Le Novice en partance et sentimental - Tristan Corbière

À la déçente des marins ches Marijane serre à boire et à manger couche à pieds et à cheval. debit. Le temps était si beau, la mer était si belle… Qu'on dirait qu'y en avait pas. Je promenais, un coup encore, ma Donzelle, À terre, tous deux, sous mon bras. C'était...

Le Naufrageur - Tristan Corbière

Si ce n'était pas vrai – Que je crève ! J'ai vu dans mes yeux, dans mon rêve, La Notre-Dame des brisans Qui jetait à ses pauvres gens Un gros navire sur leur grève… Sur la grève des Kerlouans Aussi goélands que les goélands. Le sort est dans l'eau : le cormoran nage,...

Le Douanier - Tristan Corbière

Élégie de corps-de-garde à la mémoire des douaniers gardes-côtes mis à la retraite le 30 novembre 1869. Quoi, l'on te fend l'oreille ! est-il vrai qu'on te rogne, Douanier ? … Tu vas mourir et pourrir sans façon, Gablou ? … – Non ! car je vais t'empailler – Qui qu'en...

La Fin - Tristan Corbière

Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ! Combien de patrons morts avec leurs équipages ! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d'un souffle il a tout dispersé...

Do, l'enfant, do… - Tristan Corbière

Buona vespre  ! Dors  : Ton bout de cierge… On l'a posé là, puis on est parti. Tu n'auras pas peur seul, pauvre petit  ? … C'est le chandelier de ton lit d'auberge. Du fesse-cahier ne crains plus la verge, Va  ! … De t'éveiller point n'est si hardi. Buona sera  !...

À mon côtre Le Négrier - Tristan Corbière

Vendu sur l'air de : Adieu, mon beau Navire ! … Allons file, mon cotre ! Adieu mon Négrier. Va, file aux mains d'un autre Qui pourra te noyer… Nous n'irons plus sur la vague lascive Nous gîter en fringuant ! Plus nous n'irons à la molle dérive Nous rouler en rêvant… –...

La cigale et le poète - Tristan Corbière

Le poète ayant chanté, Déchanté, Vit sa Muse, presque bue, Rouler en bas de sa nue De carton, sur des lambeaux De papiers et d’oripeaux. Il alla coller sa mine Aux carreaux de sa voisine, Pour lui peindre ses regrets D’avoir fait — Oh : pas exprès ! — Son honteux...

Les Plus Beaux Poèmes de Tristan Corbière

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes les plus célèbres et les plus beaux de Tristan Corbière, vous êtes au bon endroit. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables de ce poète en me basant sur mes préférences...

Le Fils de Lamartine et de Graziella - Tristan Corbière

« C'est ainsi que j'expiai par ces larmes écrites la dureté et l'ingratitude de mon cœur de dix-huit ans. Je ne puis jamais relire ces vers sans adorer cette fraîche image que rouleront éternellement pour moi les vagues transparentes et plaintives du golfe de...

Après la pluie - Tristan Corbière

J'aime la petite pluie Qui s'essuie D'un torchon de bleu troué ! J'aime l'amour et la brise, Quand ça frise... Et pas quand c'est secoué. – Comme un parapluie en flèches, Tu te sèches, Ô grand soleil ! grand ouvert... À bientôt l'ombrelle verte Grand' ouverte ! Du...

Grand opéra - Tristan Corbière

IerActe (Vêpres). Dors sous le tabernacle, ô Figure de cire ! Triple Châsse vierge et martyre, Derrière un verre, sous le plomb, Et dans les siècles des siècles... ... Comme c'est long ! Portes-tu ton cœur d'or sur ta robe lamée, Ton âme veille-t-elle en la lampe...

Idylle coupée - Tristan Corbière

Avril.. C'est très parisien dans les rues Quand l'Aurore fait le trottoir, De voir sortir toutes les Grues Du violon, ou de leur boudoir... Chanson pitoyable et gaillarde : Chiffons fanés papillotants, Fausse note rauque et criarde Et petits traits crûs, turlutants :...

La pastorale de Conlie - Tristan Corbière

Par un mobilisé du Morbihan. Moral jeunes troupes excellent. (Off.) Qui nous avait levés dans le Mois-noir – Novembre – Et parqués comme des troupeaux Pour laisser dans la boue, au Mois-plus-noir – Décembre – Des peaux de mouton et nos peaux ! Qui nous a lâchés là :...

La Rapsode foraine - Tristan Corbière

La Palud, 27 Août, jour du Pardon. Bénite est l'infertile plage Où, comme la mer, tout est nud. Sainte est la chapelle sauvage De Sainte-Anne-de-la-Palud... De la Bonne Femme Sainte Anne Grand'tante du petit Jésus, En bois pourri dans sa soutane Riche... plus riche...

Le poète contumace - Tristan Corbière

Sur la côte d'ARMOR. – Un ancien vieux couvent, Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent, Et les ânes de la contrée, Au lierre râpé, venaient râper leurs dents Contre un mur si troué que, pour entrer dedans, On n'aurait pu trouver l'entrée. – Seul – mais...

Litanie du sommeil - Tristan Corbière

« J'ai scié le sommeil ! » (Macbeth.) Vous qui ronflez au coin d'une épouse endormie, Ruminant ! savez-vous ce soupir : l'Insomnie ? – Avez-vous vu la Nuit, et le Sommeil ailé, Papillon de minuit dans la nuit envolé, Sans un coup d'aile ami, vous laissant sur le...

Libertà - Tristan Corbière

À la cellule IV BIS (prison royale de Gênes). – Lasciate ogni... – DANTE Ô belle hospitalière Qui ne me connais pas, Vierge publique et fière Qui m'as ouvert les bras !... Rompant ma longue chaîne, L'eunuque m'a jeté Sur ton sein royal, Reine !... – Vanité, vanité ! –...

Matelots - Tristan Corbière

Vos marins de quinquets à l'Opéra... comique, Sous un frac en bleu-ciel jurent « Mille sabords ! » Et, sur les boulevards, le survivant chronique Du Vengeur vend l'onguent à tuer les rats morts. Le Jûn'homme infligé d'un bras – même en voyage – Infortuné, chantant par...

Paris - Tristan Corbière

Bâtard de Créole et Breton, Il vint aussi là – fourmilière, Bazar où rien n'est en pierre, Où le soleil manque de ton. – Courage ! On fait queue.... Un planton Vous pousse à la chaîne – derrière ! – ... Incendie éteint, sans lumière ; Des seaux passent, vides ou non....

Rapsodie du sourd - Tristan Corbière

L'homme de l'art lui dit : – Fort bien, restons-en là. Le traitement est fait : vous êtes sourd. Voilà Comme quoi vous avez l'organe bien perdu. – Et lui comprit trop bien, n'ayant pas entendu. – « Eh bien, merci Monsieur, vous qui daignez me rendre La tête comme un...