Ce bref espoir, qui ma tristesse alonge,
Traitre à moy seul, et fidele à Madame,
Bien mile fois a promis à mon ame
L’heureuse fin du soucy qui la ronge.

Mais quand je voy’ sa promesse estre un songe,
Je le maudy’, je le hay’, je le blâme :
Puis tout soudain je l’invoque et reclame,
Me repaissant de sa doulce mensonge.

Plus d’une fois de moy je l’ay chassé :
Mais ce cruel, qui n’est jamais lassé
De mon malheur, à voz yeulx se va rendre.

Là faict sa plainte : et vous, qui jours et nuitz
Avecques luy riez de mes ennuiz,
D’un seul regard le me faictes reprendre.

Joachim du Bellay

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