujours vides de sens, Chanter l'homme des nuits, ou...

Prologue des Élégies nationales - Gérard de Nerval

Je ne suis plus enfant : trop lents pour mon envie, Déjà dix-sept printemps ont passé dans ma vie : Je possède une lyre, et cependant mes mains N'en tirent dès longtemps que des sons incertains. Oh ! quand viendra le jour où, libre de sa chaîne, Mon cœur ne verra plus...

Les Plus Beaux Poèmes de Gérard de Nerval 

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de Gérard de Nerval, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences...

La gloire - Gérard de Nerval

Le temps, comme un torrent, roule sur les cités ; Rien n'échappe à l'effort de ses flots irrités : En vain quelques vieillards, sur le bord du rivage, Derniers et seuls débris qui restent d'un autre âge, Roidissant contre lui leur effort impuissant, S'attachent, comme...

La Russie - Gérard de Nerval

I. Arrête, esprit sublime ! arrête ! Du sort crains de braver les lois ! Dieu qui commande à la tempête L'agite sur le front des rois ; Son bras pourra réduire en poudre Ton laurier qu'on croit immortel,... Et tu t'approches de la foudre, En t'élançant aux champs du...

La victoire - Gérard de Nerval

I. Au sein des vastes mers, un aride rivage, Contre qui vient mugir la colère des flots, Se hérisse de rocs, effroi des matelots,... Du Corse belliqueux c'est le réduit sauvage : Là naguère le Sort, allumant un flambeau, Du bord presque ignoré consacra la mémoire ;...

Le Christ aux Oliviers - Gérard de Nerval

Dieu est mort ! le ciel est vide... Pleurez ! enfants, vous n'avez plus de père ! Jean Paul . I. Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras, Sous les arbres sacrés, comme font les poètes, Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes, Et se jugea trahi par...

L'Ile d'Elbe - Gérard de Nerval

Non loin des rivages de France, Il est une île au sein des mers : C'est là que veille l'espérance Et le fléau de l'univers ; Et c'est là, qu'abusant du droit de la victoire, On jeta le héros poudreux et renversé, Pour l'y laisser vieillir comme un glaive émoussé, Qui...

Sainte-Hélène - Gérard de Nerval

Au milieu de la mer qui sépare deux mondes, Un rocher presque nu s'élève sur les ondes, Et son sinistre aspect remplit l'âme de deuil : C'est là que tant de gloire est par la mort frappée ; Et l'on y voit un nom, une croix, une épée,... Tous trois jetés sur un...

Sonnet - Gérard de Nerval

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre. Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait. C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à son dernier...

Talma - Gérard de Nerval

Oh ! De quelle splendeur brillaient nos jours passés, Quand un autre soleil échauffait la patrie ; Quand nos jeunes lauriers, vers le ciel élancés, Agitaient noblement leur tige refleurie ! Ces grands jours, déjà loin, ne vont plus s'éveiller : Notre avenir se...

Épître à M. de Villèle - Gérard de Nerval

Ministre financier, que la France révère, Que les heureux aînés ont appelé leur père, Et qui, sachant que l'or pourrait nous pervertir, Cherche de tous côtés des gens à convertir ; Permets qu'émerveillé de tes talents sublimes, Un enfant d'Apollon t'adresse quelques...

Fontainebleau - Gérard de Nerval

I. Ô mes concitoyens, que notre histoire est belle ! De quels récits brillants elle enivre nos cœurs ! Que de fois elle y va, par ses accents vainqueurs, D'un courage endormi réveiller l'étincelle ! Dans ses feuillets brûlants si l'œil erre parfois, Un charme...

Horus - Gérard de Nerval

Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers : Isis, la mère, alors se leva sur sa couche, Fit un geste de haine à son époux farouche, Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts. « Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers, Tous les frimas du monde...

À Madame Ida Dumas - Gérard de Nerval

J'étais assis chantant aux pieds de Michaël ; Mithra sur notre tête avait fermé sa tente ; Le Roi des rois dormait dans sa couche éclatante, Et tous deux en rêvant nous pleurions Israël Quand Tippoo se leva dans la nuée ardente... Trois voix avaient crié vengeance au...

