Si j'avois comme vous mignardes colombelles - Jean de Sponde

Si j'avois comme vous mignardes colombelles Des plumages si beaux sur mon corps attacgez, On auroit beau tenir mes esprits empeschez De l'indomptable fer de cent chaines nouvelles : Sur les aisles du vent je guiderois mes aisles J'irois jusqu'au sejour où mes biens...

Qui seroit dans les Cieux, et baisseroit veuë - Jean de Sponde

Qui seroit dans les Cieux, et baisseroit veuë Sur le large pourpris de ce sec element, Il ne croiroit de tout, rien qu'un poinct seulement Un poinct encor caché du voile d'une nue : Mais s'il contemple apres ceste courtine blue, Ce cercle de cristal, ce doré...

Quand je voy les efforts de ce Grand Alexandre - Jean de Sponde

Quand je voy les efforts de ce Grand Alexandre, D'un Cesar dont le sein comblé de passions Embraze tout de feu de ces ambitions, Et n'en laisse apres soy memoire qu'en la cendre. Quand je voy que leur gloire est seulement de rendre, Apres l'orage enflé de tant...

Ne vous estonnez point si mon esprit qui passe - Jean de Sponde

Ne vous estonnez point si mon esprit qui passe De travail en travail par tant de mouvemens, Depuis qu'il est banni dans ces esloignemens, Tout agile qu'il est ne change point de place. Ce que vous en voyez, quelque chose qu'il face, Il s'est planté si bien sur si bons...

Les Toscans batailloyent donnant droit dedans Rome - Jean de Sponde

Les Toscans batailloyent donnant droit dedans Rome Les armes à la main, la fureur sur le front, Quand on veit un Horace avancé sur le pont, Et d'un coup arrester tant d'hommes par un homme. Apres un long combat et brave qu'on renomme Vaincu non de valeur, mais d'un...

Je contemplois un jour le dormant de ce fleuve - Jean de Sponde

Je contemplois un jour le dormant de ce fleuve Qui traine lentement les ondes dans la mer, Sans que les Aquilons le façent escumer Ni bondir, ravageur, sur les bords qu'il abreuve. Et contemplant le cours de ces maux que j'espreuve Ce fleuve dis-je alors ne sçait que...

En vain mille beautez à mes yeux se presentent - Jean de Sponde

En vain mille beautez à mes yeux se presentent, Mes yeux leur sont ouvers et mon courage clos, Une seule beauté s'enflamme dans mes os Et mes os de ce feu seulement se contentent : Les vigueurs de ma vie et du temps qui m'absentent Du bien-heureux sejour où loge mon...

Ce tresor que j'ay pris avecques tant de peine - Jean de Sponde

Ce tresor que j'ay pris avecques tant de peine Je le veux avec peine encore conserver, Tardif a reposer, prompt a me relever, Et tant veiller qu'en fin on ne me le suprenne. Encor que des mes yeux la garde plus certaine Aupres de son sejour ne te puisse trouver, Et...

Vous languissez, mes vers... - Jean de Sponde

Vous languissez, mes vers ; les glaçons de l'absence Éteignant vos fureurs au point de leur naissance, Vous n'entrebattez plus de soupirs votre flanc, Vos artères d'esprits, ni vos veines de sang. En quoi ! la mort vous tient ? et ce front teint en cendre Vous marque...

Les Plus Beaux Poèmes de Jean de Sponde

Voici le meilleur de la poésie de Jean de Sponde. Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre - Jean de Sponde Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtreSe jette aux pieds du Monde, et flatte ses honneurs,Et qui sont ces valets, et qui sont ces...

Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre - Jean de Sponde

Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre Se jette aux pieds du Monde, et flatte ses honneurs, Et qui sont ces valets, et qui sont ces Seigneurs, Et ces âmes d'Ebène, et ces faces d'Albâtre ? Ces masques déguisés, dont la troupe folâtre S'amuse à caresser je...

Voulez-vous voir ce traict qui si roide s'eslance - Jean de Sponde

Voulez-vous voir ce traict qui si roide s'eslance Dedans l'air qu'il poursuit au partir de la main ? Il monte, il monte, il perd : mais helas ! tout soudain Il retombe, il retombe, et perd sa violence. C'est le train de noz jours, c'est ceste outrecuidance Que ces...

Tout le monde se plaint de la cruelle envie - Jean de Sponde

Tout le monde se plaint de la cruelle envie Que la nature porte aux longueurs de nos jours : Hommes, vous vous trompez, ils ne sont pas trop cours, Si vous vous mesurez au pied de vostre vie. Mais quoy ? je n'entens point quelqu'un de vous qui die : Je me veux...

Tandis que dedans l'air un autre air je respire - Jean de Sponde

Tandis que dedans l'air un autre air je respire, Et qu'à l'envy du feu j'allume mon desir, Que j'enfle contre l'eau les eaux de mon plaisir, Et que me colle à Terre un importun martyre, Cest air tousjours m'anime, et le desir m'attire, Je recerche à monceaux les...

Sur sa fièvre - Jean de Sponde

Que faites-vous dedans mes os, Petites vapeurs enflammées, Dont les pétillantes fumées M'étouffent sans fin le repos ? Vous me portez de veine en veine Les cuisants tisons de vos feux, Et parmi vos détours confus Je perds le cours de mon haleine. Mes yeux, crevés de...

Stances de la mort - Jean de Sponde

Mes yeux, ne lancez plus votre pointe éblouie Sur les brillants rayons de la flammeuse vie, Cillez-vous, couvrez-vous de ténèbres, mes yeux : Non pas pour étouffer vos vigueurs coutumières, Car je vous ferai voir de plus vives lumières, Mais sortant de la nuit vous...

Si tant de maux passez ne m'ont acquis ce bien - Jean de Sponde

Si tant de maux passez ne m'ont acquis ce bien, Que vous croyez au moins que je vous suis fidelle, Ou si vous le croyez, qu'à la moindre querelle Vous me faciez semblant de n'en plus croire rien ; Belle, pour qui je meurs, belle, pensez vous bien Que je ne sente point...

Si j'avais comme vous, mignardes colombelles - Jean de Sponde

Si j'avais comme vous, mignardes colombelles, Des plumages si beaux sur mon corps attachés, On aurait beau tenir mes esprits empêchés De l'indomptable fer de cent chaînes nouvelles, Sur les ailes du vent je guiderais mes ailes, J'irais jusqu'au séjour où mes biens...

Si c'est dessus les eaux que la terre est pressée - Jean de Sponde

Si c'est dessus les eaux que la terre est pressée, Comment se soutient-elle encor si fermement, Et si c'est sur les vents qu'elle a son fondement, Qui la peut conserver sans être renversée ? Ces justes contrepoids qui nous l'ont balancée Ne penchent-ils jamais d'un...