Ce n'est pas moy qui sçait d'une voix feinte,
Ou d'un semblant traitrement deguisé,
Feindre mon cueur d'un amour embrasé,
Pour à tous vents la flamme en estre esteinte.
Autre'que moy d'une menteuse plainte
Aura l'honneur des dames abusé,
Car sois-je pris, ou sois-je refusé,
J'ayme tousjours d'une amitié plus sainte.
Et si chantant d'une debile voix,
Ou si pleurant devant vous quelque fois,
J'ay decelé mon amour et ma peine,
Asseurez-vous que le cueur qui sentoit
Un plus grand mal, mon chant ne desmentoit :
Ne rendez donc mon espérance vaine.


Olivier de Magny

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