De Ramsgate à Anvers - Gérard de Nerval

À cette côte anglaise J’ai donc fait mes adieux, Et sa blanche falaise S’efface au bord des cieux ! Que la mer me sourit ! Plaise aux dieux que je sois Bientôt dans ta patrie, Ô grand maître anversois ! Rubens ! à toi je songe, Seul peut-être et pensif Sur cette mer...

Le relais - Gérard de Nerval

En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’œil fatigué de voir et le corps engourdi. Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un...

Politique - Gérard de Nerval

Dans Sainte-Pélagie, Sous ce règne élargie, Où, rêveur et pensif , Je vis captif, Pas une herbe ne pousse Et pas un brin de mousse Le long des murs grillés Et frais taillés ! Oiseau qui fends l'espace... Et toi, brise, qui passe Sur l'étroit horizon De la prison, Dans...

A Madame Sand - Gérard de Nerval

"Ce roc voûté par art, chef-d'œuvre d'un autre âge, Ce roc de Tarascon hébergeait autrefois Les géants descendus des montagnes de Foix, Dont tant d'os excessifs rendent sûr témoignage." O seigneur Du Bartas ! Je suis de ton lignage, Moi qui soude mon vers à ton vers...

Delfica - Gérard de Nerval

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs, Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants Cette chanson d'amour qui toujours recommence ? ... Reconnais-tu le TEMPLE au péristyle immense, Et les citrons amers où...

Le réveil en voiture - Gérard de Nerval

Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route Fuyaient mêlés, ainsi qu'une armée en déroute, Et sous moi, comme ému par les vents soulevés, Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés ! Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes Leurs hameaux aux maisons de...

Prière de Socrate - Gérard de Nerval

O toi dont le pouvoir remplit l'immensité, Suprême ordonnateur de ces célestes sphères Dont j'ai voulu jadis, en ma témérité, Calculer les rapports et sonder les mystères ; Esprit consolateur, reçois du haut du ciel L'unique et pur hommage D'un des admirateurs de ton...

El Desdichado - Gérard de Nerval

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l'Inconsolé,Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constelléPorte le Soleil noir de la Mélancolie. Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,La...

Le roi de Thulé - Gérard de Nerval

Il était un roi de Thulé A qui son amante fidèle Légua, comme souvenir d'elle, Une coupe d'or ciselé. C'était un trésor plein de charmes Où son amour se conservait : A chaque fois qu'il y buvait Ses yeux se remplissaient de larmes. Voyant ses derniers jours venir, Il...

Résignation - Gérard de Nerval

Quand les feux du soleil inondent la nature, Quand tout brille à mes yeux et de vie et d'amour, Si je vois une fleur qui s'ouvre, fraîche et pure, Aux rayons d'un beau jour ; Si des troupeaux joyeux bondissent dans la plaine, Si l'oiseau chante au bois où je vais...

Antéros - Gérard de Nerval

Tu demandes pourquoi j'ai tant de rage au cœurEt sur un col flexible une tête indomptée ;C'est que je suis issu de la race d'Antée,Je retourne les dards contre le dieu vainqueur. Oui, je suis de ceux-là qu'inspire le Vengeur,Il m'a marqué le front de sa lèvre...

Épitaphe - Gérard de Nerval

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre. Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait. C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à son dernier...

Le Temps - Gérard de Nerval

I Le Temps ne surprend pas le sage ; Mais du Temps le sage se rit, Car lui seul en connaît l'usage ; Des plaisirs que Dieu nous offrit, Il sait embellir l'existence ; Il sait sourire à l'espérance, Quand l'espérance lui sourit. II Le bonheur n'est pas dans la gloire,...

Romance - Gérard de Nerval

Ah ! sous une feinte allégresse Ne nous cache pas ta douleur ! Tu plais autant par ta tristesse Que par ton sourire enchanteur À travers la vapeur légère L’Aurore ainsi charme les yeux ; Et, belle en sa pâle lumière, La nuit, Phœbé charme les cieux. Qui te voit,...

