Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de José Maria de Heredia, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences... Sous le noir fouet de guerre à quadruple pompon, L'étalon belliqueux en hennissant se cabre Et fait bruire, avec des cliquetis de sabre, La cuirasse de bronze aux lames du jupon. Le Chef vêtu d'airain, de laque et de crépon, Ôtant le masque à poils de son visage... Le Garumne a bâti sa rustique maison Sous un grand hêtre au tronc musculeux comme un torse Dont la sève d'un Dieu gonfle la blanche écorce. La forêt maternelle est tout son horizon. Car l'homme libre y trouve, au gré de la saison, Les faînes, le bois, l'ombre et les... Le bon maître huchier, pour finir un dressoir, Courbé sur l'établi depuis l'aurore ahane, Maniant tour à tour le rabot, le bédane Et la râpe grinçante ou le dur polissoir. Aussi, non sans plaisir, a-t-il vu, vers le soir, S'allonger jusqu'au seuil l'ombre du grand... Ce sont des vases peints, Étranger curieux, Les uns hauts d’une palme et d’autres d’une orgye, Qui sur leur galbe étroit ou leur panse élargie Font tourner, rouge et noir, tout l’Olympe à tes yeux. Choisis : canthare, amphore ou rhyton ?... Mais, j’ai mieux : Le... Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants, La herse, l'aiguillon et la faulx acérée Qui fauchait en un jour les épis d'une airée, Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ; Ces outils familiers, aujourd'hui trop pesants, Le vieux Parmis les voue à... Qu'il soit encourtiné de brocart ou de serge, Triste comme une tombe ou joyeux comme un nid, C'est là que l'homme naît, se repose et s'unit, Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge. Funèbre ou nuptial, que l'eau sainte l'asperge Sous le noir crucifix ou le... Avec la brise en poupe et par un ciel serein, Voyant le Phare fuir à travers la mâture, Il est parti d'Egypte au lever de l'Arcture, Fier de sa nef rapide aux flancs doublés d'airain. Il ne reverra plus le môle Alexandrin. Dans le sable où pas même un chevreau ne... D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé Soufflant de ses naseaux élargis l'air qui fume, Les emporte avec un frémissement de plume A travers la nuit bleue et l'éther étoilé. Ils vont. L'Afrique plonge au gouffre flagellé, Puis l'Asie... un désert... le Liban ceint... Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore, Éclaire la forêt des coraux abyssins Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins, La bête épanouie et la vivante flore. Et tout ce que le sel ou l'iode colore, Mousse, algue chevelue, anémones, oursins, Couvre de pourpre... La chevelure éparse et la gorge meurtrie, Irritant par les pleurs l'ivresse de leurs sens, Les femmes de Byblos, en lugubres accents, Mènent la funéraire et lente théorie. Car sur le lit jonché d'anémone fleurie Où la Mort avait clos ses longs yeux languissants,... D'un doigt distrait frôlant la sonore bîva, A travers les bambous tressés en fine latte, Elle a vu, par la plage éblouissante et plate, S'avancer le vainqueur que son amour rêva. C'est lui. Sabres au flanc, l'éventail haut, il va. La cordelière rouge et le gland... Songeant à sa maison, grande parmi les grandes, Plus grande qu’Iñigo lui-même et qu’Abarca, Le vieux Diego Laynez ne goûte plus aux viandes. Il ne dort plus, depuis qu’un sang honteux marqua La joue encore chaude où l’a frappé le Comte, Et que pour se venger la force... La myrrhe a parfumé leurs membres assouplis ; Elles rêvent, goûtant la tiédeur de décembre, Et le brasier de bronze illuminant la chambre Jette la flamme et l'ombre à leurs beaux fronts pâlis. Aux coussins de byssus, dans la pourpre des lits, Sans bruit, parfois un... Vers Thémiscyre en feu qui tout le jour trembla Des clameurs et du choc de la cavalerie, Dans l’ombre, morne et lent, le Thermodon charrie Cadavres, armes, chars que la mort y roula. Où sont Phœbé, Marpé, Philippis, Aella, Qui, suivant Hippolyte et l’ardente Astérie,... A l'ombre de la voûte en fleur des catalpas Et des tulipiers noirs qu'étoile un blanc pétale, Il ne repose point dans la terre fatale ; La Floride conquise a manqué sous ses pas. Un vil tombeau messied à de pareils trépas. Linceul du Conquérant de l'Inde Occidentale,... L'ivoire est ciselé d'une main fine et telle Que l'on voit les forêts de Colchide et Jason Et Médée aux grands yeux magiques. La Toison Repose, étincelante, au sommet d'une stèle. Auprès d'eux est couché le Nil, source immortelle Des fleuves, et, plus loin, ivres du... Mieux qu'aucun maître inscrit au livre de maîtrise, Qu'il ait nom Ruyz, Arphé, Ximeniz, Becerril, J'ai serti le rubis, la perle et le béryl, Tordu l'anse d'un vase et martelé sa frise. Dans l'argent, sur l'émail où le paillon s'irise, J'ai peint et j'ai sculpté,... Jadis l'Ibère noir et le Gall au poil fauve Et le Garumne brun peint d'ocre et de carmin, Sur le marbre votif entaillé par leur main, Ont dit l'eau bienfaisante et sa vertu qui sauve. Puis les Imperators, sous le Venasque chauve, Bâtirent la piscine et le therme... Viens. Le sentier s'enfonce aux gorges du Cyllène. Voici l'antre et la source, et c'est là qu'il se plaît A dormir sur un lit d'herbe et de serpolet A l'ombre du grand pin où chante son haleine. Attache à ce vieux tronc moussu la brebis pleine. Sais-tu qu'avant un...