La nature d’un vert manteau
Couvre l’épaule des collines,
Le vent de mai sur le coteau
Se joue au front des aubépines,
L’agneau bondit sur le gazon,
La fauvette au bord du buisson
Chante au soleil sa mélodie ;
Mais pour moi triste est sa chanson :
Je suis seul à l’entendre, — hélas ! Elle est partie.

La violette aux yeux d’azur
Sourit dans l’herbe aux marguerites,
Sur le chaume, aux flancs du vieux mur,
Tremblent au vent les clématites,
Sur la robe verte des prés
Boutons d’or et pavots pourprés
Balancent leur tête fleurie ;
Mais, ô fleurs ! ô champs diaprés !
Vous ne m’êtes plus rien, — hélas ! Elle est partie.

Du jour saluant les lueurs,
Toi qui dans la nuit irisée
T’élances des grands blés en fleurs,
L’aile brillante de rosée,
Joyeux poète de l’été,
Ta voix vibrant dans la clarté
Fait plus sombre ma rêverie ;
Prends pitié d’un cœur attristé,
Tais-toi ! vive alouette, — hélas ! Elle est partie.

Elle est partie, et pour toujours :
O désespoir ! ô solitude !
Fuyez, printemps ! Mourez, beaux jours !
Toi, reviens, saison froide et rude !
Vents plaintifs, bruits des bois glacés,
Voix de nos rêves dispersés,
Bercez mon âme endolorie !
Adieu, soleil des jours passés !
Salut, hiver lugubre ! — hélas ! Elle est partie.


Auguste Lacaussade

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