Artémis - Gérard de Nerval

La Treizième revient... C'est encor la première ; Et c'est toujours la Seule, - ou c'est le seul moment : Car es-tu Reine, ô Toi ! la première ou dernière ? Es-tu Roi, toi le seul ou le dernier amant ? ... Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ; Celle que...

Espagne - Gérard de Nerval

Mon doux pays des Espagnes Qui voudrait fuir ton beau ciel, Tes cités et tes montagnes, Et ton printemps éternel ? Ton air pur qui nous enivre, Tes jours, moins beaux que tes nuits, Tes champs, où Dieu voudrait vivre S'il quittait son paradis. Autrefois ta souveraine,...

Les Cydalises - Gérard de Nerval

Où sont nos amoureuses ? Elles sont au tombeau. Elles sont plus heureuses, Dans un séjour plus beau ! Elles sont près des anges, Dans le fond du ciel bleu, Et chantent les louanges De la mère de Dieu ! Ô blanche fiancée ! Ô jeune vierge en fleur ! Amante délaissée,...

Stances élégiaques - Gérard de Nerval

Ce ruisseau, dont l'onde tremblante Réfléchit la clarté des cieux, Paraît dans sa course brillante Étinceler de mille feux ; Tandis qu'au fond du lit paisible, Où, par une pente insensible, Lentement s'écoulent ses flots, Il entraîne une fange impure Qui d'amertume et...

Avril - Gérard de Nerval

Déjà les beaux jours, - la poussière, Un ciel d'azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; - Et rien de vert : - à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs ! Ce beau temps me pèse et m'ennuie. - Ce n'est qu'après des...

Fantaisie - Gérard de Nerval

Fantaisie est un poème (quatre quatrains en décasyllabes) célèbre de Gérard de Nerval issu du recueil Odelettes. Le titre fait référence à la fois à la puissance de l'imaginaire mais aussi à une forme musicale libre. La musique nourrit l'imaginaire du poète et le...

Les doctrinaires - Gérard de Nerval

A Victor Hugo I Oh ! le Vingt-sept juillet, quand les couleurs chéries, Joyeuses, voltigeaient sur les toits endormis, Après que dans le Louvre et dans les Tuileries On eut traqué les ennemis ! Le plus fort était fait... que cette nuit fut belle ! Près du...

Sur le pays des chimères - Gérard de Nerval

Sur le pays des chimères Notre vol s'est arrêté : Conduis-nous en sûreté Pour traverser ces bruyères, Ces rocs, ce champ dévasté. Vois ces arbres qui se pressent Se froisser rapidement ; Vois ces roches qui s'abaissent Trembler dans leur fondement. Partout le vent...

Caligula - Ier chant - Gérard de Nerval

L'hiver s'enfuit ; le printemps embaumé Revient suivi des Amours et de Flore ; Aime demain qui n'a jamais aimé, Qui fut amant, demain le soit encore ! Hiver était le seul maître des temps, Lorsque Vénus sortit du sein de l'onde ; Son premier souffle enfanta le...

Gaieté - Gérard de Nerval

Petit piqueton de Mareuil, Plus clairet qu'un vin d'Argenteuil, Que ta saveur est souveraine ! Les Romains ne t'ont pas compris Lorsqu'habitant l'ancien Paris Ils te préféraient le Surène. Ta liqueur rose, ô joli vin ! Semble faite du sang divin De quelque nymphe...

Les papillons - Gérard de Nerval

I De toutes les belles choses Qui nous manquent en hiver, Qu'aimez-vous mieux ? - Moi, les roses ; - Moi, l'aspect d'un beau pré vert ; - Moi, la moisson blondissante, Chevelure des sillons ; - Moi, le rossignol qui chante ; - Et moi, les beaux papillons ! Le...

Une allée du Luxembourg - Gérard de Nerval

Une Allée du Luxembourg (1832) est un des poèmes les plus beaux et célèbres de Gérard de Nerval. Ce poème paru dans le recueil Odelettes décrit les émotions du poète lors du passage d'une jeune fille dans le jardin du Luxembourg. Il se compose de trois quatrains...

