Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage - Pierre de Marbeuf

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage, Et la mer est amère, et l'amour est amer, L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer, Car la mer et l'amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu'on...

L'amour de mes pensers... - Pierre de Marbeuf

L'amour de mes pensers, comme de son pinceau, Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière, Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière, Pour m'éclairer de nuit vous êtes mon flambeau. Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l'eau, Vous me suivez sur terre,...

Le Plus Beau Poème de Pierre de Marbeuf

Voici le meilleur de la poésie de Pierre de Marbeuf. À Philis - Pierre de Marbeuf Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,Et la mer est amère, et l'amour est amer,L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,Car la mer et l'amour ne sont point sans orage....

Les cheveux d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Zéphyre bien souvent de votre poil se joue, Pillant sous ce prétexte un baiser amoureux : Et des ondes qu'il fait flotter sur votre joue, Un Pactole prend source en l'or de vos cheveux. Cheveux petites rets, Cupidon vous avoue De me prendre le cœur : que ce cœur est...

Un manteau de feuille morte - Pierre de Marbeuf

Destins qui savez l'avenir, Que pense Philis devenir, Puisque pour habit elle porte, Et les couleurs du déconfort, Et les parures de la mort, En une triste feuille morte ? Au monde veut-elle mourir, Ou me blesser sans me guérir ? Est-ce pourquoi ma Belle porte Un...

Sur le retour d'Hélène à Paris - Pierre de Marbeuf

L'Amour de mes pensers, comme de son pinceau, Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière, Pour m'éclairer de nuit vous êtes mon flambeau. Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l'eau, Vous me suivez sur terre,...

Songe - Pierre de Marbeuf

Cet Hiver en dormant je songe que ma flore, Voulant récompenser mes peines et mes pleurs, Me caresse, me baise, et me promet encore De me garder le fruit de ces premières fleurs. Ainsi durant la nuit se lève mon aurore, Afin de m'assurer que les destins meilleurs Dans...

Les yeux d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Beaux yeux que j'aime tant, hé quelle est votre essence, Car l'on vous pense feux à mon embrasement, Puis l'on vous juge cieux par votre mouvement, Mais non, vous êtes Dieux selon votre puissance. Ces yeux n'ont que des feux toujours en influence, Comme s'ils...

Les oreilles d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Oreilles, la nature en coquillant qui gire Vos petits ronds voutés de long et de travers, Fait en vous un dédale, où bien souvent je perds Le langage amoureux que pour vous je soupire. Ô portes de l'esprit, par où le doux Zéphyre Fait entrer sur son aile et l'amour et...

Les mains d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Belle main divisée en cinq branches d'ivoire, Un dédale d'ébène enveloppe de lis Les chemins tortueux des rameaux et des plis, Que marque votre veine avec sa trace noire. L'aurore aux doigts de rose avec toute sa gloire, Ne pourrait devant vous recevoir que mépris, Si...

Les joues d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Des roses et des lys filles et sœurs jumelles, Qui sous un lait caillé doucement tremblotez, Joues où l'amour joue en toutes privautés, Et bâtit aux souris des demeures nouvelles, Lors que vous rougissez, que vos roses sont belles, Quand l'épine d'honneur veut armer...

Le Solitaire - Pierre de Marbeuf

(Extrait) ... Ô plaisirs passagers de notre vanité ! Êtes-vous donc suivis de quelque éternité ? Éternité de bien, éternité de peine, Lorsque je pense à toi tu m'assèches la veine : Ma plume ni mes vers ne peuvent plus couler, Ma langue s'engourdit, je ne peux plus...

Le sein d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Mon esprit qui toujours d'un vain espoir s'apaise, Compare votre sein, dont je suis envieux, A des jeunes boutons, puis il dit à mes yeux : Si vous les pouviez voir, ne mourriez-vous point d'aise ? Ainsi dans mon esprit s'allume une fournaise, Et son feu se nourrit...

À Philis - Pierre de Marbeuf

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,Et la mer est amère, et l'amour est amer,L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,Car la mer et l'amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,Celui qui craint les maux qu'on...

Le miracle d'amour - Pierre de Marbeuf

Babylone a vanté ses murailles de brique, Rhode a fait renommer son colosse orgueilleux, Et l'Égypte a fait cas des sommets sourcilleux D'une masse de pierre admirable en fabrique. Éphèse aimait son temple ainsi qu'une relique, Semiramis avait des jardins merveilleux,...

La liberté des champs fait décrire à Silvandre - Pierre de Marbeuf

Ne percez plus mon cœur, ô vanités serviles, De vos soucis tranchants, Éloigné de la Cour, je m'éloigne des villes Pour approcher des champs. Cet amour que j'y bois dedans l'œil de Silvie M'est plus délicieux, Que ce que Jupiter pour nous donner envie Dit qu'il boit...

La bouche d'Amaranthe - Pierre de Marbeuf

Beau corail soupirant, ce pourpre qui me flatte Allaite d'espérance et d'amour mes esprits : Belle et petite bouche où s'enfante un souris, Qui semond à baiser votre vive écarlate. Vos dents riches remparts d'une voix délicate, Dessus les diamants emporteront le prix...

L'Iris - Pierre de Marbeuf

Les rayons du soleil se dardent sur l'enflure D'un nuage opposé qui, rosoyant d'humeur, Nous fera bientôt voir de l'Iris la voûture, Peignant notre horizon de sa cambre lueur. Ah ! la voici déjà, sa céleste présence En bigarrant le ciel enfante divers ronds Et...

L'anatomie de l'œil - Pierre de Marbeuf

L'œil est dans un château que ceignent les frontières De ce petit vallon clos de deux boulevards, Il a pour pont-levis les mouvantes paupières, Le cil pour garde-corps, les sourcils pour remparts. Il comprend trois humeurs, l'aqueuse, la vitrée, Et celle de cristal...

Je disais l'autre jour - Pierre de Marbeuf

Je disais l'autre jour ma peine et ma tristesse Sur le bord sablonneux d'un ruisseau dont le cours Murmurant s'accordait au langoureux discours Que je faisais assis proche de ma maîtresse. L'occasion lui fit trouver une finesse : Silvandre, me dit-elle, objet de mes...