Les Plus Beaux Poèmes d'Amour de Stéphane Mallarmé

Voici une petite sélection des plus beaux poèmes d'amour de Stéphane Mallarmé. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner les poèmes les plus beaux et les plus connus en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs...

Hommage – Toute Aurore même gourde - Stéphane Mallarmé

Toute Aurore même gourde À crisper un poing obscur Contre des clairons d'azur Embouchés par cette sourde A le pâtre avec la gourde Jointe au bâton frappant dur Le long de son pas futur Tant que la source ample sourde Par avance ainsi tu vis Ô solitaire Puvis De...

Hérodiade – III – Cantique de saint Jean - Stéphane Mallarmé

Le soleil que sa halte Surnaturelle exalte Aussitôt redescend Incandescent je sens comme aux vertèbres S'éployer des ténèbres Toutes dans un frisson A l'unisson Et ma tête surgie Solitaire vigie Dans les vois triomphaux De cette faux Comme rupture franche Plutôt...

L'Après-Midi d'un Faune - Stéphane Mallarmé

Le Faune:Ces nymphes, je les veux perpétuer. Si clair,Leur incarnat léger, qu'il voltige dans l'airAssoupi de sommeils touffus. Aimai-je un rêve?Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achèveEn maint rameau subtil, qui, demeuré les vraisBois même, prouve, hélas! que bien...

Mignonne - Stéphane Mallarmé

Mignonne, sais-tu qu’on me blâme De t’aimer comme je le fais ? On dit que cela, sur mon âme ! Aura de singuliers effets ; Que tu n’es pas une duchesse, Et que ton cul fait ta richesse, Qu’en ce monde, ou rien n’est certain, On peut affirmer une chose : C’est que ton...

Tombeau - Stéphane Mallarmé

Le noir roc courroucé que la bise le roule Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains Tâtant sa ressemblance avec les maux humains Comme pour en bénir quelque funeste moule. Ici presque toujours si le ramier roucoule Cet immatériel deuil opprime de maints Nubiles plis...

Petit air - Stéphane Mallarmé

I Quelconque une solitude Sans le cygne ni le quai Mire sa désuétude Au regard que j'abdiquai Ici de la gloriole Haute à ne la pas toucher Dont maint ciel se bariole Avec les ors de coucher Mais langoureusement longe Comme de blanc linge ôté Tel fugace oiseau si...

Las de l'amer... - Stéphane Mallarmé

Las de l'amer repos où ma paresse offense Une gloire pour qui jadis j'ai fui l'enfance Adorable des bois de roses sous l'azur Naturel, et plus las sept fois du pacte dur De creuser par veillée une fosse nouvelle Dans le terrain avare et froid de ma cervelle, Fossoyeur...

La chevelure vol... - Stéphane Mallarmé

La chevelure vol d'une flamme à l'extrême Occident de désirs pour la tout éployer Se pose (je dirais mourir un diadème) Vers le front couronné son ancien foyer Mais sans or soupirer que cette vive nue L'ignition du feu toujours intérieur Originellement la seule...

Billet - Stéphane Mallarmé

Pas les rafales à propos De rien comme occuper la rue Sujette au noir vol de chapeaux ; Mais une danseuse apparue Tourbillon de mousseline ou Fureur éparses en écumes Que soulève par son genou Celle même dont nous vécûmes Pour tout, hormis lui, rebattu Spirituelle,...

Les Plus Beaux Poèmes de Stéphane Mallarmé 

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de Stéphane Mallarmé, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences...

À une petite laveuse blonde - Stéphane Mallarmé

Ô laveuse aux mignardes poses, Qui sur ta lèvre où rit ton cœur As le sang embaumé des roses Au pied d'enfants, à l'œil moqueur. Sais-tu, vrai Dieu ! que ta grand'mère T'aurait dû faire pour la cour Au temps où refleurit Cythère Sous un regard de Pompadour ? Lors, de...

À un poète immoral - Stéphane Mallarmé

Puisque ce soir, onze décembre Mil huit cent soixante-un, je n'ai Qu'à rouler le chapelet d'ambre D'un rêve cent fois égrené, Les pieds au feu, sans que m'égare Quelque bonnet blanc inconstant, Je vais avec ce blond cigare Allumer ma verve un instant. Et, tant que sa...