Caligula - IIème chant - Gérard de Nerval

De roses vermeilles Nos champs sont fleuris, Et le bras des treilles Tend à nos corbeilles Ses raisins mûris. Puisque chaque année Jetant aux hivers Sa robe fanée, Renaît couronnée De feuillages verts, Puisque toute chose S'offre à notre main Pour qu'elle en dispose,...

L'enfance - Gérard de Nerval

Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin, je coulai ma douce existence, Sans songer au lendemain. Que me servait que tant de connaissances A mon esprit vinssent donner l'essor, On n'a pas besoin des sciences, Lorsque l'on...

Mélodie - Gérard de Nerval

Quand le plaisir brille en tes yeux Pleins de douceur et d'espérance, Quand le charme de l'existence Embellit tes traits gracieux, − Bien souvent alors je soupire En songeant que l'amer chagrin, Aujourd'hui loin de toi, peut t'atteindre demain, Et de ta bouche aimable...

Une amoureuse flamme - Gérard de Nerval

Une amoureuse flamme Consume mes beaux jours ; Ah ! la paix de mon âme A donc fui pour toujours ! Son départ, son absence Sont pour moi le cercueil ; Et loin de sa présence Tout me paraît en deuil. Alors, ma pauvre tête Se dérange bientôt ; Mon faible esprit s'arrête,...

Caligula - IIIème chant - Gérard de Nerval

César a fermé la paupière ; Au jour doit succéder la nuit ; Que s'éteigne toute lumière, Que s'évanouisse tout bruit. A travers ces arcades sombres, Enfants aux folles passions, Disparaissez comme des ombres, Fuyez comme des visions. Allez, que le caprice emporte...

La cousine - Gérard de Nerval

L'hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,Avec une cousine on sort se promener…– Et ne vous faites pas attendre pour dîner, Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,Vu sous les arbres noirs les toilettes...

Mélodie irlandaise - Gérard de Nerval

Le soleil du matin commençait sa carrière, Je vis près du rivage une barque légère Se bercer mollement sur les flots argentés. Je revins quand la nuit descendait sur la rive : La nacelle était là, mais l'onde fugitive Ne baignait plus ses flancs dans le sable arrêtés....

Une femme est l'amour - Gérard de Nerval

Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance ; Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé, Elle élève le cœur et calme la souffrance, Comme un esprit des cieux sur la terre exilé. Courbé par le travail ou par la destinée, L'homme à sa voix s'élève et son front...

Chanson de Han d'Islande - Gérard de Nerval

Lorsque dans nos vertes campagnes La nuit Descend du sommet des montagnes Sans bruit... Malheur à toi qui dans nos plaines Poursuis un voyage imprudent... Entends-tu des forêts lointaines Sortir un long rugissement ?... C'est Han ! C'est Han ! C'est Han d'Islande......

La grand'mère - Gérard de Nerval

Voici trois ans qu'est morte ma grand'mère, La bonne femme, - et, quand on l'enterra, Parents, amis, tout le monde pleura D'une douleur bien vraie et bien amère. Moi seul j'errais dans la maison, surpris Plus que chagrin ; et, comme j'étais proche De son cercueil, -...

Myrtho - Gérard de Nerval

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse, Au Pausilippe altier, de mille feux brillant, À ton front inondé des clartés de l'Orient, Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse. C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse, Et dans l'éclair furtif de ton...

Vers dorés - Gérard de Nerval

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant Dans ce monde où la vie éclate en toute chose : Des forces que tu tiens ta liberté dispose, Mais de tous tes conseils l'univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant : ... Chaque fleur est une âme à la...

A Béranger - Gérard de Nerval

Ode Des chants, voilà toute sa vie ! Ainsi qu'un brouillard vaporeux, Le souffle animé de l'envie Glissa sur son cœur généreux Toujours sa plus chère espérance Rêva le bonheur de la France ; Toujours il respecta les lois... Mais les haines sont implacables, Et sur le...

Chanson gothique - Gérard de Nerval

Belle épousée, J'aime tes pleurs ! C'est la rosée Qui sied aux fleurs. Les belles choses N'ont qu'un printemps, Semons de roses Les pas du Temps ! Soit brune ou blonde Faut-il choisir ? Le Dieu du monde, C'est le Plaisir. Gérard de...

