Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour de Paul Valéry. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies de... Par la surprise saisie, Une bouche qui buvait Au sein de la Poésie En sépare son duvet : -Ô ma mère Intelligence, De qui la douceur coulait Quelle est cette négligence Qui laisse tarir son lait ? À peine sur ta poitrine, Accablé de blancs liens, Me berçait l'onde... A Jeannue. De sa grâce redoutable Voilant à peine l'éclat, Un ange met sur ma table Le pain tendre, le lait plat ; Il me fait de la paupière Le signe d'une prière Qui parle à ma vision : -Calme, calme, reste calme ! Connais le poids d'une palme Portant sa profusion !... Chute superbe, fin si douce, Oubli des luttes, quel délice Que d'étendre à même la mousse Après la danse, le corps lisse ! Jamais une telle lueur Que ces étincelles d'été Sur un front semé de sueur N'avait la victoire fêté ! Mais touché par le Crépuscule, Ce grand... J'ai, quelque jour, dans l'Océan, (mais je ne sais plus sous quels cieux), Jeté, comme offrande au néant, Tout un peu de vin précieux… Qui voulut ta perte, ô liqueur ? J'obéis peut-être au devin ? Peut-être au souci de mon cœur, Songeant au sang, versant le vin ? Sa... A André Lebey. Penché contre un grand fleuve, infiniment mes rames M'arrachent à regret aux riants environs ; Âme aux pesantes mains, pleines des avirons, Il faut que le ciel cède au glas des lentes lames. Le cœur dur, l'œil distrait des beautés que je bats, Laissant... Humblement, tendrement, sur le tombeau charmant Sur l'insensible monument, Que d'ombres, d'abandons, et d'amour prodiguée, Forme ta grâce fatiguée, Je meurs, je meurs sur toi, je tombe et je m'abats, Mais à peine abattu sur le sépulcre bas, Dont la close étendue aux... A Lucien Fabre. Quels secrets dans mon cœur brûle ma jeune amie, Âme par le doux masque aspirant une fleur ? De quels vains aliments sa naïve chaleur Fait ce rayonnement d'une femme endormie ? Souffles, songes, silence, invincible accalmie, Tu triomphes, ô paix plus... A Léon-Paul Fargue. Douces colonnes, aux Chapeaux garnis de jour, Ornés de vrais oiseaux Qui marchent sur le tour, Douces colonnes, ô L'orchestre de fuseaux ! Chacun immole son Silence à l'unisson. -Que portez-vous si haut, Égales radieuses ? -Au désir sans défaut Nos... De sa profonde mère, encor froide et fumante, Voici qu'au seuil battu de tempêtes, la chair Amèrement vomie au soleil par la mer, Se délivre des diamants de la tourmente. Son sourire se forme, et suit sur ses bras blancs Qu'éplore l'orient d'une épaule meurtrie, De... Poème Abandonné… Du soleil soutenant la puissante paresse Qui plane et s'abandonne à l'œil contemplateur, Regard ! … Je bois le vin céleste, et je caresse Le grain mystérieux de l'extrême hauteur. Je porte au sein brûlant ma lucide tendresse, Je joue avec les feux de... Un feu distinct m'habite, et je vois froidement La violente vie illuminée entière… Je ne puis plus aimer seulement qu'en dormant Ses actes gracieux mélangés de lumière. Mes jours viennent la nuit me rendre des regards, Après le premier temps de sommeil malheureux ;... Si tu veux dénouer la forêt qui t'aère Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es Dans la fluide yole à jamais littéraire, Traînant quelques soleils ardemment situés Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Émue, ou pressentant l'après-midi chanté, Selon que... Si la plage planche, si L'ombre sur l'œil s'use et pleure Si l'azur est larme, ainsi Au sel des dents pure affleure La vierge fumée ou l'air Que berce en soi puis expire Vers l'eau debout d'une mer Assoupie en son empire Celle qui sans les ouïr Si la lèvre au vent... A Paul Poujaud. La confusion morose Qui me servait de sommeil, Se dissipe dès la rose Apparence du soleil. Dans mon âme je m'avance, Tout ailé de confiance : C'est la première oraison ! À peine sorti des sables, Je fais des pas admirables Dans les pas de ma raison.... Une esclave aux longs yeux chargés de molles chaînes Change l'eau de mes fleurs, plonge aux glaces prochaines, Au lit mystérieux prodigue ses doigts purs ; Elle met une femme au milieu de ces murs Qui, dans ma rêverie errant avec décence, Passe entre mes regards sans... Ô courbes, méandre, Secrets du menteur, Est-il art plus tendre Que cette lenteur ? Je sais où je vais, Je t'y veux conduire, Mon dessein mauvais N'est pas de te nuire… Quoique souriante En pleine fierté, Tant de liberté Te désoriente ? Ô Courbes, méandres, Secrets du... Quand le ciel couleur d'une joue Laisse enfin les yeux le chérir Et qu'au point doré de périr Dans les roses le temps se joue, Devant le muet de plaisir Qu'enchaîne une telle peinture, Dans une Ombre à libre ceinture Que le temps est près de saisir. Cette ceinture... La lune mince verse une lueur sacrée, Toute une jupe d'un tissu d'argent léger, Sur les bases de marbre où vient l'Ombre songer Que suit d'un char de perle une gaze nacrée. Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Elle... La lune mince verse une lueur sacrée, Comme une jupe d'un tissu d'argent léger, Sur les masses de marbre où marche et croit songer Quelque vierge de perle et de gaze nacrée. Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Sa main...