Comme le champ semé en verdure foisonne,
De verdure se hausse en tuyau verdissant,
Du tuyau se hérisse en épi florissant,
D'épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne ;

Et comme en la saison le rustique moissonne
Les ondoyants cheveux du sillon blondissant,
Les met d'ordre en javelle, et du blé jaunissant
Sur le champ dépouillé mille gerbes façonne ;

Ainsi de peu à peu crût l'empire romain,
Tant qu'il fut dépouillé par la barbare main
Qui ne laissa de lui que ces marques antiques

Que chacun va pillant : comme on voit le glaneur,
Cheminant pas à pas recueillir les reliques
De ce qui va tombant après le moissonneur.

 

Joachim du Bellay

Découvrez les autres plus beaux poèmes de Joachim du Bellay.

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.