La Sérénade - Gérard de Nerval

— Oh ! quel doux chant m’éveille ? — Près de ton lit je veille, Ma fille ! et n’entends rien... Rendors-toi, c’est chimère ! — J’entends dehors, ma mère, Un chœur aérien !... — Ta fièvre va renaître. — Ces chants de la fenêtre Semblent s’être approchés. — Dors, pauvre...

Madame et souveraine - Gérard de Nerval

« Madame et souveraine, Que mon cœur a de peine... » Ainsi disait un enfant chérubin : « Madame et souveraine, Que mon cœur a de peine... » Cette nuit, je ne sais trop pourquoi, ce refrain A trotté dans ma tête et m'a laissé tout triste... J'ai des torts envers...

À Hélène de Mecklembourg - Gérard de Nerval

Le vieux palais attend la princesse saxonne Qui des derniers Capets veut sauver les enfants ; Charlemagne, attentif à ses pas triomphants, Crie à Napoléon que Charles-Quint pardonne. Mais deux rois à la grille attendent en personne ; Quel est le souvenir qui les tient...

Chant des femmes en Illyrie - Gérard de Nerval

Pays enchanté, C’est la beauté Qui doit te soumettre à ses chaînes. Là-haut sur ces monts Nous triomphons : L’infidèle est maître des plaines. Chez nous, Son amour jaloux Trouverait des inhumaines... Mais, pour nous conquérir, Que fut-il nous offrir ? Un regard, un...

La Tête armée - Gérard de Nerval

Napoléon mourant vit une Tête armée... Il pensait à son fils déjà faible et souffrant : La Tête, c'était donc sa France bien-aimée, Décapitée aux pieds du César expirant. Dieu, qui jugeait cet homme et cette renommée, Appela Jésus-Christ ; mais l'abîme s'ouvrant, Ne...

Ni bonjour ni bonsoir - Gérard de Nerval

Ni bonjour ni bonsoir Le matin n'est plus ! le soir pas encore ! Pourtant de nos yeux l'éclair a pâli. Ni bonjour ni bonsoir Mais le soir vermeil ressemble à l'aurore, Et la nuit plus tard amène l'oubli ! Gérard de...

Rêverie de Charles VI - Gérard de Nerval

On ne sait pas toujours où va porter la hache, Et bien des souverains, maladroits ouvriers, En laissent retomber le coupant sur leurs pieds ! ... Que d'ennuis sur un front la main de Dieu rassemble Et donne pour racine aux fleurons du bandeau ! Pourquoi mit-il encor...

A J.-Y. Colonna - Gérard de Nerval

La connais-tu, Daphné, cette vieille romance Au pied du sycomore... ou sous les mûriers blancs, Sous l'olivier plaintif, ou les saules tremblants, Cette chanson d'amour, qui toujours recommence ? Reconnais-tu le Temple au péristyle immense, Et les citrons amers où...

Chant monténégrin - Gérard de Nerval

C’est l’empereur Napoléon, Un nouveau César, nous dit-on, Qui rassembla ses capitaines : « Allez là-bas Jusqu’à ces montagnes hautaines ; N’hésitez pas ! « Là sont des hommes indomptables, Au cœur de fer, Des rochers noirs et redoutables Comme les abords de l’enfer. »...

Laisse-moi ! - Gérard de Nerval

Non, laisse-moi, je t'en supplie ; En vain, si jeune et si jolie, Tu voudrais ranimer mon cœur : Ne vois-tu pas, à ma tristesse, Que mon front pâle et sans jeunesse Ne doit plus sourire au bonheur ? Quand l'hiver aux froides haleines Des fleurs qui brillent dans nos...

Nobles et valets - Gérard de Nerval

Ces nobles d'autrefois dont parlent les romans, Ces preux à fronts de bœuf, à figures dantesques, Dont les corps charpentés d'ossements gigantesques Semblaient avoir au soi racine et fondements ; S'ils revenaient au monde, et qu'il leur prît l'idée De voir les...