Éventail de Mademoiselle Mallarmé - Stéphane Mallarmé

Ô rêveuse, pour que je plonge Au pur délice sans chemin, Sache, par un subtil mensonge, Garder mon aile dans ta main. Une fraîcheur de crépuscule Te vient à chaque battement Dont le coup prisonnier recule L'horizon délicatement. Vertige ! voici que frissonne L'espace...

Galanterie macabre - Stéphane Mallarmé

Dans un de ces faubourgs où vont des caravanes De chiffonniers se battre et baiser galamment Un vieux linge sentant la peau des courtisanes Et lapider les chats dans l'amour s'abîmant, J'allais comme eux : mon âme errait en un ciel terne Pareil à la lueur pleine de...

Le tombeau de Verlaine - Stéphane Mallarmé

Le noir roc courroucé que la bise le roule Ne s'arrêtera ni sous de pieuses mains Tâtant sa ressemblance avec les maux humains Comme pour en bénir quelque funeste moule. Ici presque toujours si le ramier roucoule Cet immatériel deuil opprime de maints Nubiles plis...

Mon cher papa - Stéphane Mallarmé

(Écrit à l'âge de 12 ans.) J'avais appris un compliment, Et j'accourais pour célébrer ta fête, On y parlait de sentiment De tendre amour, d'ardeur parfaite ; Mais j'ai tout oublié, Lorsque je suis venu, Je t'aime est le seul mot que j'ai bien retenu. Stéphane...

Quelconque une solitude - Stéphane Mallarmé

Petit air. I. Quelconque une solitude Sans le cygne ni le quai Mire sa désuétude Au regard que j'abdiquai Ici de la gloriole Haute à ne la pas toucher Dont maint ciel se bariole Avec les ors de coucher Mais langoureusement longe Comme de blanc linge ôté Tel fugace...

Toute l’âme résumée - Stéphane Mallarmé

Toute l’âme résumée Quand lente nous l’expirons Dans plusieurs ronds de fumée Abolis en autres ronds Atteste quelque cigare Brûlant savamment pour peu Que la cendre se sépare De son clair baiser de feu Ainsi le chœur des romances A la lèvre vole-t-il Exclus-en si tu...

Victorieusement fui le suicide beau - Stéphane Mallarmé

Victorieusement fui le suicide beau Tison de gloire, sang par écume, or, tempête ! Ô rire si là-bas une pourpre s’apprête À ne tendre royal que mon absent tombeau. Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête Excepté...

Mysticis umbraculis - Stéphane Mallarmé

Elle dormait : son doigt tremblait, sans améthyste Et nu, sous sa chemise : après un soupir triste, Il s’arrêta, levant au nombril la batiste. Et son ventre sembla de la neige où serait, Cependant qu’un rayon redore la forêt, Tombé le nid moussu d’un gai chardonneret....

Petit Air I - Stéphane Mallarmé

Quelconque une solitude Sans le cygne ni le quai Mire sa désuétude Au regard que j’abdiquai Ici de la gloriole Haute à ne la pas toucher Dont maint ciel se bariole Avec les ors de coucher Mais langoureusement longe Comme de blanc linge ôté Tel fugace oiseau si plonge...

Petit Air II - Stéphane Mallarmé

Indomptablement a dû Comme mon espoir s’y lance Éclater là-haut perdu Avec furie et silence, Voix étrangère au bosquet Ou par nul écho suivie, L’oiseau qu’on n’ouït jamais Une autre fois en la vie. Le hagard musicien, Cela dans le doute expire Si de mon sein pas du...

Dame sans trop d'ardeur - Stéphane Mallarmé

Dame sans trop d'ardeur à la fois enflammant La rose qui cruelle ou déchirée, et lasse Même du blanc habit de pourpre, le délace Pour ouïr dans sa chair pleurer le diamant Oui, sans ces crises de rosée et gentiment Ni brise quoique, avec, le ciel orageux passe Jalouse...

Le Carreleur de soulier - Stéphane Mallarmé

Hors de la poix rien à faire, Le lis naît blanc, comme odeur Simplement je le préfère A ce bon raccommodeur. Il va de cuir à ma paire Adjoindre plus que je n’eus. Jamais, cela désespère Un besoin de talons nus Son marteau qui ne dévie Fixe de clous gouailleurs Sur la...

