Chanson de l'inconstant Hylas - Honoré d’Urfé

Si l'on me dédaigne, je laisse La cruelle avec son dédain, Sans que j'attende au lendemain De faire nouvelle maîtresse ; C'est erreur de se consumer À se faire par force aimer. Le plus souvent ces tant discrètes Qui vont nos amours méprisant Ont au cœur un feu plus...

Sonnet d'Alcippe - Honoré d’Urfé

Sur la constance de son amitié Amarillis toute pleine de grâce Allait ces bords de ces fleurs dépouillant, Mais sous la main qui les allait cueillant, D'autres soudain renaissaient en leur place. Ces beaux cheveux où l'Amour s'entrelasse, Amour allait d'un doux air...

Chanson - Honoré d’Urfé

Dessus les bords d'une fontaine D'humide mousse revêtus, Dont l'onde à maints replis tortus S'allait égarant dans la plaine, Un berger se mirant en l'eau Chantait ces vers au chalumeau : Cessez un jour, cessez, la belle, Avant ma mort d'être cruelle. Se peut-il qu'un...

Villanelle d'Amidor reprochant une légèreté - Honoré d’Urfé

À la fin celui l'aura Qui dernier la servira. De ce cœur cent fois volage, Plus que le vent animé, Qui peut croire d'être aimé Ne doit pas être cru sage Car enfin celui l'aura Qui dernier la servira. A tous vents la girouette, Sur le faîte d'une tour, Elle aussi vers...

Qu'il connaît qu'on feint de l'aimer - Honoré d’Urfé

Sonnet Elle feint de m'aimer, pleine de mignardise, Soupirant après moi, me voyant soupirer, Et par de feintes pleurs témoigne d'endurer L'ardeur que dans mon âme elle connaît éprise. Le plus accort amant, lorsqu'elle se déguise, De ses trompeurs attraits ne se peut...

Comparaison d'une fontaine à son déplaisir - Honoré d’Urfé

Cette source éternelle, Qui ne finit jamais, Mais qui se renouvelle Par des flots plus épais, Ressemble à ces ennuis dont le regret m'oppresse. Car comme elle est sans cesse D'une source féconde au malheur que je sens, Ils s'en vont renaissants. Puis d'une longue...

Je voudrais bien être vent quelquefois - Honoré d’Urfé

Je voudrais bien être vent quelquefois Pour me jouer aux cheveux d’Uranie, Puis être poudre aussitôt je voudrais, Quand elle tombe en sa gorge polie. Soudain encor je me souhaiterais Pouvoir changer en cette toile unie Qui va couvrant ce beau corps que je dois Nommer...