À M. Alexandre Dumas - Gérard de Nerval

En partant de Baden, j’avais d’abord songé Que par monsieur Éloi, que par monsieur Elgé, Je pourrais, attendant des fortunes meilleures, Aller prendre ma place au bateau de six heures ; Ce qui m’avait conduit, plein d’un espoir si beau, De l’hôtel du Soleil à l’hôtel...

A Louise d'Or., reine - Gérard de Nerval

Le vieux père en tremblant ébranlait l'univers. Isis, la mère enfin se leva sur sa couche, Fit un geste de haine à son époux farouche, Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts. "Regardez-le ! dit-elle, il dort, ce vieux pervers, Tous les frimas du monde ont...

Chœur d'amour - Gérard de Nerval

Ici l'on passe Des jours enchantés ! L'ennui s'efface Aux cœurs attristés Comme la trace Des flots agités. Heure frivole Et qu'il faut saisir, Passion folle Qui n'est qu'un désir, Et qui s'envole Après le plaisir ! Gérard de...

Le ballet des heures - Gérard de Nerval

Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ; Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses Et ne les donner qu'à l'amour. Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure, Qu'au néant destructeur le temps...

Notre-Dame de Paris - Gérard de Nerval

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ; Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde, Tordra ses nerfs de fer, et puis d'une dent sourde Rongera...

A Madame Aguado - Gérard de Nerval

Colonne de saphir, d'arabesques brodée, Reparais ! Les ramiers s'envolent de leur nid ; De ton bandeau d'azur à ton pied de granit Se déroule à longs plis la pourpre de Judée. Si tu vois Bénarès, sur son fleuve accoudée, Détache avec ton arc ton corset d'or bruni Car...

Chœur souterrain - Gérard de Nerval

Au fond des ténèbres, Dans ces lieux funèbres, Combattons le sort : Et pour la vengeance, Tous d’intelligence, Préparons la mort. Marchons dans l’ombre ; Un voile sombre Couvre les airs : Quand tout sommeille, Celui qui veille Brise ses fers ! Gérard de...

Le coucher du soleil - Gérard de Nerval

Quand le Soleil du soir parcourt les Tuileries Et jette l'incendie aux vitres du château, Je suis la Grande Allée et ses deux pièces d'eau Tout plongé dans mes rêveries ! Et de là, mes amis, c'est un coup d'œil fort beau De voir, lorsqu'à l'entour la nuit répand son...

Ode sur la Légion d’Honneur - Gérard de Nerval

TOI qui répandis tant de gloire Sur les vivans et sur les morts, Phare éclatant de la victoire, Qui long-temps brûlas sur nos bords, Aux feux de ta vive lumière, L’homme se rendait immortel ! Pourquoi retomber sur la terre Quand ton séjour était le ciel ? II Des héros...

À Madame Henri Heine - Gérard de Nerval

Vous avez des yeux noirs, et vous êtes si belle, Que le poète en vous voit luire l’étincelle Dont s’anime la force et que nous envions : Le génie à son tour embrase toute chose ; Il vous rend sa lumière, et vous êtes la rose Qui s’embellit sous ses rayons. Gérard de...

Dans les bois - Gérard de Nerval

Au printemps l'oiseau naît et chante : N'avez-vous pas ouï sa voix ?... Elle est pure, simple et touchante, La voix de l'oiseau - dans les bois ! L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ; Il aime - et n'aime qu'une fois ! Qu'il est doux, paisible et fidèle, Le nid de...

Le point noir - Gérard de Nerval

Quiconque a regardé le soleil fixementCroit voir devant ses yeux voler obstinémentAutour de lui, dans l’air, une tache livide. Ainsi tout jeune encore et plus audacieux,Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :Un point noir est resté dans mon regard avide....

Pensée de Byron - Gérard de Nerval

Par mon amour et ma constance, J'avais cru fléchir ta rigueur, Et le souffle de l'espérance Avait pénétré dans mon cœur ; Mais le temps, qu'en vain je prolonge, M'a découvert la vérité, L'espérance a fui comme un songe... Et mon amour seul m'est resté ! Il est resté...