Ce que je sen’, la langue ne refuse
Vous decouvrir, quand suis de vous absent,
Mais tout soudain que pres de moy vous sent,
Elle devient et muette, et confuse.

Ainsi, l’espoir me promect, et m’abuse,
Moins pres je suis quand plus je suis present.
Ce qui me nuist, c’est ce, qui m’est plaisent,
Je quier’cela, que trouver je recuse.

Joyeux la nuit, le jour triste je suis.
J’ay en dormant ce, qu’en veillant poursuis
Mon bien est faulx, mon mal est veritable.

D’une me plain’, et deffault n’est en elle,
Fay doncq’Amour, pour m’estre charitable,
Breve ma vie, ou ma nuit eternelle.

Joachim du Bellay

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