Petit air - Quelconque une solitude - Stéphane Mallarmé

I Quelconque une solitude Sans le cygne ni le quai Mire sa désuétude Au regard que j'abdiquai Ici de la gloriole Haute à ne la pas toucher Dont maint ciel se bariole Avec les ors de coucher Mais langoureusement longe Comme de blanc linge ôté Tel fugace oiseau si...

Tristesse d'été - Stéphane Mallarmé

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie T'a fait dire, attristée, ô mes...

Toute Aurore même gourde - Stéphane Mallarmé

Toute Aurore même gourde A crisper un poing obscur Contre des clairons d’azur Embouchés par cette sourde A le pâtre avec la gourde Jointe au bâton frappant dur Le long de son pas futur Tant que la source ample sourde Par avance ainsi tu vis O solitaire Puvis De...

Dans le Jardin - Stéphane Mallarmé

La jeune dame qui marche sur la pelouse Devant l’été paré de pommes et d’appas, Quand des heures Midi comblé jette les douze, Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas, A dit un jour, tragique abandonnée — épouse — À la mort séduisant son Poète : Trépas ! Tu mens. Ô...

Le château de l'espérance - Stéphane Mallarmé

Ta pâle chevelure ondoie Parmi les parfums de ta peau Comme folâtre un blanc drapeau Dont la soie au soleil blondoie. Las de battre dans les sanglots L'air d'un tambour que l'eau défonce, Mon cœur à son passé renonce Et, déroulant ta tresse en flots, Marche à...

Petit Air - Ce me va hormis l’y taire - Stéphane Mallarmé

Ce me va hormis l’y taire Que je sente du foyer Un pantalon militaire A ma jambe rougeoyer L’invasion je la guette Avec le vierge courroux Tous juste de la baguette Au gant blanc des tourlourous Nue ou d’écorce tenace Pas pour battre le Teuton Mais comme une autre...

Types de la rue - Stéphane Mallarmé

Ta paille azur des lavandes, Ne crois pas avec ce cil Osé que tu me la vendes Comme à l’hypocrite s’il En décore la faïence Où chacun jamais complet Tapi dans sa défaillance Au bleu sentiment se plaît : Mieux entre une envahissante Chevelure ici mets-la Que le brin...

Divagations - La Déclaration foraine - Stéphane Mallarmé

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême Occident de désirs pour la tout déployer Se pose (je dirais mourir un diadème) Vers le front couronné son ancien foyer Mais sans or soupirer que cette vive nue L’ignition du feu toujours intérieur Originellement la seule...

Petit air (guerrier) - Stéphane Mallarmé

Ce me va hormis l'y taire Que je sente du foyer Un pantalon militaire À ma jambe rougeoyer L'invasion je la guette Avec le vierge courroux Tout juste de la baguette Au gant blancs des tourlourous Nue ou d'écorce tenace Pas pour battre le Teuton Mais comme une autre...

Une dentelle s'abolit - Stéphane Mallarmé

Une dentelle s'abolit Dans le doute du Jeu suprême A n'entrouvrir comme un blasphème Qu'absence éternelle de lit. Cet unanime blanc conflit D'une guirlande avec la même, Enfui contre la vitre blême Flotte plus qu'il n'ensevelit. Mais chez qui du rêve se dore...

Don du poème - Stéphane Mallarmé

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée ! Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée, Par le verre brûlé d’aromates et d’or, Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor, L’aurore se jeta sur la lampe angélique, Palmes ! et quand elle a montré cette relique A ce...

Le Guignon - Stéphane Mallarmé

Au-dessus du bétail écœurant des humains, Bondissaient par instants les sauvages crinières Des mendiants d’azur damnés dans nos chemins. Un vent mêlé de cendre effarait leurs bannières Où passe le divin gonflement de la mer, Et creusait autour d’eux de sanglantes...

Placet futile - Stéphane Mallarmé

Princesse ! à jalouser le destin d’une Hébé Qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres, J’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbé Et ne figurerai même nu sur les Sèvres. Comme je ne suis pas ton bichon embarbé, Ni la pastille ni du rouge, ni jeux mièvres...

