Soubs la tremblante courtine… - Théodore Agrippa d'Aubigné

Soubs la tremblante courtine De ces bessons arbrisseaux, Au murmure qui chemine Dans ces gazouillans ruisseaux, Sur un chevet touffu esmaillé des couleurs D'un million de fleurs, A ces babillars ramages D'osillons d'amour espris, Au fler des roses sauvages Et des...

Au temps que la feille blesme… - Théodore Agrippa d'Aubigné

Au temps que la feille blesme Pourrist languissante à bas, J'allois esgarant mes pas Pensif, honteux de moy mesme, Pressant du pois de mon chef Mon menton sur ma poitrine, Comme abatu de ruine Ou d'un horrible meschef. Après, je haussois ma veuë, Voiant, ce qui me...

Prière du matin - Théodore Agrippa d'Aubigné

Le Soleil couronné de rayons et de flammes Redore nostre aube à son tour : Ô sainct Soleil des Saincts, Soleil du sainct amour, Perce de flesches d'or les tenebres des ames En y rallumant le beau jour. Le Soleil radieux jamais ne se courrouce, Quelque fois il cache...

Jugement (2) - Théodore Agrippa d’Aubigné

... Voici la mort du ciel en l'effort douloureux Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux. Le Ciel gémit d'ahan ; tous ses nerfs se retirent ; Ses poumons près à près sans relâche respirent. Le Soleil vêt de noir le bel or de ses feux ; Le bel œil de ce...

Réveil - Théodore Agrippa d’Aubigné

Arrière de moi vains mensonges, Veillants et agréables songes, Laissez-moi, que je dorme en paix : Car bien que vous soyez frivoles, C'est de vous qu'on vient aux paroles, Et des paroles aux effets. Voyez au jardin les pensées De trois violets nuancées, Du fond...

Prière du soir - Théodore Agrippa d’Aubigné

Dans l'épais des ombres funèbres, Parmi l'obscure nuit, image de la mort, Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord, Flambeau de nos ténèbres. Délivre-nous des vains mensonges Et des illusions des faibles en la foi : Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à...

Voici la mort du ciel... - Théodore Agrippa d’Aubigné

Voici la mort du ciel en l'effort douloureux Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux. Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent, Ses poumons près à près sans relâche respirent. Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux, Le bel œil de ce monde est...

Mais quoi ! c'est trop chanté... - Théodore Agrippa d’Aubigné

Mais quoi ! c'est trop chanté, il faut tourner les yeux Éblouis de rayons dans le chemin des cieux. C'est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie Se voit la période à ce point accomplie. La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux Naissent des enterrés les...

Jugement (1) - Théodore Agrippa d’Aubigné

Enfants de vanité, qui voulez tout poli, qui le style saint ne semble assez joli, Qui voulez tout coulant, et coulez périssables Dans l'éternel oubli, endurez mes vocables Longs et rudes ; et, puisque les oracles saints Ne vous émeuvent pas, aux philosophes vains Vous...

Pseaume troisième - Théodore Agrippa d’Aubigné

Dieu quel amas herissé de mutins, quel peuple ramassé ! Ô que de folles rumeurs, et que de vaines fureurs ! Ils ont dit : Cet homme est misérable, le pauvre ne sent prest Rien de secours de ce lieu, rien de la force de Dieu. Mais c'est mentir à eux : Dieu des miens...

Misères - Théodore Agrippa d’Aubigné

... Tout logis est exil ; les villages champêtres, Sans portes et planchers, sans portes et fenêtres, Font une mine affreuse, ainsi que le corps mort Montre, en montrant les os, que quelqu'un lui fait tort. Les loups et les renards et les bêtes sauvages Tiennent place...