Soubs la tremblante courtine De ces bessons arbrisseaux, Au murmure qui chemine Dans ces gazouillans ruisseaux, Sur un chevet touffu esmaillé des couleurs D'un million de fleurs, A ces babillars ramages D'osillons d'amour espris, Au fler des roses sauvages Et des... Au temps que la feille blesme Pourrist languissante à bas, J'allois esgarant mes pas Pensif, honteux de moy mesme, Pressant du pois de mon chef Mon menton sur ma poitrine, Comme abatu de ruine Ou d'un horrible meschef. Après, je haussois ma veuë, Voiant, ce qui me... Extrait (v. 1273-1380) Tu vois, juste vengeur, les fleaux de ton Eglise, Qui, par eux mise en cendre et en masure mise, A, contre tout espoir, son espérance en toy, Pour son retranchement, le rempart de la foy. Tes ennemis et nous sommes esgaux en vice, Si, juge, tu... Le Soleil couronné de rayons et de flammes Redore nostre aube à son tour : Ô sainct Soleil des Saincts, Soleil du sainct amour, Perce de flesches d'or les tenebres des ames En y rallumant le beau jour. Le Soleil radieux jamais ne se courrouce, Quelque fois il cache... V Ronsard, si tu as sçeu par tout le monde espandre L’amitié, la douceur, les grâces, la fierté, Les faveurs, les ennuys, l’aise et la cruauté, Et les chastes amours de toy et ta Cassandre : Je ne veux à l’envy, pour sa niepce entreprendre D’en rechanter autant comme... VI J’entreprens hardiment de te rendre eternelle, Targuant de mes escripts ton nom contre la Mort, Mais en t’eternisant je ne travaille fort ; Ta perfection n’est en aucun poinct mortelle, Rien n’est mortel en toy, ta chasteté est telle Que le temps envieux ne luy... Vois-tu, passant, couler cette onde Et s’écouler incontinent ? Ainsi fuit la gloire du monde, Et rien que Dieu n’est permanent. Théodore Agrippa d'Aubigné ... Voici la mort du ciel en l'effort douloureux Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux. Le Ciel gémit d'ahan ; tous ses nerfs se retirent ; Ses poumons près à près sans relâche respirent. Le Soleil vêt de noir le bel or de ses feux ; Le bel œil de ce... Arrière de moi vains mensonges, Veillants et agréables songes, Laissez-moi, que je dorme en paix : Car bien que vous soyez frivoles, C'est de vous qu'on vient aux paroles, Et des paroles aux effets. Voyez au jardin les pensées De trois violets nuancées, Du fond... Dans l'épais des ombres funèbres, Parmi l'obscure nuit, image de la mort, Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord, Flambeau de nos ténèbres. Délivre-nous des vains mensonges Et des illusions des faibles en la foi : Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à... J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante De maux ensevelis. Pour Dieu, tourne tes yeux, Diane, et vois au fond mon cœur parti en deux, Et mes poumons gravés d'une ardeur violente, Vois mon sang écumeux tout noirci par la flamme, Mes os secs de langueurs en pitoyable... ... Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie, En ce qui est hideux je cherche mon confort : Fuyez de moi, plaisirs, heurs, espérance et vie, Venez, maux et malheurs et désespoir et mort ! Je cherche les déserts, les roches égarées, Les forêts sans chemin, les... En mieux il tournera l'usage des cinq sens. Veut-il suave odeur ? il respire l'encens Qu'offrit jésus en croix, qui en donnant sa vie Fut le prêtre, l'autel et le temple et l'hostie. Faut-il des sons ? le Grec qui jadis s'est vanté D'avoir ouï les cieux, sur l'Olympe... Voici la mort du ciel en l'effort douloureux Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux. Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent, Ses poumons près à près sans relâche respirent. Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux, Le bel œil de ce monde est... Mais quoi ! c'est trop chanté, il faut tourner les yeux Éblouis de rayons dans le chemin des cieux. C'est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie Se voit la période à ce point accomplie. La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux Naissent des enterrés les... Enfants de vanité, qui voulez tout poli, qui le style saint ne semble assez joli, Qui voulez tout coulant, et coulez périssables Dans l'éternel oubli, endurez mes vocables Longs et rudes ; et, puisque les oracles saints Ne vous émeuvent pas, aux philosophes vains Vous... Dieu quel amas herissé de mutins, quel peuple ramassé ! Ô que de folles rumeurs, et que de vaines fureurs ! Ils ont dit : Cet homme est misérable, le pauvre ne sent prest Rien de secours de ce lieu, rien de la force de Dieu. Mais c'est mentir à eux : Dieu des miens... ... Tout logis est exil ; les villages champêtres, Sans portes et planchers, sans portes et fenêtres, Font une mine affreuse, ainsi que le corps mort Montre, en montrant les os, que quelqu'un lui fait tort. Les loups et les renards et les bêtes sauvages Tiennent place... Un clairvoyant faucon en volant par rivière Planait dedans le ciel, à se fondre apprêté Sur son gibier blotti. Mais voyant à côté Une corneille, il quitte une pointe première. Ainsi de ses attraits une maîtresse fière S'élevant jusqu'au ciel m'abat sous sa beauté,... Est-il donc vrai qu'il faut que ma vue enchantée Allume dans mon sein l'homicide désir Qui fait haïr ma vie, et pour elle choisir L'aisé saccagement de ma force domptée ! Puis-je.voir sans pleurer ma raison surmontée. Laisser mon sens captif par la flamme périr ?...