Je vogue sur la mer, où mon âme craintive - Jean Ogier de Gombauld

Je vogue sur la mer, où mon âme craintive, Aux jours les plus sereins, voit les vents se lever. Pour vaincre leurs efforts, j'ai beau les observer, Ma force, ou ma prudence, est ou faible, ou tardive. Je me laisse emporter à l'onde fugitive, Parmi tous les dangers qui...

Une fleur passagère, une vaine peintur - Jean Ogier de Gombauld

Une fleur passagère, une vaine peinture, Faisaient de mes beaux jours les plus douces clartés, Et dans un labyrinthe, errant de tous côtés, Je faisais de mon sort la douteuse aventure. Sans aucun soin du temps, ni de la sépulture, La fureur m'emportait parmi les...

Carite l'autre jour si pompeuse et si belle - Jean Ogier de Gombauld

Carite l'autre jour si pompeuse et si belle, De la terre, et du Ciel montroit tous les tresors ; Quand je me laissay vaincre aux amoureux transports, Qui m'en firent pretendre une faveur nouvelle. Mais j'en fus repoussé d'une main si cruelle, Et d'un si rude coup je...

Carite pour jamais a quitté ces fontaines - Jean Ogier de Gombauld

Carite pour jamais a quitté ces fontaines, Où ses yeux faisaient voir deux soleils dans les eaux. Voilà bien le rivage, où parmi les roseaux, Les zéphirs, pour l'ouïr, retenaient leurs haleines. Voilà bien les forêts, dont les cimes hautaines Semblaient porter sa...

Ce qui doit m'étonner excite mon courage - Jean Ogier de Gombauld

Ce qui doit m'étonner excite mon courage, Et ma témérité me conduit au cercueil ; Je sers une beauté plus dure qu'un écueil, Et l'amour se conserve où l'espoir fait naufrage. Aveugle passion, fureur, manie et rage, Vous faites que j'adore un insensible orgueil. Le...

Cette source de mort, cette homicide peste - Jean Ogier de Gombauld

Cette source de mort, cette homicide peste, Ce péché, dont l'enfer a le monde infecté, M'a laissé, pour tout être, un bruit d'avoir été, Et je suis de moi-même une image funeste. L'auteur de l'univers, le monarque céleste, S'était rendu visible en ma seule beauté Ce...

Durant la belle nuit, dont mon ame ravie - Jean Ogier de Gombauld

Durant la belle nuit, dont mon ame ravie Preferoit les clartez à celles d'un beau jour, J'escoutois murmurer, au milieu de la Cour, Mille voix de loüange, et mille autres d'envie. Je ne sçay quelles morts plus douces que la vie, Faisoient sentir aux cœurs les charmes...