Allez au pays de Chine,
Et sur ma table apportez
Le papier de paille fine
Plein de reflets argentés !

Pour encre et pour écritoire,
Allez prendre à l’Alhambra
Le sang d’une mûre noire
Et l’écorce d’un cédrat !

Au fond des vertes savanes
Où l’oiseau pousse son cri,
Ramassez dans les lianes
La plume d’un colibri !

Puis, pour sécher l’écriture,
Par les prés et les sillons,
Recueillez la poudre pure
Qui tombe des papillons !

— Alors, de ma main fidèle,
Peut-être oserai-je, un jour.
Tracer le doux nom de celle
Qui me fait languir d’amour.


Louis Bouilhet

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