Au seul souci de voyager - Stéphane Mallarmé

Au seul souci de voyager Outre une Inde splendide et trouble — Ce salut soit le messager Du temps, cap que ta poupe double Comme sur quelque vergue bas Plongeante avec la caravelle Ecumait toujours en ébats Un oiseau d’annonce nouvelle Qui criait monotonement Sans que...

En envoyant un pot de fleurs - Stéphane Mallarmé

Minuit au vieux beffroi : l'ombre dort, et la lune Se joue en l'aile noire et morne dont la nuit, Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l'étoile fuit. - Mille voix du plaisir voltigent à moi : l'une M'apporte ris, baisers, chants de délire : suit Une fanfare où Strauss...

Prose - Stéphane Mallarmé

Hyperbole ! de ma mémoire Triomphalement ne sais-tu Te lever, aujourd’hui grimoire Dans un livre de fer vêtu : Car j’installe, par la science, L’hymne des cœurs spirituels En l’œuvre de ma patience, Atlas, herbiers et rituels. Nous promenions notre visage (Nous fûmes...

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême - Stéphane Mallarmé

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême Occident de désirs pour la tout déployer Se pose (je dirais mourir un diadème) Vers le front couronné son ancien foyer Mais sans or soupirer que cette vive nue L’ignition du feu toujours intérieur Originellement la seule...

Eventail de Madame Mallarmé - Stéphane Mallarmé

Avec comme pour langage Rien qu'un battement aux cieux Le futur vers se dégage Du logis très précieux Aile tout bas la courrière Cet éventail si c'est lui Le même par qui derrière Toi quelque miroir a lui Limpide (où va redescendre Pourchassée en chaque grain Un peu...

Le Pitre châtié - Stéphane Mallarmé

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître Autre que l’histrion qui du geste évoquais Comme plume la suie ignoble des quinquets, J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre. De ma jambe et des bras limpide nageur traître, A bonds multipliés, reniant le mauvais...

Remémoration d'amis belges - Stéphane Mallarmé

A des heures et sans que tel souffle l'émeuve Toute la vétusté presque couleur encens Comme furtive d'elle et visible je sens Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve Flotte ou semble par soi n'apporter une preuve Sinon d'épandre pour baume antique le temps Nous...

Las de l’amer repos où ma paresse offense - Stéphane Mallarmé

Las de l’amer repos où ma paresse offense Une gloire pour qui jadis j’ai fui l’enfance Adorable des bois de roses sous l’azur Naturel, et plus las sept fois du pacte dur De creuser par veillée une fosse nouvelle Dans le terrain avare et froid de ma cervelle, Fossoyeur...

Éventail de Méry Laurent - Stéphane Mallarmé

De frigides roses pour vivre Toutes la même interrompront Avec un blanc calice prompt Votre souffle devenu givre Mais que mon battement délivre La touffe par un choc profond Cette frigidité se fond En du rire de fleurir ivre À jeter le ciel en détail Voilà comme bon...

Le Savetier - Stéphane Mallarmé

Hors de la poix rien à faire, Le lys naît blanc, comme odeur Simplement je le préfère À ce bon raccommodeur. Il va de cuir à ma paire Adjoindre plus que je n’eus Jamais, cela désespère Un besoin de talons nus. Son marteau qui ne dévie Fixe de clous gouailleurs Sur la...

Renouveau - Stéphane Mallarmé

Le printemps maladif a chassé tristement L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide, Et, dans mon être à qui le sang morne préside L'impuissance s'étire en un long bâillement. Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un...

Le silence déjà funèbre d’une moire - Stéphane Mallarmé

Le silence déjà funèbre d’une moire Dispose plus qu’un pli seul sur le mobilier Que doit un tassement du principal pilier Précipiter avec le manque de mémoire. Notre si vieil ébat triomphal du grimoire, Hiéroglyphes dont s’exalte le millier A propager de l’aile un...

Feuillet d'album - Stéphane Mallarmé

Tout à coup et comme par jeu Mademoiselle qui voulûtes Ouïr se révéler un peu Le bois de mes diverses flûtes Il me semble que cet essai Tenté devant un paysage A du bon quand je le cessai Pour vous regarder au visage Oui ce vain souffle que j'exclus Jusqu'à la...

