Et tout au fond du domaine loin - Max Elskamp

Et tout au fond du domaine loin, Où sont celles que l’on aime bien, La plus aimée me pleure, perdue De ma mort aux semaines venue ; La plus aimée de mon cœur s’attriste Et plonge ainsi que des fleurs ses mains Aux sources de ses yeux de chagrin, La bien-aimée de mon...

Étoile de la mer - Max Elskamp

Et de vaisseaux, et de vaisseaux, Et de voiles, et tant de voiles, Mes pauvres yeux allez en eaux, Il en est plus qu’il n’est d’étoiles ; Et cependant je sais, j’en sais Tant d’étoiles et que j’ai vues Au-dessus des toits de mes rues, Et que j’ai sues et que je sais ;...

Horloge admirable - Max Elskamp

Or, en aujourd’hui et mes heures, Marie du temps quotidien Pour le travail et pour le pain Des vies qui rient, des vies qui pleurent, Je vous salue, Marie-aux-heures ; Et vous salue, Marie-au-peuple, Mon peuple bon de chrétienté, Et si patient d’équité Depuis des...

Ici, c’est un vieil homme de cent ans - Max Elskamp

Ici, c’est un vieil homme de cent ans qui dit, selon la chair, Flandre et le sang : souvenez-vous-en, souvenez-vous-en, en ouvrant son cœur de ses doigts tremblants pour montrer à tous sa vie comme un livre, et, dans sa joie comme en des oraisons, tout un genre humain...

L’ange - Max Elskamp

Et puis après, voici un ange, Un ange en blanc, un ange en bleu, Avec sa bouche et ses deux yeux, Et puis après voici un ange, Avec sa longue robe à manches, Son réseau d’or pour ses cheveux, Et ses ailes pliées en deux, Et puis ainsi voici un ange, Et puis aussi...

L’oiseau - Max Elskamp

Mais lors voici qu’un oiseau chante, Dans une pauvre cage en bois, Mais lors voici qu’un oiseau chante Sur une ville et tous ses toits, Et qu’il dit qu’on le voit le monde Et sur la mer la pluie tomber, Et des voiles s’en aller rondes, Sur l’eau si loin qu’on peut...

La femme - Max Elskamp

Mais maintenant vient une femme, Et lors voici qu’on va aimer, Mais maintenant vient une femme Et lors voici qu’on va pleurer, Et puis qu’on va tout lui donner De sa maison et de son âme, Et puis qu’on va tout lui donner Et lors après qu’on va pleurer Car à présent...

La nuit - Max Elskamp

Et maintenant c’est la dernière Et la voici et toute en noir, Et maintenant c’est la dernière Ainsi qu’il fallait la prévoir, Et c’est un homme au feu du soir Tandis que le repas s’apprête, Et c’est un homme au feu du soir Qui mains croisées, baisse la tête, Or pour...

La vie - Max Elskamp

Et lors la sixième est aveugle Comme un pinson tout à chanter, Et la sixième, elle, est aveugle Car voici qu’on est à aimer, Et que des mets sont sur des tables, Et que du vin coule de nuit, A bougies brûlant sur des tables Où sont des fleurs avec des fruits. Or...

Le consul anglais - Max Elskamp

Le consul anglais Y met son drapeau, Le consul anglais Le jour de la Reine, De gais matelots Leur couteau au dos, Y passent farauds Toute la semaine, Jean le Hollandais Quand c’est mai y vient, Ses paniers aux mains, La vendre la fraise, Jean le Hollandais Parti de...

Le matin - Max Elskamp

Et la première est d’un matin Dit tout en bleu, dit tout en blanc, Et la première est d’un matin Ici pour le commencement, De paix d’abord, cloches sonnant, Et Flandre étant – Vive la Rose – Douce à chacun à sa façon, Suivant son bien, suivant ses choses. Or Mai...

Le navire - Max Elskamp

La troisième, elle, est d’un navire Avec tous ses drapeaux au ciel, La troisième, elle, est d’un navire Ainsi qu’ils vont sous le soleil, Avec leurs mâts avec leurs ancres, Et leur proue peinte en rouge ou vert, Avec leurs mâts, avec leurs ancres, Et tout en haut leur...

À ma mère - Max Elskamp

Ô Claire, Suzanne, Adolphine, Ma Mère, qui m’étiez divine, Comme les Maries, et qu’enfant, J’adorais dès le matin blanc Qui se levait là, près de l’eau, Dans l’embrun gris monté des flots, Du fleuve qui chantait matines À voix de cloches dans la bruine ; Ô ma Mère,...

À mon père - Max Elskamp

Mon Père Louis, Jean, François, Avec vos prénoms de navires, Mon Père mien, mon Père à moi, Et dont les yeux couleur de myrrhe, Disaient une âme vraie et sûre, En sa douceur et sa bonté, Où s’avérait noble droiture, Et qui luisait comme un été, Mon Père avec qui j’ai...