Pervigilium mortis - Pierre Louÿs

Quod jam in amplexu partim audivit Ariadne. I " Ouvre sur moi tes yeux si tristes et si tendres, Miroirs de mon étoile, asiles éclairés, Tes yeux plus solennels de se voir adorés, Temples où le silence est le secret d'entendre. Quelle île nous conçut des strophes de...

Funérailles - Pierre Louÿs

Plus pur que l'air nocturne où l'or bleu s'éblouit Plus pur que le désir suscité par les astres Un cœur de marbre qu'un lent souffle épanouit Éclôt d'une colonne où l'or des astres luit. Fleur ! ô les cœurs d'acanthe aux cous blancs des pilastres ! Les souvenirs de...

La pluie - Pierre Louÿs

La pluie fine a mouillé toutes choses, très doucement, et en silence. Il pleut encore un peu. Je vais sortir sous les arbres. Pieds nus, pour ne pas tacher mes chaussures. La pluie au printemps est délicieuse. Les branches chargées de fleurs mouillées ont un parfum...

Pégase - Pierre Louÿs

À José Maria de Heredia. De ses quatre pieds purs faisant feu sur le sol, La Bête chimérique et blanche s'écartèle, Et son vierge poitrail qu'homme ni dieu n'attelle S'éploie en un vivace et mystérieux vol. Il monte, et la crinière éparse en auréole Du cheval...

Chanson - Pierre Louÿs

Le premier me donna un collier, un collier de perles qui vaut une ville, avec les palais et les temples, et les trésors et les esclaves. Le second fit pour moi des vers. Il disait que mes cheveux sont noirs comme ceux de la nuit sur la mer et mes yeux bleus comme ceux...

Et je m'étais fait une vie - Pierre Louÿs

Et je m'étais fait une vie Si digne d'amour ou d'envie, Une vie à décourager Tout cœur qui lutte ou dissimule, Tout adversaire ou tout émule, Cerveau pensif ou cœur léger. Maintenant ma vie est en cendres. Ses trois merveilles les plus tendres Ont flambé comme plume...