Le Sonneur - Stéphane Mallarmé

Cependant que la cloche éveille sa voix claire À l’air pur et limpide et profond du matin Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire Un angelus parmi la lavande et le thym. Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire, Chevauchant tristement en geignant du...

Rêve antique - Stéphane Mallarmé

Elle est dans l'atrium la blonde Lycoris Sous un flot parfumé mollement renversée. Comme un saule jauni s'épand sous la rosée, Ses cheveux sur son sein pleuvent longs et fleuris. Dans les roseaux, vis-tu, sur un fleuve bleuâtre, Le soir, glisser le front de la pâle...

Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos - Stéphane Mallarmé

Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos, Il m’amuse d’élire avec le seul génie Une ruine, par mille écumes bénie Sous l’hyacinthe, au loin, de ses jours triomphaux. Coure le froid avec ses silences de faulx, Je n’y hululerai pas de vide nénie Si ce très blanc ébat...

Haine du pauvre - Stéphane Mallarmé

Ta guenille nocturne étalant par ses trous Les rousseurs de tes poils et de ta peau, je l’aime Vieux spectre, et c’est pourquoi je te jette vingt sous. Ton front servile et bas n’a pas la fierté blême : Tu comprends que le pauvre est le frère du chien Et ne vas pas...

Le tombeau d'Edgar Poe - Stéphane Mallarmé

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change, Le Poète suscite avec un glaive nu Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange Donner un sens plus pur aux mots de la...

Rien au réveil que vous n'ayez - Stéphane Mallarmé

Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Pire si le rire secoue Votre aile sur les oreillers Indifféremment sommeillez Sans crainte qu'une haleine avoue Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Tous les rêves émerveillés Quand cette...

M’introduire dans ton histoire - Stéphane Mallarmé

M’introduire dans ton histoire C’est en héros effarouché S’il a du talon nu touché Quelque gazon de territoire À des glaciers attentatoire Je ne sais le naïf péché Que tu n’auras pas empêché De rire très haut sa victoire Dis si je ne suis pas joyeux Tonnerre et rubis...

Hérodiade - Cantique de saint Jean - Stéphane Mallarmé

Le soleil que sa halte Surnaturelle exalte Aussitôt redescend Incandescent Je sens comme aux vertèbres S'éployer des ténèbres Toutes dans un frisson A l'unisson Et ma tête surgie Solitaire vigie Dans les vols triomphaux De cette faux Comme rupture franche Plutôt...

Le Tombeau de Charles Baudelaire - Stéphane Mallarmé

Le temple enseveli divulgue par la bouche Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis Abominablement quelque idole Anubis Tout le museau flambé comme un aboi farouche Ou que le gaz récent torde la mèche louche Essuyeuse on le sait des opprobres subis Il allume hagard un...

Sainte - Stéphane Mallarmé

A la fenêtre recélant Le santal vieux qui se dédore De sa viole étincelant Jadis avec flûte ou mandore, Est la Sainte pâle, étalant Le livre vieux qui se déplie Du Magnificat ruisselant Jadis selon vêpre et complie : A ce vitrage d’ostensoir Que frôle une harpe par...

Parce que de la viande était à point rôtie - Stéphane Mallarmé

Parce que de la viande était à point rôtie, Parce que le journal détaillait un viol, Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie La servante oublia de boutonner son col, Parce que d’un lit, grand comme une sacristie, Il voit, sur la pendule, un couple antique et fol,...

Autre Éventail de mademoiselle Mallarmé - Stéphane Mallarmé

O rêveuse, pour que je plonge Au pur délice sans chemin, Sache, par un subtil mensonge, Garder mon aile dans ta main. Une fraîcheur de crépuscule Te vient à chaque battement Dont le coup prisonnier recule L’horizon délicatement. Vertige ! voici que frissonne L’espace...

Hommage - Stéphane Mallarmé

Le silence déjà funèbre d'une moire Dispose plus qu'un pli seul sur le mobilier Que doit un tassement du principal pilier Précipiter avec le manque de mémoire. Notre si vieil ébat triomphal du grimoire, Hiéroglyphes dont s'exalte le millier À propager de l'aile un...

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui - Stéphane Mallarmé

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre Ce lac dur oublié que hante sous le givre Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ! Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui Magnifique mais qui sans espoir se...

