Translat d'un sonnet ytalien - Mellin de Saint-Gelais

Nyer ne puis, Roy François, nullement, Que je ne sente encores quelque flamme D'amour au cueur qui peu à peu l'entame Pour le submectre à elle entierement. Mays estant plain d'un desir seullement, C'est de vous suyvre et du corps et de l'ame, Je luy resiste et faiz en...

Sonnet de deux masques en Rugier et Marphise - Mellin de Saint-Gelais

en un faict d'armes 1550 à Blois Ceulx qui au ciel furent pieça receuz Par vertu vive et gestes heroicques, Voyant renaistre au monde euvres antiques Et vœuz divins en cœurs mortelz conceuz, Ont pensé n'estre amoindris ny deceuz Si, honnorant les spectacles publiques...

Sonnet de Monseigneur le Daulphin - Mellin de Saint-Gelais

Vous que second la noble France honore, Pouvez cueillir par ces prez florissans Oeilletz pour vous seul s'espanouyssans, Escloz ensemble avec la belle Aurore ; Pour vostre front le rosier se colore, Dont les chappeaux si hault lieu cognoissans, Forment boutons de...

Du Roy Henry au commencement de son regne - Mellin de Saint-Gelais

J'estois assis au meilleu des neuf seurs, Libre et distraict des pensees mortelles, Si commencea à chanter l'une d'elles, Chant qui m'emplit d'infinies doulceurs : Assemblez vous (dict elle) ô proffesseurs Des bonnes ars et des sciences belles, Pour consacrer louenges...

Il n'est point tant de barques à Venize - Mellin de Saint-Gelais

Il n'est point tant de barques à Venize, D'huystres à Bourg, de festuz en Champagne, De differentz aux peuples d'Allemagne, De cygnes blancz au long de la Tamise ; Ne tant d'amours se traictent en l'eglise, Ne tant de veaux se treuvent en Bretagne, Ne tant de gloire...

Blason de l'œil - Mellin de Saint-Gelais

Oeil attrayant, œil arrêté, De qui la céleste clarté Peut les plus clairs yeux éblouir, Et les plus tristes éjouir Oeil, le seul soleil de mon âme, De qui la non visible flamme En moi fait tous les changements Qu'un soleil fait aux éléments, Disposant le monde par eux...

A Clement Marot - Mellin de Saint-Gelais

D'un seul malheur se peult lamenter celle En qui tout l'heur des astres est compris C'est (ô Clement) que tu ne fuz espris Premier que moy de sa vive estincelle. Son nom cogneu par ta veine immortelle, Qui les vieux passe, et les nouveaux espritz, Apres mil ans seroit...

A Pierre de Ronsard - Mellin de Saint-Gelais

Entrant le peuple en tes sacrez bocaiges, Dont les sommez montent jusques aux nues Par l'espesseur des plantes incognues, Trouvoit la nuict en lieu de frez umbraiges. Or te suivant le long des beaux rivaiges Où les neuf seurs à ton chant sont venues, Herbes, et...

A une Dame - Mellin de Saint-Gelais

Au temps heureux que ma jeune ignorance Receut l'enfant qui des dieux est le maistre, Vous, congnoissant qu'il ne faisoit que naistre, Voulustes bien le nourrir d'esperance. Mais puis que vous et sa perseverance L'avez faict grand plus qu'aultre oncq ne peult estre,...

Asseuré suis d'estre prys et lyé - Mellin de Saint-Gelais

Asseuré suis d'estre prys et lyé, Mais asseurer ne puis l'heure et saison Que je changeay ma franchise à prison, Dont mon orgueil fut tant humilié. Si long temps fut couvert et pallié L'amer du doulx et l'erreur de raison, Que je cuidois entre loz et poison Estre...

Au Seigneur des Essars N de Herberay - Mellin de Saint-Gelais

Traducteur du present livre d'Amadis de Gaule Au grand desir, à l'instante requeste De tant d'amys dont tu peux disposer, Vouldrois tu bien (ô amy) t'opposer Par un reffus de chose tres honeste ? Chacun te prie et je t'en admoneste, Que l'Amadis qu'il t'a pleu exposer...