Salut - Stéphane Mallarmé

Rien, cette écume, vierge vers A ne désigner que la coupe ; Telle loin se noie une troupe De sirènes mainte à l'envers. Nous naviguons, ô mes divers Amis, moi déjà sur la poupe Vous l'avant fastueux qui coupe Le flot de foudres et d'hivers ; Une ivresse belle m'engage...

Quand l’ombre menaça de la fatale loi - Stéphane Mallarmé

Quand l’ombre menaça de la fatale loi Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres, Affligé de périr sous les plafonds funèbres Il a ployé son aile indubitable en moi. Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roi, Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,...

Billet à Whistler - Stéphane Mallarmé

Pas les rafales à propos De rien comme occuper la rue Sujette au noir vol de chapeaux ; Mais une danseuse apparue Tourbillon de mousseline ou Fureur éparses en écumes Que soulève par son genou Celle même dont nous vécûmes Pour tout, hormis lui, rebattu Spirituelle,...

L'azur - Stéphane Mallarmé

De l'éternel Azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs, Le poète impuissant qui maudit son génie À travers un désert stérile de Douleurs. Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde Avec l'intensité d'un remords atterrant, Mon âme vide. Où...

Si tu veux nous nous aimerons - Stéphane Mallarmé

Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire Cette rose ne l'interromps Qu'à verser un silence pire Jamais de chants ne lancent prompts Le scintillement du sourire Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire Muet muet entre les ronds...

Quelle soie aux baumes de temps - Stéphane Mallarmé

Quelle soie aux baumes de temps Où la Chimère s’exténue Vaut la torse et native nue Que, hors de ton miroir, tu tends ! Les trous de drapeaux méditants S’exaltent dans notre avenue : Moi, j’ai ta chevelure nue Pour enfouir mes yeux contents. Non ! La bouche ne sera...

Brise marine - Stéphane Mallarmé

Brise marine (1865) est un des plus beaux poèmes de Stéphane Mallarmé. Ce poème est composé d'un dizain et un sizain en alexandrins avec des rimes plates. Le poète y exprime son désir de s'évader et de voyager (métaphore de l'inspiration) ainsi que la peur du naufrage...

Les fenêtres - Stéphane Mallarmé

Las du triste hôpital, et de l'encens fétide Qui monte en la blancheur banale des rideaux Vers le grand crucifix ennuyé du mur vide, Le moribond sournois y redresse un vieux dos, Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture Que pour voir du soleil sur les...

Soleil d’hiver - Stéphane Mallarmé

Phébus à la perruque rousse De qui les lames de vermeil, Ô faunes ivres dans la mousse, Provoquaient votre lourd sommeil. Le bretteur aux fières tournures Dont le brocart était d’ors fins, Et qui par ses égratignures Saignait la pourpre des raisins. Ce n’est plus...

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx - Stéphane Mallarmé

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore, Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix Que ne recueille pas de cinéraire amphore Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx, Aboli bibelot d’inanité sonore, (Car le Maître...

Cantique de saint Jean - Stéphane Mallarmé

Le soleil que sa halte Surnaturelle exalte Aussitôt redescend Incandescent je sens comme aux vertèbres S'éployer des ténèbres Toutes dans un frisson A l'unisson Et ma tête surgie Solitaire vigie Dans les vois triomphaux De cette faux Comme rupture franche Plutôt...

Les Fleurs - Stéphane Mallarmé

Des avalanches d’or du vieil azur, au jour Premier et de la neige éternelle des astres Jadis tu détachas les grands calices pour La terre jeune encore et vierge de désastres, Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin, Et ce divin laurier des âmes exilées Vermeil...

Soupir - Stéphane Mallarmé

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur, Un automne jonché de taches de rousseur Et vers le ciel errant de ton œil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique, Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur ! — Vers l’Azur attendri d’Octobre pâle et pur...

Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombre - Stéphane Mallarmé

— « Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombre, Tu te plains, ô captif solitaire du seuil, Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueil Hélas ! du manque seul des lourds bouquets s’encombre. Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre, Une veille t’exalte à ne...

Chansons bas - Stéphane Mallarmé

I (le Savetier) Hors de la poix rien à faire, Le lys naît blanc, comme odeur Simplement je le préfère A ce bon raccommodeur. Il va de cuir à ma paire Adjoindre plus que je n'eus Jamais, cela désespère Un besoin de talons nus. Son marteau qui ne dévie Fixe de clous...

La Marchande d’herbes aromatiques - Stéphane Mallarmé

Ta paille azur de lavandes, Ne crois pas avec ce cil Osé que tu me la vendes Comme à l’hypocrite s’il En tapisse la muraille De lieux les absolus lieux Pour le ventre qui se raille Renaître aux sentiments bleus. Mieux entre une envahissante Chevelure ici mets-la Que...

L’Enfant prodigue - Stéphane Mallarmé

Chez celles dont l’amour est une orange sèche Qui garde un vieux parfum sans le nectar vermeil, J’ai cherché l’Infini qui fait que l’homme pèche, Et n’ai trouvé qu’un Gouffre ennemi du sommeil. — L’Infini, rêve fier qui berce dans sa houle Les astres et les cœurs...

Toast funèbre - Stéphane Mallarmé

Ô de notre bonheur, toi, le fatal emblème ! Salut de la démence et libation blême, Ne crois pas qu'au magique espoir du corridor J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or ! Ton apparition ne va pas me suffire : Car je t'ai mis, moi-même, en un lieu de porphyre....

Surgi de la croupe et du bond - Stéphane Mallarmé

Surgi de la croupe et du bond D’une verrerie éphémère Sans fleurir la veillée amère Le col ignoré s’interrompt. Je crois bien que deux bouches n’ont Bu, ni son amant ni ma mère, Jamais à la même Chimère, Moi, sylphe de ce froid plafond ! Le pur vase d’aucun breuvage...

Contre un poète parisien - Stéphane Mallarmé

Souvent la vision du Poète me frappe : Ange à cuirasse fauve, il a pour volupté L’éclair du glaive, ou, blanc songeur, il a la chape, La mitre byzantine et le bâton sculpté. Dante, au laurier amer, dans un linceul se drape, Un linceul fait de nuit et de sérénité :...

Le Cantonnier - Stéphane Mallarmé

Ces cailloux, tu les nivelles Et c’est, comme troubadour, Un cube aussi de cervelles Qu’il me faut ouvrir par jour. Stéphane Mallarmé

Ô si chère de loin - Stéphane Mallarmé

O si chère de loin et proche et blanche, si Délicieusement toi, Mary, que je songe À quelque baume rare émané par mensonge Sur aucun bouquetier de cristal obscurci Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici Toujours que ton sourire éblouissant prolonge La même...

Tombeau de Verlaine - Stéphane Mallarmé

Le noir roc courroucé que la bise le roule Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains Tâtant sa ressemblance avec les maux humains Comme pour en bénir quelque funeste moule. Ici presque toujours si le ramier roucoule Cet immatériel deuil opprime de maints Nubiles plis...

Tout Orgueil fume-t-il du soir - Stéphane Mallarmé

Tout Orgueil fume-t-il du soir, Torche dans un branle étouffée Sans que l’immortelle bouffée Ne puisse à l’abandon surseoir ! La chambre ancienne de l’hoir De maint riche mais chu trophée Ne serait pas même chauffée S’il survenait par le couloir. Affres du passé...

A la nue accablante ... - Stéphane Mallarmé

A la nue accablante tu Basse de basalte et de laves A même les échos esclaves Par une trompe sans vertu Quel sépulcral naufrage (tu Le sais, écume, mais y baves) Suprême une entre les épaves Abolit le mât dévêtu Ou cela que furibond faute De quelque perdition haute...

Angoisse - Stéphane Mallarmé

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser Dans tes cheveux impurs une triste tempête Sous l'incurable ennui que verse mon baiser : Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes Planant sous les rideaux...

Apparition - Stéphane Mallarmé

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs Vaporeuses, tiraient de mourantes violes De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles. — C'était le jour béni de ton premier baiser. Ma songerie aimant à me...

Aumône - Stéphane Mallarmé

Prends ce sac, Mendiant ! tu ne le cajolas Sénile nourrisson d'une tétine avare Afin de pièce à pièce en égoutter ton glas. Tire du métal cher quelque péché bizarre Et, vaste comme nous, les poings pleins, le baisons Souffles-y qu'il se torde ! une ardente fanfare....